● Courrier International
📅 03/04/2026 à 16:40
“Banksying”, la tendance toxique qui consiste à laisser mourir une relation à petit feu
Data Science
DESSIN DE COST PARU DANS LE SOIR, BRUXELLES. Love, etc. “Banksying”, la tendance toxique qui consiste à laisser mourir une relation à petit feu 3 avril 2026 C’est un peu comme une agonie. Laisser la flamme se mourir peu à peu, jusqu’à ce que la rupture devienne inévitable. Et dans le dictionnaire des comportements toxiques élaboré par les réseaux sociaux, ça a un nouveau nom : le banksying. Si laisser pourrir une relation jusqu’à ce que séparation s’ensuive n’a rien de tout à fait inédit (qui n’a jamais péché jette la première pierre), le banksying est en vogue dans le monde des rencontres. “Attention si vous cherchez l’âme sœur, un nouveau genre de relation toxique vient de faire son apparition”, prévient même le site du quotidien américain USA Today. D’abord, répondons à la question que tout le monde se pose : pourquoi ce nom ? “Il est formé à partir de Banksy, cet artiste urbain célèbre pour ses œuvres qui apparaissent souvent comme sorties de nulle part, et qui ne sont pas toujours facile à déchiffrer”, résume le quotidien américain. Un mur signé Banksy, artiste urbain actif depuis les années 1990, dont l’identité exacte demeure inconnue et qui a donné son nom à une nouvelle tendance : le “banksying”. Laisser mourir une relation n’a rien d’inédit mai c’est devenu un comportement en vogue. PHOTO ALAMY “Ce concept de banksying faitréférence à la mise à mortlente mais programméed’une relation amoureuse,sans que l’un des partenairesn’en prenne conscienceavant la toute fin.” Le quotidien espagnol El País Dans un article consacré au banksying, le quotidien madrilène El País cite une étude publiée dans le Journal de psychologie sociale et comportementale et intitulée “Comment la satisfaction amoureuse s’effondre avant une rupture”. On y apprend que le crépuscule d’une relation se déroule généralement en deux phases : la phase initiale préterminale, qui peut durer plusieurs années, et la phase terminale, qui dure entre sept à vingt-huit mois. “C’est souvent parce quel’autre personne esttrès dépendante sur le planémotionnel et financier.Elle a tendance à faire durerla relation dans de mauvaisesconditions afin de forcerson ou sa partenaireà prendre seul la décisionde rompre.” María Moragón, psychologue spécialisée dans les relations interpersonnelles et familiales, au quotidien madrilène El País D’après Teresa Pousada, psychologue spécialiste des dysfonctionnements émotionnels, la durée de l’agonie dépend “de l’endurance psychologique de chacun des partenaires, mais peut s’étaler sur des années.” À Tarzana, en Californie. “Ce sont des gens incapables de prendre des décisions, et donc ils préfèrent laisser la main à leur partenaire, peu importent les conséquences ou le temps que ça prend”, estime María Moragón auprès d’“El País”. PHOTO TAYLOR GLASCOCK/THE NEW YORK TIMES “Ils ont peur de faire souffrirleur partenaire et ils ontle don pour toujours remettreles mêmes disputes surle tapis, sans jamais êtreconstructif. Mais ils peuventcontinuer comme ça pendantdes années.” Teresa Pousada psychologue spécialiste des dysfonctionnements émotionnels, au quotidien espagnol El País “Ce sont des gens incapables de prendre des décisions, et donc ils préfèrent laisser la main au partenaire, peu importent les conséquences ou le temps que ça prend”, ajoute María Moragón, psychologue spécialisée dans les relations interpersonnelles et familiales. “La peur de la solitude entre également en jeu, c’est pourquoi les adeptes du banksying enchaînent les relations, et parfois continuent à en entretenir deux à la fois jusqu’à ce que la moins satisfaisante finisse par mourir. Ces personnes ne peuvent pas vivre seules.” “Les gens supportentde moins en moinsles conflits et ce typede comportementen est la preuve.” Amy Chan, coach, au quotidien américain USA Today Tatouage cœur brisé. “De nombreuses personnes décident de mettre fin à une relation, tant émotionnellement que psychologiquement, avant d’en parler ouvertement”, souligne “El País”. PHOTO ADAM POWELL/THE NEW YORK TIMES Que faire ? Tout dépend de si l’on est acteur ou victime de banksying. Dans le premier cas, une thérapie peut être une bonne façon d’apprendre à identifier et à communiquer sur ce qui a achoppé dans la relation. Dans le second, même si les auteurs “ne le disent peut-être pas franchement, leur comportement est révélateur”, rappelle Amy Chan. Car comme souvent (pour ne pas dire toujours) il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour.— [Cette story a été publiée pour la première fois sur notre site le 19 juillet 2025, et republiée le 3 avril 2026] Éloïse Duval À lire aussi : Love etc.. En amour, la taille compte (malheureusement) toujours À lire aussi : Love, etc. Comment réussir un premier “date” ? À lire aussi : Love, etc.. Lasse des “situationships”, la Gen Z veut mettre les choses au clair
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