● Les Numériques Télécom
📅 07/04/2026 à 14:56
Adieu le smartphone ? On a testé la nouvelle caméra Instax vintage de Fujifilm qui mise tout sur le style
Géopolitique
👤 Raphaël Bentéo
8 11 Commenter (8) Présentation Encore un Instax dans la gamme Evo ? Oui, mais en vidéo cette fois ! Après un Instax mini Evo, puis un Wide Evo très réussi en 2025, Fujifilm continue à remplir son catalogue d'appareils photo premium. L'Instax mini Evo Cinema marque toutefois une rupture avec l’ancien monde et son intérêt ne réside pas tant dans la photo instantanée que dans son concept. Il s'agit effectivement d'une caméra capable de filmer de courtes séquences “cinéma”, tout en offrant la possibilité d’en extraire des images, puis de les imprimer sur film Instax mini ou de les partager via un QR Code.© Les NumériquesL’idée est simple et assez brillante : créer de petits souvenirs vidéo de 15 s, les assembler dans une app mobile, puis laisser une trace physique — une photo instantanée — donnant accès au clip associé. Une approche différente, qui vient jouer non plus sur l’aspect instantané et “lo-fi” des photos, mais met à profit un médium utilisé par tous aujourd’hui : la vidéo. Comme toujours chez Instax, la philosophie ne consiste pas à produire du contenu d’une précision chirurgicale ni de grande qualité, à la manière de ce que proposerait un smartphone dernier cri, mais de profiter d'un résultat clefs en main avec une atmosphère rétro/vintage, sans aucune post-production.Affiché à 380 € à sa sortie, l’Instax mini Evo Cinema est pour le moment le plus cher de la gamme, aux côtés du Wide Evo lancé au même tarif, mais que l’on trouve aujourd’hui autour de 330 €. L’Instax mini Evo premier du nom est pour sa part disponible autour de 210 €. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Prise en mainDesign rétro et travaillé L’Instax mini Evo Cinema charme immédiatement par son look résolument rétro, inspiré des caméras des années 1960, comme la Fujica Single 8 ou autres caméras exploitant les films Super 8 de Kodak de l’époque. Comme toujours dans la gamme Evo d’Instax, les finitions sont particulièrement soignées avec un plastique couleur métal sombre façon aluminium anodisé pour envelopper le boîtier. Plusieurs éléments physiques lui permettent aussi de se démarquer des écrans tactiles actuels : molettes crantées, leviers mécaniques factices, interrupteurs…Une foule de commandes, manuelles bien sûr.© Les NumériquesLa face arrière accueille un écran LCD 1,54 pouce à la définition modeste, suffisant pour cadrer, mais clairement pas pour apprécier correctement les images. Un viseur optique amovible permet de porter la caméra à l'œil et d’améliorer le confort d’utilisation, surtout en extérieur.Le viseur (fourni) permet de porter la caméra à l'œil.© Les NumériquesLa guerre des boutonsLes commandes présentes sur le boîtier sont nombreuses. On recense ainsi le déclencheur à l’avant, qu’il faudra maintenir le temps de filmer son clip vidéo ou capturer une photo, un sélecteur still/cine pour choisir entre mode photo ou vidéo, un sélecteur qui active les cadres artistiques, une molette de zoom, une autre de navigation avec les classiques boutons Menu et Lecture pour accéder aux images, mais aussi un levier d’impression mimant l’armement d’une caméra argentique et déclenchant l’impression d’une photo. Élément essentiel de ce modèle Cinema, on trouve aussi une large molette latérale pour naviguer entre les différents styles visuels, dans la même veine que sur les autres Instax Evo, avec des effets orientés vidéo (de 1930 à 2020), comme nous le verrons un peu plus loin.© Les NumériquesL’ensemble est original et plaisant, même si la prise en main peut surprendre, notamment à cause d’un grip assez épais. J’ai d’assez grandes mains et n’ai pas eu de problème à manipuler la caméra, mais des petites pognes pourraient avoir du mal à être confortablement installées sur le déclencheur.Enfin, on trouve à l’avant le petit miroir à selfie cher aux Instax, ainsi qu’un flash pour les photos et vidéos.Une carte microSD nécessaire pour plus de possibilitésUn petit cache trône à l’avant pour accéder à la carte microSD (optionnelle), à côté du port USB-C destiné à la charge. Une batterie intégrée signe d’obsolescence du produit à terme ? Pas vraiment puisque celle-ci est facilement remplaçable en retirant une vis sous le logement dédié au papier à impression.Le port USB-C et le port micro SD.© Les NumériquesLa mémoire interne de l'Evo Cinema est assez limitée, puisque vous ne pourrez prendre qu’une cinquantaine de clichés ou une dizaine de clips vidéo. Libre à vous de verser régulièrement vos productions sur votre smartphone via l’app Instax mini Evo, mais sous condition, ou d’installer une petite carte micro SD à l’intérieur. Ces dernières ne coûtent plus grand-chose aujourd’hui (environ 10 € à 20 € pour une carte 32 Go à 128 Go). Et sachant que 1 Go vous permettra de réaliser environ 160 clips, vous n’aurez a priori pas besoin d’acquérir un monstre de 2 To. On peut néanmoins regretter de ne pas disposer d'une mémoire interne plus fournie, mais c’est hélas la philosophie Instax sur toute la gamme Evo.La poignée accessoire qui permet d'avoir un meilleur grip.© Les NumériquesDes accessoires inclus pour une meilleure prise en mainEnfin, quelques accessoires sont inclus dans la boîte : un viseur optique pour porter la caméra à l'œil plutôt que de regarder l’écran, une petite dragonne afin d'éviter les accidents et une extension de la poignée pour améliorer sa préhension. Un emplacement fileté consacré à la pose de la caméra sur un trépied loge également sous la poignée d’origine.Notre réalisateur au travail.© Les NumériquesLes accessoires inclus dans la boîte.© Les Numériques Qualité d'imageLa créativité avant la précision d’image Côté optique, l’Instax mini Evo Cinema s’appuie sur une focale 28 mm f/2 pensée pour des plans assez larges. Le capteur est un CMOS ⅕ d’une taille minuscule et la définition vidéo est volontairement limitée à 600 x 800 pixels, renforçant l’aspect vintage des séquences. Néanmoins, nous aurions apprécié un peu plus de marge avec une meilleure définition pour plus d’application. Seul le mode “2020” fait exception avec une montée en 1080 x 1440 pixels — presque du Full HD ! —, à condition d’utiliser une carte microSD externe. Comme nous l'écrivions plus haut, la philosophie n’est pas centrée sur la netteté ou la précision de l'image, mais sur le rendu final.La faible définition du capteur photo de 1920 x 2560 pixels (4,9 Mpx) est également limitée, mais s'avère être suffisante pour la petite taille des photos instantanées, d'autant plus au format mini. Comme toujours sur la gamme Evo, on pourra envoyer des photos depuis son smartphone à l'Instax via l'app pour s'en servir d'imprimante.La molette avant permet de modifier les effets à la volée.© Les NumériquesAttention, les clips vidéo sont limités à 15 s, un frein qui risque d’en décevoir plus d’un. On pourra toujours effectuer un peu de montage dans l’app Instax pour étendre la durée à 30 s en couplant plusieurs clips, voire dans une application tierce si vous voulez vous lancer dans un véritable court-métrage.La grande force de ce produit réside dans ses effets visuels, organisés par décennies, de 1930 à 2020. Chaque période modifie le rendu colorimétrique, la saturation, la netteté, parfois même le son et les artefacts visuels : grain, saccades, défauts numériques… Le résultat permet de bien différencier les époques, du noir & blanc façon film muet de 1930 à la VHS des années 1990 jusqu’au YouTube de 2010-2020. Vous trouverez ci-dessous le rendu des effets photo année après année, cadre activé et effet à 50 %. 10 images Les effets vidéo toucheront immédiatement ceux qui n’ont pas connu l’ère du tout numérique et plongeront immanquablement dans le passé avec une once de nostalgie à la clef. Cela ne veut pas dire que seuls les utilisateurs nés avant les années 2000 pourront pleinement profiter de cet Instax ; il n’y a évidemment pas d'âge pour s'intéresser au cinéma, et il n’y a qu’à voir l’explosion de la demande en appareils photo CDD des années 2000 pour comprendre que la qualité d’image et les rendus parfaitement propres ne font pas tout. Années 2000 sans cadre. Années 2000 avec cadre agrandir On pourra d’ailleurs modifier le rendu des photos et vidéos de deux manières différentes. D’abord en jouant avec la molette située sur l’objectif, qui permet d’ajouter de l’effet à l’image (plus on en greffe, plus l’image offrira de personnalité, mais aussi d’artefacts en tous genres). Deuxième option, en jouant sur le cadre grâce à l’interrupteur situé sur le côté, qui offre de filmer ce que l’on voit tel quel, ou d’y ajouter un cadre propre à chaque époque. Les années 1950 offriront ainsi un cadre aux bords arrondis façon téléviseur de l’époque, les années 1980 et 1990 ajouteront la date comme sur les caméras d'antan, l’an 2000 adoptera une interface à la manière des caméras et appareils photo CDD, 2010 surfe sur YouTube, etc. La galerie ci-dessous montre un même profil (les années 1990) avec le cadre activé, mais avec le niveau d'effet à 10 %, 50 % et 100 %. Comparer les photos 1990 avec cadre, effet à 10 % 1990 avec cadre, effet à 50 % 1990 avec cadre, effet à 100 %
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