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📅 05/04/2026 à 18:50
Apple: de l’Apple I au Macintosh en passant par l’iPod, 50 ans de révolution, d’évolution et de création en 15 produits qui ont marqué l'histoire de la tech
Géopolitique
Comment clore cette semaine d'anniversaire d'Apple par autre chose que des produits. Si le géant de Cupertino s'est diversifié, s'est lancé dans les services avec un certain bonheur, prend à bras le corps l'IA, son coeur de métier, son identité au cours de ses 50 ans premières années a été façonnée par des produits. Des ordinateurs, surtout mais pas seulement, des appareils, au croisement de la tech et du design, habiles mélanges d'une identité marketing et d'une certaine vision du monde...50 ans. Un bref instant au regard de l’histoire et, pourtant, le concentré d’une révolution, d’une accélération. Alors qu’Apple fête ses 50 ans, on pourrait presque dire que c’est aussi l’âge de la révolution numérique grand public. Microsoft a soufflé son demi-siècle l’an dernier, pionnier d’un logiciel destiné aux entreprises mais aussi au grand public.50 ans et juste assez de recul pour laisser du temps à l’histoire de s’écrire et au mythe de se réinventer sans cesse. Ainsi, le 1er avril 2026, Apple, une des plus importantes sociétés de la tech au monde, a soufflé ses 50 bougies, et célébrer des réussites, des échecs et des inventions. Apple n’est pas né dans un garage. En revanche, la société s’est construite au fil du temps, un produit à la fois. Ce sont ces produits qui racontent le mieux, par certains aspects, son histoire, nous en avons dressé une sélection. Ils ne sont pas tous là bien sûr, nous avons retenu les plus illustres, les plus révélateurs, qu’ils soient les premiers d’une gamme ou ceux qui ont marqué un tournant.L'Apple IIe © BFM TechApple I/II (1976-1977): la naissance d’une idée et une première révolutionLancé en 1976, l’Apple I est le tout premier ordinateur développé par Apple - c’est même pour permettre sa commercialisation que la société a été créée. En guide d’ordinateur, il faut plutôt imaginer une carte mère sur laquelle étaient pré-assemblés les composants, ce qui à l’époque était déjà un grand pas en avant vers le “grand public” d’alors. Les premiers modèles ont été vendus sans clavier, ni alimentation électrique et sans boîtier, avant d’avoir droit à une caisse en bois sur mesure. Il fallait le brancher à un téléviseur et il n’embarquait pas de stockage… Steve Wozniak devait passer 40 minutes à saisir sa version du BASIC, un langage de programmation très simple, avant chaque démonstration…C’est lui qui a été assemblé dans la maison des parents de Steve Jobs, où il a rapidement colonisé une bonne partie de la cuisine, du salon… et du garage, où le père de Steve Jobs avait mis à disposition un établi et des caisses pour classer les composants. Le téléviseur familial était aussi réquisitionné, quand il ne servait pas à suivre les matchs du moment, pour réaliser les tests de chaque unité. L’Apple I est l’étincelle originelle, mais il n’a été vendu qu’à environ 175 exemplaires. Ce qui explique d’ailleurs sa rareté et donc son prix quand un modèle est mis aux enchères.La vraie révolution vient de l’itération, déjà. Elle s’appellera l’Apple II et sortira en 1977. Elle est d’une certaine manière la somme de tous les apprentissages de deux Steve. Steve Wozniak voit grand et corrige les manques de son premier PC, alors que le marché progresse vite. Ainsi, l’Apple II embarquait une carte audio, un haut-parleur, de la mémoire vive plus performante, une version de Basic intégrée et même huit emplacements pour des extensions - ils furent d’ailleurs à l’origine d’une querelle entre les deux Steve, Steve Jobs voulant de la simplicité et deux slots seulement, quand Steve Wozniak voulait offrir le choix et l’évolutivité à son bébé. La victoire remportée par Steve Wozniak est sans doute à l’origine de son succès au long cours, décliné en de nombreuses versions, l’Apple II sera produit jusqu’en 1993…Obsédé par l’optimisation, Steve Wozniak a réussi à produire un Apple II plus puissant avec moitié moins de composants - et un rendu en couleur, grâce à une astuce géniale! Une machine qui va durablement marquer les esprits, au point d’accompagner la naissance du jeu vidéo sur ordinateur. De son côté, Steve Jobs ne chômait pas plus. C’est lui qui va décider que l’ordinateur conçu par son associé et ami doit être intégré dans un boîtier. Alors que les PC se tournaient vers des boîtiers métalliques très industriels, lui va s’inspirer de l’électroménager et opter pour le plastique moulé, plus propre, plus moderne… Deux Steve, et un Apple II.Apple Macintosh - 1984 © BFM TechMacintosh (1984): une révolution en forme de coup interneSi le Lisa est historiquement le premier ordinateur d'Apple à proposer aux utilisateurs ce qu'on connaît sous le nom de bureau, avec des fenêtres, des icônes, des menus, une souris et tout ce qui nous permet d'interagir aujourd'hui encore avec un ordinateur, il a été un échec de fait.C'est le Macintosh qui a eu la charge et l'honneur de porter toutes ces nouveautés, glanées par Apple lors d'une visite du Xerox Palo Alto Research Center en 1979, et de les faire connaître au grand public "pour que 1984 ne soit pas comme 1984".Le développement du Macintosh débute, à tout petits pas et avec une équipe de quatre personnes, en 1979 sous le nom de code "Annie", sous la houlette de Jef Raskin, qui rebaptisera le projet du nom de ses pommes préférées, les McIntosh. Il modifiera la graphie du nom pour éviter "un procès avec le fabricant de matériel audio, McIntosh Laboratoy", nous explique Walter Isaacson dans sa biographie autorisée de Steve Jobs. 1982 et son lancement intervient donc en 1984.Mais avant cela, Steve jobs qui aura lancé sans succès le Lisa va peu à peu prendre la main sur le projet, en transformant l'esprit initial: Jef Raskin voulait en faire un ordinateur pour le très grand public et donc très abordable, tandis que Steve Jobs voulait en faire une sorte de "machine idéale". Mais c'est aussi cette vision qui va pousser le cofondateur d'Apple a opté pour un processeur plus puissant, le même que le Lisa, un Motorola 68000, qui seul permettait de faire tourner l'interface graphique voulue.Steve Jobs eut l'occasion de faire usage de son champ de distorsion de la réalité, et constitua autour de lui une équipe galvanisée, mue par un credo: "Mieux être un pirate que de rejoindre la marine". Un drapeau pirate fut d'ailleurs hissé en haut du bâtiment Bandley 3 qui hébergeait l'équipe...Il est intéressant de noter que cette culture de "l'insurrection" ou en tout cas de la désobéissance était également tolérée par Steve Jobs lui-même quand il en était la victime, mais mieux valait ne pas se planter... "Si l'avenir vous donnait raison, JObs appréciait cette attitude renégat, et ce refus de l'autorité.", écrit Walter Isaacson dans sa biographie. "Après tout, c'était ce qu'il avait toujours fait."Le Macintosh entrera dans l'histoire grâce à la géniale publicité de Ridley Scott, validée par Steve Jobs, contre l'avis du conseil d'aministration (qui le débarquera l'année suivante).Le Newton, d'Apple, l'échec d'un PDA, l'ancêtre du succès de l'iPhone © BFM TechNewton (1993): le flop qui fera de grands hitsC’est l’histoire du produit qui avait tout compris avant tout le monde, mais a (presque) tout raté. Le Newton reste dans les annales d’Apple comme l'un de ses échecs les plus retentissants. Moqué, critiqué, loin des standards maison, il est, plus de 30 ans après, à l’origine de certaines de ses plus grandes réussites.Le Newton naît dans l’esprit de John Sculley, alors patron d’Apple après avoir poussé Steve Jobs vers la sortie quelques années plus tôt. Sculley veut imposer sa vision d'un nouvel objet informatique: un assistant numérique personnel, ultra-portable, capable de gérer les contacts, l’agenda, les notes et les communications. Ancêtre de l’iPhone, vous avez dit? Il y a bien de ça dans le projet. Car Sculley veut un produit centré sur l’utilisateur, avec une interface tactile, une synchronisation de données, la possibilité d’envoyer des fax et mails, une reconnaissance de l’écriture manuscrite.Le MessagePad, premier de la série Apple Newton, voit le jour en 1993. Il va populariser le terme PDA (Personal Digital Assistant) alors en vogue et ouvrir une nouvelle ère tech, mais sans en être le grand bénéficiaire. C’est un allié du quotidien, un mini-ordi en poche. Apple le présente comme "le futur de l’informatique". Cependant, le futur n'est pas encore prêt.La reconnaissance d’écriture déçoit, les performances sont limitées, l’autonomie insuffisante et il manque de logiciels pour l’accompagner. L’expérience devient frustrante pour un appareil vendu près de 700 dollars, une fortune à l’époque. Le Newton essuie les plâtres d'une vision trop ambitieuse pour les capacités tech d'alors.Pourtant, l'idée est juste. L’aspect mobile et personnel séduit, l’interface tactile aussi. Il est perçu comme un prometteur assistant alors que le réseau mobile est encore balbutiant, la miniaturisation difficile et le cloud inexistant. De retour aux commandes, Steve Jobs y met fin en 1997, jugeant le produit trop complexe et pas en adéquation avec la vision qu’il veut impulser.Ironie de l'histoire, 10 ans plus tard, l’iPhone reprendra une grande partie de l’héritage du Newton, exception faite du stylet que Jobs a toujours eu en horreur. Le Newton a inspiré la vision d’Apple, de ses smartphones et tablettes tactiles, sa notion d’assistant intelligent. Le Newton reste un véritable échec commercial, mais avec tous les éléments pour être visionnaire et redéfinir l’informatique. Sculley, le vendeur "d'eau sucrée" avait vu juste, simplement trop tôt.L'iMac, l'ordinateur tout-en-un du renouveau © BFM TechiMac (1998 ): Apple est de retourAlors que Steve Jobs mène son nouveau navire pirate, NeXT, Apple se fourvoit en attendant le renouveau, qui prendra forme avec le retour de Steve Jobs en 1997. Une renaissance marquée par la campagne Think Different (à voir si dessous dans une version, qui n'a finalement pas été retenue, où Steve Jobs lisait le fameux texte). Néanmoins, la première étincelle date de 1992, lorsqu'un jeune designer britannique, rejoint Apple. Un certain Jonathan Ive.De leur rencontre va naître une amitié au long cours, mais aussi, plus immédiatement, le symbole de la renaissance des Mac: l'iMac. Rond, coloré, transparent, comme pour désacraliser la machine, il rompt avec les boîtiers en plastique beige, qu'un certain Steve Jobs a contribué à instaurer en standard en 1977 avec l'Apple II.C'est une réinvention, et un pas vers un nouvel âge. L'iMac devait être le Mac du réseau, le Mac pour Internet, adaptation du concept d'"ordinateur de réseau", inventé par Larry Ellison. Autrement dit, il devait être peu coûteux et ne même pas avoir de disque dur.Il en embarquera un finalement, ainsi qu'un lecteur de CD. En revanche, Steve Jobs et Jonathan Rubinstein, un ancien de chez NeXT qui l'a suivi lors de son retour chez Apple, décide de ne pas inclure de lecteur de disquette. Le futur est à ce prix et Steve Jobs justifie ce choix par une citation d'une star du hockey, devenue célèbre grâce à lui: "Je patine à l'endroit où le palet va être, et non là où il a été". Jonathan Rubinstein va également adopter la plateforme qui donne vie au Power Mac G3 - le Mac de bureau le plus puissant du moment.Le nom iMac fut proposer par Ken Segal, un des publicitaires de la célèbre agence TBWA\Chiat\Day, en charge de la promotion du nouvel ordinateur au design radical. Si radical d'ailleurs, que l'équipe de communicants était "consternée" la première fois qu'elle vit ce qui deviendrait l'iMac.L'iMac est aussi la renaissance du tout-en-un, une reformulation du Macintosh, et la première pierre d'une gamme qui va continuer d'évoluer et de se réinventer. Avec l'iMac tournesol, pour lequel les équipes d'Apple ont réussi à suffisamment miniaturiser les composants pour les contenir dans une base demi-sphérique, laissant un écran ajustable "flotter" au niveau des yeux au bout d'un bras articulé. Puis les composants se glissèrent derrière l'écran et l'iMac s'affina, encore et encore, jusqu'aux modèles en aluminium et à nouveau colorés qui tournent désormais sur des puces M4.Mais avant que cette longue lignée n'existe, vint l'heure du lancement du premier iMac, le 6 mai 1998. Après quelques colères mémorables, notamment liées à la trappe à CD qui n'était pas conforme à ce que Steve Jobs voulait - une version mange-disque, la keynote eut lieu, avec, en ouverture, des remerciements de Steve Jobs: une reconnaissance du rôle historique de Steve Wozniak et Mike Markkula, un sourire aux équipes d'Andy Hertzfeld, et à l'ancienne équipe des "pirates". Puis l'iMac prit la lumière, s'activa lorsque la souris fut bougée du bout de la main par Steve Jobs, et un message apparut à l'écran: "Hello", avec la même police de caractère que sur le Macintosh de 1984, puis un autre mot "again". Le Mac était de retour.Powerbook G4, d'Apple, dernier portable avec le passage à Intel © BFM TechPowerbook (2001) : la révolution silencieuse et sinueuseL'histoire du Powerbook et des prémices de l'ordinateur portable chez Apple n'a rien de la success story immédiate. Pas même après quelques années. Ce fut un chemin de croix par moments. A la fin des années 1980, alors que le Macintosh est en bonne voie, l'idée de pouvoir emporter son ordinateur en mobilité tient du fantasme. Apple veut embarquer l'informatique n'importe où.Naît ainsi l'idée du Macintosh Portable. Un nom qui sonne comme une évidence, un projet ambitieux, mais au final, un énorme raté. En 1989, la miniaturisation n'est pas véritablement de mise. L'appareil pèse plus de 7 kg. On peut le prendre, mais la discrétion et la portabilité ne sont pas son fort. Trop cher et encombrant, il ne trouve pas son public. Pourtant, l'intuition est la bonne. Bientôt, on ne voudra plus vivre l'informatique à son seul bureau, mais partout. Il a déjà des atouts clés: sa batterie longue durée pour l'époque et un écran plutôt de bonne facture.Il faudra attendre 1991 et le lancement du Powerbook pour voir le véritable premier envol de l'ordinateur portable, avec ses seulement 2,3 kg. Ce n'est plus un mini-ordinateur dans l'esprit, mais un produit à part, avec un clavier plus reculé qui laisse de l'espace aux poignets et un trackball au centre. Mais surtout, il est pensé pour être utilisé sur ses genoux. Et l'histoire veut que tout cela ne soit qu'un accident: les ingénieurs ont simplement reculé le clavier pour gagner de la place avant de découvrir que c'était plus ergonomique. L'idée perdurera et le Powerbook devient une référence pour l'industrie. Il a posé les bases du design du PC portable, peaufiné sa copie au fil du temps, remplaçant le trackball par le pavé tactile.L'heure de gloire du Powerbook arrive en 2001 avec la version G4 Ttitanium. Son design a été repensé, il est plus fin, plus léger, son châssis métallisé. Enfin, l'ordinateur portable est un bel objet que l'on veut aussi pour son look. Apple lui a également décalé les ports sur les tranches latérales pour faciliter l'usage. Pari gagnant. Du Macintosh au Powerbook G4, Apple a fait l'ébauche de son futur Macbook, instaurant des principes de design, d'usages et d'ergonomie qui sont devenus les standards désormais des ordinateurs portables. Si Apple n'a pas inventé l'ordinateur portable, il a quelque part inventé la façon de l'utiliser.Le premier Mac mini, d'Apple © BFM TechMac mini (2005): champion de la miniaturisation, du petit prix et la guerre contre le PCEn 2002, l'iMac tournesol a marqué un grand pas en avant dans la miniaturisation et l'optimisation de la disposition des composants dans les Mac de bureau. Mais, trois ans plus tard, en 2005, Apple fait encore mieux et introduit son Mac mini. Le minimalisme fait ordinateur! Un parallélépipède de 16,51 cm de côté et de 5,1 cm de haut, livré sans écran, clavier ou souris. Apple détourne un acronyme pour lui, il est l'incarnation du BYODKM, pour Bring Your Own Display, Keyboard and Mouse (Apportez votre propre écran, clavier et souris), détournement du classique BYOD (Apportez votre propre appareil). Le Mac mini va connaître une longue existence, toujours d'actualité, faite de haut et de bas.Quand Steve Jobs le présente lors de la Macworld de janvier 2005, l'idée est simple, c'est le Mac le moins cher jamais vendu, à un peu moins de 500 dollars. Il est censé porter le fer dans le monde des PC et séduire les utilisateurs de Windows, qui pourront s'en servir avec leur clavier et leur souris. Il sera d'ailleurs une des matéralisations réussies de la campagne "Get a mac", qui a si joliment opposé, avec humour, PC et Mac de 2006 à 2009.Sa compacité lui permettra d'être toujours à la pointe des grands bouleversements dans le monde du Mac, que ce soit pour le passage aux processeurs Intel ou l'adoption des puces Apple Silicon. Le Mac mini est un véritable terrain d'expérimentation. Il a ainsi été un des pionniers dans le passage au tout numérique, quand il s'est vu retirer son lecteur de DVD. De même, il a également permis aux ingénieurs d'Apple de travailler à l'intégration de l'alimentation à l'intérieur d'un boîtier compact. Un savoir-faire qui s'avérera précieux pour les iMac notamment.Il est aussi assez évident que sans le Mac mini, le Mac Studio, héritier et remplaçant des Mac Pro ne serait pas là aujourd'hui. Rendu possible par le passage aux puces Apple Silicon, le Mac Studio n'est rien d'autre qu'une réinterprétation de ce que nombre d'utilisateurs faisaient avec le Mac mini quand ils les empilaient pour constituer des mini fermes de calcul ou de rendu. En effet, certains développeurs, monteurs de vidéos, ou scientifiques ont empilé les unités pour obtenir une alternative aux serveurs Apple disparus.Bref, on aurait tort de sous-estimer le Mac mini. Mini, peut-être, mais effet maxi, c'est certain, même plus de 20 ans après son introduction.L'iPod classic, d'Apple © BFM TechiPod (2001): et Apple cessa de n'être qu'une entreprise d'ordinateurs“Ceci n’est pas un Mac". Lorsque, ce 23 octobre 2001, Steve Jobs sort de sa poche un mini-appareil, personne ne sait encore à quel point celui-ci va bouleverser son secteur. Quand l’iPod arrive, le MP3 existe déjà, les lecteurs aussi. Sony et d'autres ont amorcé la révolution dans la façon d’écouter de la musique. Apple va saisir “le petit truc” qui change tout.Son lecteur musical peut embarquer 1.000 chansons. Il s'inscrit dans un écosystème pensé de bout en bout par Steve Jobs qui veut contrôler toute la chaîne, du logiciel au matériel: un logiciel iTunes, une expérience simplifiée pour importer, organiser et transférer sa musique depuis un Mac vers un lecteur de la taille d’un paquet de cartes à jouer. Apple encadre les usages avec des protections (ou verrous) numériques, tout en simplifiant l’achat à l’unité, plus seulement en album entier. Un modèle est d'ores et déjà bouleversé.Entre fin 2000 et mi-2001, en moins de 10 mois, l’iPod - nom rendant hommage à la capsule Pod de 2001, l’Odyssée de l’espace - voit le jour. Il naît de la compilation de plusieurs idées: Apple obtient les droits exclusifs d’un disque dur de 1,8 pouce développé par Toshiba, fait venir Tony Fadell, programmeur un peu décalé qui a déjà tenté de vendre en vain une idée de lecteur à Sony ou encore Philips, et suit l'intuition de Phil Schiller avec sa molette pour naviguer dans les menus. Jonny Ive intervient pour définir le design iconique de l’iPod. Les débuts de l'iPod sont compliqués. Il ne fonctionne qu’avec un Mac à une époque dominée par les PC Windows. Apple finit par céder en 2003 et l'iPod s'ouvre aux PC. Le succès est immédiat.Les maisons de disques se laissent, elles, séduire par le chant des sirènes de l’iTunes Store et la simplicité de ce petit appareil qui promet de protéger les titres du piratage. U2 aura droit à sa version spéciale de l’iPod, qui représente désormais 40% des bénéfices d’Apple et fait entrer l'entreprise dans une autre dimension.Plus petit, plus fin, plus grand, tactile, avec de la vidéo: l’iPod va en voir de toutes les formes et toutes les couleurs durant 20 ans. Le 10 mai 2022, Apple m
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