● BFM Tech 📅 07/04/2026 à 14:09

"Le problème, c'est lui": alors qu’OpenAI ouvre la voie de la révolution IA, son cofondateur, Sam Altman, est décrié par ses équipes et présenté comme un manipulateur "sans scrupule"

Géopolitique
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Alors que l'IA s'apprêterait à "surpasser les humains" selon OpenAI, plusieurs salariés de l'entreprise font état d'un leadership problématique orchestré par un Sam Altman hors de contrôle.Faut-il avoir confiance en OpenAI et ses promesses de mettre l'humain en avant face à l'essor de l'intelligence artificielle? Depuis la parution d'une vaste enquête du New Yorker, le doute est permis. L'hebdomadaire américain a en effet pu s'entretenir avec une centaine de personnes familières du cofondateur de l'entreprise à l'origine de ChatGPT, Sam Altman et ses méthodes en matière de leadership posent question.Dans ce papier, il est présenté comme un individu cherchant constamment à satisfaire les autres. Autrement dit, il va régulièrement changer de discours afin de convaincre les personnes avec lesquelles il s'entretient dans le but de se mettre en avant et de conserver sa main-mise sur le secteur: "Ce sont deux traits de caractère qui ne se retrouvent presque jamais chez la même personne," estime un membre du conseil d'administration d'OpenAI.Sam Altman ne mesure pas les conséquences de ses actes"Le premier est un fort désir de plaire aux gens, d'être apprécié dans chacune de ses interactions. Le second est une quasi-absence de scrupules face aux conséquences que pourrait entraîner le fait de tromper quelqu’un," ajoute ce membre du conseil.Si aucune preuve de tromperies n'ont été trouvées par le New Yorker, plusieurs écrits de ses anciens collaborateurs, comme Ilya Sutskever (ancien scientifique en chef) et Dario Amodei (ancien responsable de la recherche, désormais à la tête d'Anthropic), documentent des "tromperies et manipulations" qui, mises bout à bout, démontrent que Sam Altman ne serait clairement pas la bonne personne pour créer un environnement sûr dans le cas où une IA très avancée finirait par voir le jour."Le problème avec OpenAI, c'est Sam (Altman) lui-même," peut-on même lire dans un mémo de Dario Amodei.Le New Yorker explique que Sam Altman a développé une faculté à contester les affirmations d'un récit, notamment en prétendant avoir oublié certains événements. Adepte des revirements, le patron d'OpenAI n'en est en effet pas à son premier retournement de veste. Si au départ, il militait pour éviter une "apocalypse IA", il adopte désormais un ton d'un optimisme exacerbé, sans doute pour coller à l'humeur du moment dans le milieu des "tech enthusiasts".Un adepte des "solutions temporaires"Son discours, volontairement positif sur l'IA, tente de contrecarrer les avis divergents sur ce secteur de la part du grand public. Chris Lehane, le responsable de la communication mondiale d'OpenAI, a d'ailleurs confirmé que l'entreprise était très préoccupée par ce point auprès du Wall Street Journal. Pour tenter d'inverser la tendance, plusieurs annonces ont été faites, dont un programme pilote visant à subventionner la recherche via des bourses allant de 100.000 à 1 million de dollars en "crédits" (utilisables dans les outils de développement de ChatGPT). Une seule condition: que les travaux effectués s'intéressent à la politique à entreprendre pour faire aimer l'IA.Mais l'enquête du New Yorker montre qu'OpenAI est davantage intéressé par l'argent qu'elle pourrait générer que par une véritable volonté de "sauver l'humanité". Comme beaucoup d'entreprises, bien sûr, mais OpenAI a commencé sa vie en tant que structure à but non lucratif...La volonté d'OpenAI d'accélérer sur ce sujet résulte d'une échéance importante: les élections de mi-mandats aux Etats-Unis. Dans le cas où les Républicains (le parti de Donald Trump) perdraient la majorité au congrès, les Démocrates pourraient faire voter des lois visant à contraindre les géants du secteur à sécuriser aussi bien les échanges que les données collectés par leurs chatbots. Des lois contre lesquelles Sam Altman s'est toujours opposé.Un chercheur d'OpenAI, interrogé par le New Yorker, ajoute aussi que Sam Altman est un adepte des "solutions temporaires" visant avant tout à surmonter des critiques ou des problèmes à un instant T. "(Sam Altman) met en place des projets qui, sur le papier, vont le contraindre dans le futur, mais lorsque ce futur arrive, et qu'il doit se contraindre, il met ces projets à la poubelle."Les plus lusUn conducteur de TGV meurt après une collision avec un poids lourd transportant des véhicules militaires dans le Pas-de-Calais"Carroll": l'équipage d'Artemis 2 baptise un cratère de la Lune en l'honneur de la femme décédée du commandant de la mission"Il n’y aura pas d’aide universelle" à la pompe comme en Italie: Maud Bregeon promet de nouveaux coups de pouce ciblés mais pas de blocage des prix du carburantLa participation de Kanye West à un festival suscite la polémique à Londres, l'organisateur exhorte ses détracteurs à lui accorder "un peu de pardon"Guerre au Moyen-Orient: le gouvernement iranien appelle la population à "former des chaînes humaines" pour protéger ses infrastructures énergétiques
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