● Courrier International
📅 08/04/2026 à 06:13
Dans un “revirement spectaculaire”, Trump annonce un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran
Géopolitique
Le président américain Donald Trump, le 6 avril 2026 à la Maison-Blanche à Washington. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP C’est un “revirement spectaculaire”, résume NPR. “Quelques heures seulement après avoir déclenché une vive inquiétude à l’échelle mondiale en menaçant d’anéantir la civilisation iranienne”, Donald Trump a créé la surprise mardi 7 avril, en annonçant, une heure avant l’expiration de son ultimatum, que Washington et Téhéran s’étaient mis d’accord pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz, rapporte Foreign Policy. Le président américain a fait part de discussions “très avancées” en vue d’un accord de paix “à long terme” avec l’Iran. Téhéran a transmis “une proposition en 10 points” qui “constitue une base viable pour négocier”, a-t-il affirmé. De leur côté, les dirigeants iraniens ont confirmé qu’ils acceptaient de rouvrir “pendant une période de deux semaines” le détroit d’Ormuz “si les attaques contre l’Iran cessent”, a écrit sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Téhéran a précisé mercredi à l’aube que des pourparlers se dérouleront à partir de vendredi avec Washington. Les discussions se dérouleront au Pakistan, Islamabad ayant joué un “rôle de médiateur central” dans la négociation de l’accord de cessez-le-feu, selon The Hindustan Times. À lire aussi : Diplomatie. Guerre au Moyen-Orient : le Pakistan, “médiateur entre l’Iran et les États-Unis” Une “victoire temporaire” La stratégie du président américain “consistant à recourir à une surenchère verbale extrême l’a sans doute aidé à trouver la porte de sortie qu’il cherchait depuis des semaines”, analyse le New York Times. Ce succès pourrait à lui seul renforcer sa conviction que les méthodes qu’il a apprises dans le monde de l’immobilier new-yorkais – ignorer les conventions établies, formuler des exigences maximalistes – fonctionnent aussi en géopolitique.” Pour le quotidien américain, “il s’agit sans conteste d’une victoire tactique arrachée in extremis, qui devrait, au moins temporairement, permettre la reprise des flux de pétrole, d’engrais et d’hélium à travers le détroit d’Ormuz, et calmer des marchés qui redoutaient qu’un choc énergétique mondial ne provoque une récession globale”. Mais “cela ne règle aucun des problèmes fondamentaux à l’origine de la guerre”, tempère le Times. L’Iran est toujours gouverné par “régime théocratique, soutenu par le redoutable Corps des gardiens de la révolution islamique, à la tête d’une population intimidée, frappée par les missiles et les bombardements”, souligne le quotidien. Et le stock nucléaire iranien demeure intact, y compris les 970 livres [440 kilos] [d’uranium enrichi] qui constituaient, en théorie, le casus belli de ce conflit.” À lire aussi : États-Unis. Trump veut-il vraiment saisir l’uranium enrichi en Iran, quels qu’en soient les risques ? “Bien que le président Trump se soit montré optimiste quant à la possibilité de finaliser un accord avec l’Iran d’ici deux semaines, il reste encore un long chemin à parcourir avant que Washington et Téhéran ne parviennent à un accord solide et durable”, remarque The Wall Street Journal. Les deux pays sont en désaccord sur des points clés, tels que le contrôle du détroit d’Ormuz, le futur programme nucléaire iranien et la levée des sanctions, rappelle le quotidien conservateur américain. “Chacun cherche à mettre fin à ce conflit selon ses propres conditions. Concilier ces positions demeure une tâche ardue”, estime le Wall Street Journal. Le Liban, source d’incertitudes Pour le correspondant d’Al Jazeera Osama Bin Javaid, l’annonce de Donald Trump représente en tout cas « un immense soulagement collectif au [Moyen-Orient] et au-delà, car l’alternative [à un cessez-le-feu] aurait été terrible”. “Le niveau d’anxiété dans la région était très élevé. Donald Trump était la seule personne capable de désamorcer [la crise] puisqu’il est celui qui a allumé la mèche”, note-t-il. Ce report de deux semaines annoncé mardi soulève toutefois encore “des questions cruciales, notamment celle de savoir si Israël respectera le cessez-le-feu”, remarque la chaîne qatarie. De hauts responsables de la sécurité israéliens ont précisé au journal Yediot Aharonot que “la trêve s’appliquerait également au Liban, ce qui signifie qu’Israël et le Hezbollah cesseront les hostilités une fois que l’Iran rouvrira le détroit d’Ormuz”. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a, lui aussi, assuré que le cessez-le-feu s’appliquerait “partout, y compris au Liban et ailleurs”. Mais ces déclarations ont été rapidement contredites mercredi par le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. “Le cessez-le-feu de deux semaines n’inclut pas le Liban”, souligne le communiqué tout en assurant qu’“Israël soutient la décision du président Trump de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines, à condition que l’Iran rouvre immédiatement les détroits et mette fin à toutes les attaques contre les États-Unis, Israël et les pays de la région”. À lire aussi : Tribune. Mieux vaut pour Israël un accord avec l’Iran qu’une poursuite de la guerre Noémie Taylor-Rosner Moyen-Orient Réveil Iran Donald Trump Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Pendant que vous dormiez. JD Vance en Hongrie, casques bleus au Liban, journaliste libérée en Irak : les informations de la nuit Moyen-Orient. 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