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📅 03/04/2026 à 10:14
Oracle et l'IA : à investissements massifs, licenciements massifs
Cybersécurité
👤 Clément Bohic
« Oracle a 47 ans. Larry, il a toujours la même niaque, la même vision. Et la boîte n’a jamais été aussi forte financièrement qu’aujourd’hui. » Christophe Negrier, DG France, s’en était vanté en novembre dernier, dans la lignée de l’AI World. L’entreprise sortait effectivement d’un exercice largement bénéficiaire (12,4 Md$). Et son carnet de commandes atteignait un niveau historique (plus de 300 Md$), avec le projet Stargate en toile de fond. Cet exercice fut néanmoins aussi le premier depuis plus de 30 ans à se clore sur un flux de trésorerie négatif (-394 M$). La conséquence d’une nette hausse des capex, ayant plus que triplé sur un an, à près de 22 Md$. Lire aussi : TikTok US : pourquoi Oracle et ses partenaires lâchent 14 milliards $ À cela s’ajoutait, pour l’exercice 2026, un plan de restructuration d’un montant sans précédent : environ 1,6 Md$. Il y avait également la dette, qui venait de dépasser 100 Md$. 30 000 postes : d’où vient cette estimation ? Depuis, le carnet de commandes s’est encore rempli (plus de 500 Md$). Et Oracle dégage toujours plus de bénéfices (3,7 Md$ sur son dernier trimestre fiscal). Mais la dette a franchi un nouveau seuil. Elle s’elève désormais à plus de 150 Md$. Y contribuent notamment des projets au Texas (23 Md$), au Nouveau-Mexique (18 Md$) et dans le Wisconsin (15 Md$) avec Vantage Data Centers. BNP Paribas et Société Générale sont impliqués. Quant au plan de restructuration, son enveloppe a été portée à 2,1 Md$. Dans ce contexte, une estimation s’est imposée : Oracle supprimerait 30 000 postes. Il s’agit en fait du haut d’une fourchette que TD Cowen a communiquée en janvier. La banque d'investissement parlait de 20 000 à 30 000 postes, pour 8 à 10 M$ d'économies. Elle calculait que les engagements d'Oracle sur le volet infrastructure lui en coûteraient au bas mot 156 Md$. Cette estimation, associée aux doutes du marché sur la capacité d'OpenAI à honorer ses 1,4 Md$ d'engagements financiers, avait poussé plusieurs banques américaines à prendre leurs distances avec les projets datacenter d'Oracle, ajoutait TD Cowen, qui pointait aussi une certaine frilosité des banques asiatiques. Les profils (très) seniors, pas épargnés Cette semaine, la charrette a pris forme. Sur LinkedIn et au-delà, quantité d'employés d'Oracle en ont témoigné. Y compris des profils seniors. On a ainsi mis sur la touche une directrice du développement logiciel présente depuis 14 ans, un directeur ONSR (Oracle National Secure Region) là depuis 30 ans, une Security Alert Manager ayant 33 ans d'ancienneté, etc. Lire aussi : Oracle revient à une direction bicéphale Le volume de désactivations de comptes sur le Slack interne accrédite l'estimation de 30 000 postes. Les divisions RHS (Revenue and Health Sciences) et SVOS (SaaS and Virtual Operations Services) apparaissent particulièrement touchées. Comme le centre de développement NetSuite en Inde. La vague ne semble pas avoir - pour le moment ? - atteint l'Europe. À fin mai 2025, Oracle employait quelque 162 000 personnes. Cette nouvelle réduction - massive - de l'effectif ne semble pas liée à des considérations de performance. Il faut y voir la volonté de réorienter des investissements vers l'infrastructure... * OpenAI vient tout de même de boucler un tour de table de 122 Md$. Dont 50 Md$ apportés par Amazon, 30 Md$ par NVIDIA et autant par SoftBank. Il a la Bourse en ligne de mire, possiblement pour cette année. Illustration générée par IA
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