● Numerama 📅 04/04/2026 à 14:02

« Une solution qui marche » : l'armée française creuse plusieurs pistes pour détruire les drones Shahed

Géopolitique 👤 Gabriel Thierry
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Lecture Zen Résumer l'article Depuis février 2026, Téhéran mise sur des salves massives de drones kamikazes Shahed-136 à bas coût pour saturer les défenses, après avoir tiré 3 580 drones et 1 510 missiles. Le différentiel économique est cinglant, quand une frégate française emploie des missiles Aster à plusieurs millions pour abattre des cibles d’environ 20 000 dollars. En riposte, la DGA accélère une défense anti-drones multi-couches, privilégiant des contre-mesures bon marché et testant des drones intercepteurs français en conditions réelles. Depuis février 2026, Téhéran mise sur des salves massives de drones kamikazes Shahed-136 à bas coût pour saturer les défenses, après avoir tiré 3 580 drones et 1 510 missiles. Le différentiel économique est cinglant, quand une frégate française emploie des missiles Aster à plusieurs millions pour abattre des cibles d’environ 20 000 dollars. En riposte, la DGA accélère une défense anti-drones multi-couches, privilégiant des contre-mesures bon marché et testant des drones intercepteurs français en conditions réelles. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Pas cher, le drone kamikaze iranien oblige les armées à revoir leur stratégie de défense pour ne pas gaspiller leurs onéreux missiles. C’est la riposte iranienne à l’opération militaire américaine et israélienne. Depuis le lancement des hostilités à la fin du mois de février, le régime des ayatollahs a tiré, selon un dernier décompte d’un think-tank américain, le Jewish Institute for National Security of America, 1817 missiles balistiques et 4211 drones, d’abord en direction des Émirats arabes unis. Cette façon de bousculer ses adversaires en déstabilisant le secteur de l’énergie et donc l’économie mondiale, passe par l’emploi d’une arme iranienne éprouvée : le drone kamikaze Shahed-136. Cet appareil aux ailes en delta a une envergure de 2,5 mètres et une longueur de 3,5 mètres. Son usage a d’abord été documenté au Yémen en janvier 2021. Il est devenu ensuite connu à la faveur de son emploi massif en Ukraine par la Russie. Certes, le Shahed-136 (martyr en persan) et son équivalent russe Geran-2 (géranium en russe), sont plus lents (moins de 200 km/h) et vulnérables que des missiles de croisière, à portée (environ 2 000 km) et trajectoire équivalentes. Mais ils ont un atout de poids, leur rusticité. « La véritable révolution capacitaire portée par ces nouveaux drones se trouve dans leur prix, de l’ordre de quelques dizaines à une centaine de milliers de dollars, et dans leur simplicité de fabrication », résumait le chercheur Guillaume Furgolle dans une étude publiée par l’Institut français des relations internationales (IFRI). Pour aller plus loin Iran : pourquoi le pays a soudainement disparu des radars Internet ? Occuper les défenses pour que d’autres attaques passent Résultat : avec cette arme à bas coût, l’Iran attaque ses adversaires au porte-monnaie. Une équation financière douloureuse expérimentée par les armées françaises. Ainsi, en décembre 2023, la frégate multi-missions Languedoc, qui opérait en mer Rouge, doit tirer ses précieux missiles Aster, dont le coût est de l’ordre de plusieurs millions d’euros, pour détruire deux drones Shahed d’une valeur de 20 000 euros l’unité, évaluait dans un rapport parlementaire Thomas Gassilloud. Une stratégie gagnante pour un attaquant, remarquait le député (Ensemble pour la République). Ces drones à bas coût constituent également un péril bien concret, en témoigne la mort de l’adjudant-chef Arnaud Frion, tué par une attaque de drone dans la région d’Erbil en Irak. Mais ils peuvent aussi servir plus simplement à « occuper le terrain pour permettre à d’autres vecteurs de passer », signale à Numerama Victor Masson, chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique. Le lancement d’une salve de drones contraint en effet l’adversaire à dévoiler et à user ses défenses sol-air, un scénario vu en Ukraine qui se répète à nouveau avec les frappes iraniennes au Moyen-Orient. Pour faire face à cette menace, qu’il faut d’abord détecter et ensuite intercepter, la direction générale de l’Armement (DGA), les ingénieurs des armées françaises, mise désormais sur la diversification des solutions. Tout d’abord, la mise en place d’un pacte « Drones » en 2024 pour travailler avec tout le secteur aurait permis de bien identifier les différents moyens de lutte. La DGA a également lancé en décembre 2025 son centre référent de lutte anti-drone pour tester des solutions, des projets les plus futuristes aux plus basiques. Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par YouTube. Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l’usage étant opéré par YouTube avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l’amélioration des produits d’Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l’audience de ce site (en savoir plus) En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et ses partenaires. Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies. J’accepte tout Gérer mes choix Roquettes et canons Au-delà des recherches sur le laser, plus prospectives, les armées imaginent ainsi de revoir leurs roquettes. Ces engins explosifs avaient au départ été imaginés pour frapper une cible au sol. Il s’agit désormais de transformer ces vecteurs à bas coût, bien moins chers qu’un missile, en engins air-air, pour détruire en vol des drones Shahed. Un chantier qui avait débuté l’an passé et qui devrait déboucher rapidement sur des munitions pouvant équiper des hélicoptères d’attaque Tigre ou des avions de chasse. Enfin des essais ont été faits pour l’interception de drones Shahed au canon, que ce soit celui d’un hélicoptère Tigre ou avec les mitrailleuses des Gazelle, Cougar et Caïman. Une solution qui marche, estime la DGA. Des interceptions de ce type menées par la Marine nationale ont déjà été signalées en mars 2024 ou en avril 2025, prolongées selon « La Lettre » par une validation récente du concept par l’armée de l’air et de l’espace. « Cela donne plutôt de bons résultats, mais il faut être sur la zone du drone, et il y a la question des débris » résultant de l’engagement, avec un risque de dégâts collatéraux, observe Victor Masson. لقطات تظهر اعتراض وتدمير الدفاعات الجوية الإماراتية طائرات مسيّرة إيرانية حاولت استهداف الدولة.لا تهاون بأمن الوطن وسيادته… والقوات المسلحة الإماراتية جاهزة لردع أي تهديد.Footage showing the UAE’s air defences intercepting and destroying Iranian UAVs that attempted to… pic.twitter.com/vvHmZkcBri— وزارة الدفاع |MOD UAE (@modgovae) March 8, 2026 Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Twitter. 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J’accepte tout Gérer mes choix L’ère des drones intercepteurs C’est la raison pour laquelle l’Ukraine, sous le feu de ce genre de drones depuis quatre ans, a développé des drones intercepteurs. Une piste inspirante pour les ingénieurs de l’armement français, qui ont passé des commandes auprès d’Alta Ares et d’Harmattan AI. La première entreprise a signalé il y a peu, en février, les vols réussis de son drone intercepteur « Black Bird ». La seconde commercialise le « Gobi », un drone de combat à grande vitesse. Des produits qui seraient à la fois testés dans le centre de la DGA et sur le théâtre d’opérations moyen-oriental, en conditions réelles, pour gagner du temps. Le géant européen Airbus a également dégainé son propre intercepteur, le « Bird of Prey ». Reste qu’il s’agit de ne pas traîner du côté de la riposte. Les autorités des Émirats arabes unis ont ainsi signalé début mars avoir intercepté des centaines de drones Shahed-136, mais aussi des drones plus évolués, les Shahed-238, un engin plus rapide équipé d’un réacteur et de brouilleurs. « En Ukraine, le délai moyen entre l’apparition d’une nouvelle technologie drone et le développement d’une parade est de l’ordre de six semaines », avait prévenu un général en novembre 2025 lors d’une audition à l’Assemblée nationale. Par exemple l’équipement de caméras arrière sur des drones Shahed, « en réponse au développement technique de drones suicides chargés de les intercepter ». Soit l’éternelle bataille du glaive et du bouclier à la sauce high-tech. Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! Installer Numerama Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer ! 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