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📅 07/04/2026 à 11:49
Bull confirme son renouveau dans l'IA et le HPC
Data Science
👤 Philippe Leroy
Bull a profité de la visite de Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, et d’Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, dans son centre de R&D des Clayes-sous-Bois pour annoncer un plan de recrutement de 500 collaborateurs dans le monde pour l’année 2026. Une mise en scène politique assumée, au service d’un message sur la souveraineté numérique. En toile de fond, une opération de rachat finalisée fin 2025 : Atos a cédé Bull à l’État français pour une valeur d’entreprise pouvant atteindre 404 millions €, dont 104 millions conditionnels. L’entité, qui génère un chiffre d’affaires d’environ 0,7 milliard €, regroupe les divisions Calcul Haute Performance (HPC) et Quantique d’un côté, Business Computing et Intelligence Artificielle de l’autre. Elle faisait jusqu’alors partie d’Eviden, la branche produits et systèmes d’Atos. À noter que zData, la filiale conseil et Big Data, a été exclue du périmètre de la transaction en cours de négociation, ramenant légèrement la valeur d’entreprise de 410 à 404 millions €. Un divorce voulu des deux côtés Pour Atos, cette cession s’inscrit dans un plan de recentrage stratégique : le groupe entend désormais se concentrer sur la cybersécurité, les systèmes critiques et l’analyse vidéo augmentée par l’IA. Autant de marchés où il estime disposer d’un avantage concurrentiel plus solide. Eviden, amputée de Bull, ne pèse plus qu’environ 0,3 milliard € de chiffre d’affaires pro forma. Pour l’État français, en revanche, l’acquisition répond à une logique inverse : conserver sur le sol national une capacité industrielle dans le HPC et l’IA, secteurs jugés stratégiques. Data scientists, experts HPC-IA et talents commerciaux visés Les 500 postes concerneront un spectre large de compétences. Bull cible en priorité des experts en R&D, des data scientists et des spécialistes HPC-IA ; soit les domaines au cœur de ses ambitions sur le calcul haute performance, l’intelligence artificielle et l’informatique quantique. Des profils en services, support et commerce seront également recherchés pour accompagner la montée en puissance commerciale du groupe. Lire aussi : IBM vise l'avantage quantique en tandem avec le HPC Ces recrutements viennent renforcer une base déjà substantielle : Bull compte aujourd’hui 300 data scientists, s’appuie sur quatre centres de recherche dans le monde, et détient plus de 1 600 brevets. Le groupe consacre 13 % de son chiffre d’affaires à la R&D, un taux élevé qui traduit son positionnement résolument technologique. La souveraineté numérique comme boussole Le discours des deux ministres présents aux Clayes-sous-Bois a été univoque : ce plan de recrutement s’inscrit dans la stratégie de souveraineté numérique de la France. « Ces embauches répondent à un enjeu majeur : celui de développer en France les compétences d’avenir dont nous avons besoin », a déclaré Anne Le Hénanff. Pour Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, cette vague de recrutements symbolise l’entrée dans « un nouveau chapitre » pour l’entreprise, désormais indépendante et dotée d’une feuille de route d’innovation claire. Il a dit vouloir attirer des professionnels « engagés en faveur de la souveraineté numérique et d’une innovation durable et ouverte ». Un rebond industriel à confirmer dans la durée Bull a traversé une longue période de turbulences depuis son intégration puis son décrochage progressif au sein d’Atos. Son retour en tant qu’entité indépendante, soutenue par l’État, lui offre une seconde chance sur des marchés (HPC, IA, quantique) en pleine effervescence mondiale. Les 500 recrutements annoncés sont une mise de départ : reste à voir si Bull parviendra à tenir ce rythme et à recruter dans des bassins de talents très disputés, face à des concurrents américains et asiatiques aux poches bien plus profondes.
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