● Courrier International 📅 07/04/2026 à 11:42

Les étudiants africains frappés par les restrictions de voyage aux États-Unis

Géopolitique
Illustration
Des étudiants soudanais passent leurs examens dans leur université à Khartoum, le 23 juillet 2025. PHOTO EBRAHIM HAMID / AFP Visa invalidé. C’est par un courrier du département d’État que Majok Bior, étudiant en deuxième année d’informatique à l’université de Duke, aux États-Unis, a appris que son cursus universitaire à l’étranger s’arrêtait là. L’ambassade des États-Unis de Kampala, en Ouganda, où il réside et était retourné durant ses congés d’hiver, lui a par la suite expliqué que “sa demande de visa était suspendue indéfiniment”, relate le Wall Street Journal. À lire aussi : Immigration. Les ressortissants de cinq nouveaux pays africains frappés par le “travel ban” américain Majok Bior est originaire du Soudan du Sud, l’un des premiers pays ciblés par le gel des visas de l’administration Trump, annoncé en janvier. 75 pays sont concernés, dont 26 sur le continent africain. “Un visa américain est un privilège, non un droit”, mentionne un communiqué du Département d’État. Un avenir incertain Le nombre d’étudiants africains “arrivant aux États-Unis pour le semestre d’automne 2025 a diminué de près d’un tiers par rapport à l’année précédente, selon des données préliminaires du Département du commerce”, rapporte le quotidien new-yorkais, tandis que “les arrivées en provenance du Nigeria et du Ghana qui, traditionnellement, envoient plus d’étudiants aux États-Unis que tout autre pays africain, ont chuté de moitié environ”. Avec les nouvelles restrictions de voyage, en vigueur depuis janvier, le phénomène pourrait bien s’accentuer cette année. À lire aussi : Polémique. Au Ghana, l’accueil de migrants expulsés des États-Unis attaqué sur tous les fronts À Kampala, Majok Bior participe à des tournois d’échecs, et fait du bénévolat pour une fondation venant en aide aux étudiants réfugiés. Il reste en lien avec ses camarades, dont les projets d’études ont également été bouleversés. Parmi eux, une étudiante de 23 ans, en deuxième année en sciences politiques au Bates College qui, à défaut d’avoir pu embarquer pour son vol retour vers les États-Unis après ses vacances, envisage désormais de se marier, à l’instar de nombreuses autres jeunes femmes de son âge. Le Sud-soudanais reste, lui, accroché à son rêve, narre le Wall Street Journal : “Dans un ultime effort pour retourner à Duke, Bior a obtenu un passeport spécial de réfugié, délivré par l’Ouganda, qui, il l’espère, lui permettra de contourner l’interdiction de visa imposée au Soudan du Sud. ‘Je ne sais pas si cela fonctionnera’, a-t-il confié. ‘Si ça ne marche pas, je suis fichu.’” États-Unis Société Afrique Immigration Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Politique. Afrique du Sud : le magnat Patrice Motsepe, “seule bouée” pour sauver l’ANC en 2027 ? Guerre. Trump menace l’Iran de destruction totale Élections. Hongrie : Peter Magyar mise sur un rapprochement avec Bruxelles pour conquérir le pouvoir Géopolitique. Entre l’Inde et le Bangladesh, des serpents et des crocodiles comme gardes-frontières ? Source de l’article The Wall Street Journal (New York) C’est la bible des milieux d’affaires. Mais à manier avec précaution : d’un côté, des enquêtes et reportages de grande qualité, avec un souci de neutralité. De l’autre, des pages éditoriales très partisanes. Les chroniqueurs et le comité éditorial défendent, souvent avec virulence, les points de vue conservateurs, même si le titre a toujours maintenu une certaine distance vis-à-vis de Donald Trump. Récompensé par une quarantaine de prix Pulitzer, The WSJ est surtout apprécié pour ses analyses des marchés financiers et son suivi des tendances du management et des affaires. Depuis son rachat, en juillet 2007, par le groupe News Corp. de Rupert Murdoch, le quotidien a toutefois évolué vers une formule plus généraliste afin de rivaliser avec The New York Times. Un luxueux supplément sur l’art de vivre, baptisé WSJ Magazine, a vu le jour en septembre 2008. Installée dans le quartier financier de New York depuis sa création, en 1889, la rédaction a quitté Wall Street en 2008 pour s’établir un peu plus au nord, à Midtown, dans les locaux de News Corp. Elle comprend au total 1 800 journalistes répartis dans près de cinquante pays. Avec 468 000 abonnés papier à la fin du premier semestre 2024, The Wall Street Journal a le plus grand tirage des quotidiens aux États-Unis. Et même s’il est derrière The New York Times en termes d’abonnés en ligne, il comptait tout de même, à cette date, près de 4,3 millions d’abonnés au total (papier et web). Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article →
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