● Journal du Net
📅 07/04/2026 à 10:36
Pourquoi votre contenu bien classé dans Google reste invisible pour ChatGPT (et comment y remédier) ?
Data Science
👤 Bruno Poncet
ChatGPT privilégie notamment la fraîcheur et les contenus structurés. Une fois mises en place, les actions menées peuvent être récompensées. Les bons positionnements dans les SERP de Google ne se traduisent pas forcément par de la visibilité dans ChatGPT. Pour comprendre cela, différents points sont à considérer. Tout d'abord, il faut savoir que pour récupérer ses données, ChatGPT ne passe pas forcément par le moteur de recherche américain. Des zones d’ombre existent sur le sujet. "ChatGPT n'a pas d'index propriétaire", assure Jérémy Lacoste, directeur général d’Eskimoz France. "Il va aller chercher l'information dans les multiples sources de données auxquelles il a accès." Olivier de Segonzac, associé fondateur de Resoneo, complète : "ChatGPT Search utilise principalement les résultats Google, via des fournisseurs tiers pour ses réponses en temps réel. Mais il se peut que cela soit en train de changer." Plus dans le détail, selon des comparatifs directs du spécialiste en référencement de Resoneo, il existe des différences réelles entre les demandes. "Sur les requêtes shopping produit, Google et ChatGPT sont très alignés, avec environ 80% de recoupement. ChatGPT utilise en effet Google Shopping comme source. Les marchands bien référencés dans la plateforme e-commerce apparaissent dans le robot conversationnel." Sur les requêtes conseils ou guides en français, le chevauchement est partiel, de 40 à 50%, d’après Olivier de Segonzac. Pour les requêtes news, ou celles qui déclenchent un carrousel images, "et il y en a de plus en plus", assure Olivier de Segonzac, "OpenAI a des partenariats et des pipelines de récupération différents de Google. Donc, les résultats diffèrent fortement." Autre cause envisageable à la non-récupération des pages bien positionnées dans Google par ChatGPT : l’intention de recherche. Elle peut être interprétée différemment entre le moteur de recherche et le module conversationnel. "Prenons un exemple concret : un utilisateur recherche une 'robe noire pour femme', avance David Groult, head of SEO de l'agence NOIISE. Google va essentiellement remonter des pages de listings produits, via les catégories, les facettes et le searchdexing. Son objectif sera de laisser l’utilisateur explorer et trouver le produit qui lui correspond. ChatGPT va plutôt proposer une sélection de fiches produits précises, avec recommandations, à l'image des encarts Shopping." Résultat : une page catégorie très performante en SEO peut être très peu utilisée par les IA génératives. Autre limite possible à la reprise des pages bien classées dans les SERP de la firme de Mountain View par le chatbot d’OpenAI : la date de publication. Selon Olivier de Segonzac, cela vient du fait que ChatGPT a déjà intégré le contenu ancien dans ses données d'entraînement. "Quand il cherche sur le web, il essaie surtout de combler le fossé avec l'information récente. Il filtre souvent les résultats par fenêtre de temps. À savoir : 7 jours pour l'actualité chaude, 30 jours pour les news et jusqu'à 365 jours pour l'information stable. Un contenu daté qui remonte bien dans Google peut simplement ne jamais passer ce filtre." Pour y remédier, il préconise la mise à jour régulière des pages stratégiques avec des données récentes, et de déclarer la date de mise à jour. Des facteurs techniques et éditoriaux pour optimiser On peut ajouter à ces blocages les restrictions techniques sur un site web qui empêche sa visibilité sur ChatGPT. La liste d’exemples est longue pour Jérémy Lacoste : "non-crawlabilité d'un site par les bots IA, présence de JavaScript au détriment du HTML, absence de contenu anglé, ou encore structure de page non optimisée pour les moteurs LLM." Afin de remédier à cela, Olivier de Segonzac conseille de s'assurer que le contenu critique est en HTML statique, qu’il n’y a pas de rendu en JavaScript, que les crawlers LLM ne voient pas le contenu dynamique, que les contenus soient structurés en passages autonomes et factuels, et qu'ils soient citables tels quels. "ChatGPT cite des phrases, pas des pages", résume l’expert en référencement. On peut adjoindre à ces actions le temps de chargement ultra-rapide des pages ou l’enrichissement des métadonnées. La pertinence des contenus est aussi à prendre en compte selon les référenceurs sondés. "Les signaux SEO traditionnels comme les backlinks ou l’autorité de domaine ont beaucoup moins de poids pour les LLM", pointe Baptiste Frossard, growth marketer chez Geolid. "L’IA privilégie avant tout les contenus capables de répondre de manière claire, directe et précise à une intention." Jérémy Lacoste recommande aussi la "création de contenu anglé, personnalisé, l’intégration de verbatims, de témoignages, la mise en place d'éléments métatextuels comme les comparatifs ou les infographies, et l’intégration de TL;DR." La langue est aussi à prendre en considération. ChatGPT génère plus de 50% de ses fan-outs en anglais, selon Olivier de Segonzac. Un contenu uniquement en français a donc moins de chances d'être cité. Il conseille de créer des versions en anglais lorsque cela est possible. Nette croissance de la part de voix et des mentions positives Différentes corrections peuvent amener plus de visibilité dans ChatGPT, selon les référenceurs questionnés. Jérémy Lacoste a par exemple effectué un travail sur l'éditorial et la popularité. "Nous avons augmenté de 20% la part de voix obtenue sur l'un des leaders de l'emploi. Pour cela, nous avons retravaillé toutes les pages blogs et guides." Il a aussi accru de 12% les mentions positives sur un acteur bancaire, en retravaillant ses pages Wikipédia et ses actions de relations presse digitales. Baptiste Frossard, quant à lui, s’est notamment penché sur la structuration des données. "Nos analyses sur le SEO local avaient révélé un paradoxe : des enseignes leaders sur Google Maps sont souvent totalement absentes des recommandations de ChatGPT sur des requêtes comme "magasin de sport à Lyon". Celles qui disposent d’un store locator et des pages locales pour chaque établissement sont généralement plus visibles sur l’IA. D’où l’importance de structurer ses données et de les rendre accessibles aux IA." David Groult, de son côté, a œuvré sur la structuration des données, l’intention et la popularité. "Pour un client peu visible à la fois sur Google et dans les IA, nous avons activé trois leviers simples. D’abord, la refonte et la restructuration complète de la page pour mieux répondre aux intentions réelles. Ceci dans une logique de reverse search design. Ensuite, nous avons ajouté des microdonnées JSON-LD, pour faciliter la compréhension. Enfin, nous avons obtenu un backlink très qualitatif sur un site de référence du secteur." David Groult a observé que la marque était désormais mentionnée dans les réponses générées par IA, alors même que la page n’est pas encore bien positionnée sur Google. "Cela montre que certains signaux, comme la structure, la clarté et la légitimité, peuvent être exploités plus rapidement par les IA que par les moteurs traditionnels", assure l'expert en référencement.
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