● BFM Tech 📅 03/04/2026 à 17:52

SpaceX s’en prend à Amazon Leo et accuse son concurrent de faire voler ses satellites trop près des siens, dans ce qui ressemble à une bataille sans fin…

Géopolitique
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Dans un courrier envoyé à la FCC, l'autorité américaine des télécommunications, SpaceX a accusé son concurrent Leo de "négligence". En cause, une altitude qui ne serait pas la bonne pour les satellites de la filiale d'Amazon.Face à Starlink, Amazon lance depuis quelques mois sa propre galaxie de satellites dédiés aux télécommunications. D'abord appelée Kuiper, cette filiale a pris le nom de Leo, et multiplie les vols de fusées (via un accord avec Arianespace) pour rattraper son retard. Mais pour SpaceX, qui détient Starlink, son concurrent ne respecte pas les règles, rapporte Arstechnica.Dans un courrier envoyé aux autorités américaines, dont la FCC (l'autorité de régulation des télécommunications), l'entreprise dirigée par Elon Musk argue que les lancements récents "augmentent inutilement et considérablement les risques pour d'autres appareils et vaisseaux spatiaux habités." SpaceX estime qu'Amazon place ses satellites à la mauvaise altitude ce que celui-ci dément formellement.Amazon dénonce des accusations sans fondementPour Amazon, la réaction de SpaceX se fait entendre seulement depuis que ce dernier a commencé à redéployer ses propres satellites. Si Amazon avait décidé de suivre ce mouvement, les lancements de Leo auraient été retardés d'au moins un mois.SpaceX explique dans sa lettre que les satellites Leo sont placés de 50 à 90 kilomètres de l'orbite sur laquelle ils devaient initialement être.Dans sa déclaration initiale auprès de la FCC, et qui date de 2021, Amazon avait expliqué que ses satellites devaient être envoyés à plus ou moins 400 kilomètres de la Terre afin d'être déployés, puis d'atteindre une altitude orbitale comprise entre 590 et 630 kilomètres pour fonctionner normalement. Mais SpaceX explique que son concurrent ne respecte pas ces distances.En réponse, Amazon précise que des modifications ont lieu "en temps réel" notamment pour "atténuer les risques de collision". Un point validé par la FCC, même si l'autorité avait demandé à ce qu'Amazon se coordonne avec SpaceX. Mais pour ce dernier, le lancement en février de satellites Leo via Ariane 6 a envoyé les appareils trop haut, entraînant "des risques indéniables de collisions avec des dizaines d'autres appareils spatiaux opérationnels".Les débris orbitaux au coeur de la bataille spatialeSur ce point, SpaceX note dans sa lettre qu'Amazon n'aurait pas mis à jour son plan pour atténuer les débris orbitaux, pas plus qu'il n'avait fourni d'informations "suffisamment précises".Des accusations formellement démenties par Amazon, qui pointe du doigt "les faits", qui démontreraient que tout a été réalisé "de manière transparente" en accord avec "les normes de sécurité établies".Selon l'entreprise américaine, le lancement de février s'est fait "conformément" à son dossier de licence de 2021. Elle a toutefois expliqué qu'elle allait davantage communiquer avec SpaceX en s'assurant des altitudes plus basses à partir de la quatrième mission prévue avec Arianespace.Ce n'est qu'une nouvelle guerre de communication entre les deux entreprises qui s'accusent depuis plusieurs mois de divers maux, l'une prétextant que ce serait pour retarder ses déploiements et inversement en cherchant à contourner les procédures en vigueur de la FCC.Mais la question des débris orbitaux devient de plus en plus urgente. Ce sont en effet des dizaines de milliers de déchets qui orbitent autour de la Terre et que doivent prendre en compte les satellites. Deux cas d'explosion, causant de nouveaux déchets, ont été recensées en moins de trois mois du côté de SpaceX. Et début décembre 2025, l'entreprise d'Elon Musk avait fait part de sa consternation après qu'un lancement chinois avait failli toucher l'un de ses appareils.La situation ne devrait pas s'améliorer avec le temps. SpaceX a déposé une demande pour envoyer dans l'espace jusqu'à un million d'appareils. Amazon a répliqué en la dénonçant, ce qui a fortement déplu à Brendan Carr, patron de la FCC, proche de Donald Trump et d'Elon Musk.Les plus lusDes désaccords de plus en plus marqués et des moqueries à répétition: Emmanuel Macron, "l’ami" de Donald Trump devenu sa cible favorite"Apologie du terrorisme", drogue de synthèse, immunité parlementaire: ce que l'on sait de la garde à vue de Rima HassanSalaire de 68.433 dollars la première année, logement gratuit... La Russie fait des ponts d'or aux étudiants pour les inciter à rejoindre les unités de drones combattant"Un chanteur médiocre et très ennuyeux": Donald Trump répond à Bruce Springsteen, virulent opposant à sa politiqueAlgérie ou Cameroun? Mbappé livre son choix de sélection s’il n’avait pas opté pour la France
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