● Les Numériques Télécom 📅 07/04/2026 à 19:23

L’arrêt de la 2G/3G pourrait provoquer un " impact environnemental invisibilisé et conséquent "

Data Science 👤 Corentin Bechade
Illustration
L’arrêt de la 2G/3G pourrait provoquer un " impact environnemental invisibilisé et conséquent " Par Corentin Bechade (@corentinbechade) Publié le 07/04/26 à 19h23 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 3 © Shutterstock12 millions d’appareils risquent-ils de devenir obsolètes dès l’année prochaine ? C’est la crainte que laissent entrevoir de nombreuses associations de défense pour un numérique plus inclusif. Dans une tribune parue dans Le Monde et signée par des structures comme Halte à l’Obsolescence Programmée, La Quadrature du Net, Commown ou Emmaüs Connect, les "effets désastreux" de l’arrêt des réseaux 2G et 3G sont évoqués sans ambages.L’arrêt du premier devrait intervenir d’ici à la fin 2026, tandis que le second arrivera en 2028-2029. Mais bien plus que des bêtes questions de révision du calendrier, c’est un changement en profondeur que les signataires de la tribune appellent de leurs vœux.200 000 tonnes de CO2Le texte estime en effet que "12 millions d’équipements en France seraient concernés par cet arrêt de réseaux". Si les téléphones mobiles ne représentent qu’un petit nombre de ce total, beaucoup d’objets connectés et d’appareils embarqués dépendent encore de ces réseaux bientôt débranchés. La liste est longue : "ascenseurs, automobiles, alarmes, éclairage public, dispositifs médicaux", bref beaucoup d’équipements indispensables, notamment pour les populations les plus fragilisées. "Parmi les équipements concernés, on trouve 200 000 bracelets antichutes pour personnes âgées" illustre la tribune.C’est d’ailleurs cette approche façon deux poids deux mesures qui concentre le gros des critiques. Que ce soit les téléphones encore dépendants de ces réseaux distribués par des associations comme Emmaüs Connect (20 000 unités en 2025), les dispositifs antichutes qui équipent les personnes âgées, ou même les coûts pour une communauté, le texte regrette que ce soit les populations les plus précarisées qui risquent de souffrir le plus de cette "décision unilatérale des opérateurs privés de télécommunication". Le chiffre de 1,36 milliard d’euros de surcoûts est évoqué, sans qu’aucune aide structurelle ne soit prévue par l’État. à lire également :1NEWS : Société NumériqueNos besoins numériques nécessitent 1,7 tonne de ressources par an et personneMalgré les apparences, le numérique est une industrie gourmande en ressources. On estime ainsi que chaque année, 1,7 t de ressources est... il y a 6 mois Le volet environnemental n’est pas pour autant oublié avec des émissions pouvant atteindre "200 000 tonnes de CO2", soit près de "22 000 tours de la Terre en voiture thermique" juste pour le remplacement des téléphones concernés. Si l’Arcep estime au contraire que l’arrêt des réseaux 2G/3G pourrait être une aubaine écologique dans le secteur de la mobilité, la tribune estime que ces prévisions sont "lacunaires" et que le gendarme des télécoms fait preuve d’un "désengagement inacceptable" sur la question.Les réseaux un "bien commun" ?Face à cette situation, le collectif d’association demande donc des "garde-fous" et la création d’un fonds indemnitaire destiné à limiter les coûts de remplacement générés par cette bascule. La tribune se permet même de demander si la logique de course à l’innovation ne va pas condamner la 4G, une technologie "très adaptée et très déployée", à devenir obsolète prématurément.En creux se dessine aussi une tentative de faire des réseaux télécoms un véritable "bien commun", moins soumis aux volontés des entreprises privées et à la course à l’innovation. Une perspective déjà portée par des acteurs comme Telecoop. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
← Retour