● Courrier International
📅 03/04/2026 à 09:21
“Eh, toi !” : l’Allemagne veut en finir avec la “tyrannie du tutoiement”
Géopolitique
La une de l’hebdomadaire allemand “Der Spiegel” daté du 2 avril 2026. Der Spiegel “Tutoiement ou vouvoiement ?” s’interroge l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, dans son édition parue le 2 avril. Alors qu’en Allemagne le Du (“tu”) semblait l’avoir emporté sur le Sie (“vous”), “cette pseudo-familiarité plonge beaucoup de gens dans l’incertitude, provoque des malentendus et crée un désir de distance au travail”, constate Sebastian Hammelehle. Et, selon le journaliste, la volonté d’en finir avec “la tyrannie du tutoiement”, ainsi que le “désir de respect”, émane aussi des jeunes générations. À lire aussi : Éducation. “Ma fille s’est mise à me vouvoyer” : au Québec, le vouvoiement devient obligatoire à l’école “Dans la publicité, les offres d’emploi, sur les messageries instantanées, dans les transports publics”, mais aussi “dans les entreprises, les rédactions” et même en politique, “le ‘tu’ donne le ton de la communication publique”, écrit Sebastian Hammelehle. Au-delà de la question de la politesse, le journaliste y voit une volonté de dépasser le système d’antan, où le vouvoiement permettait de montrer son rang. Car le “tu” suggère l’ouverture à l’autre, la proximité. Outre-Rhin, cette tendance ne va pas de soi, rappelle le Spiegel. Après un premier tournant dans la seconde moitié du XXe siècle, en partie sous l’influence de la culture américaine en Allemagne de l’Ouest après la Seconde Guerre mondiale, l’implantation d’entreprises scandinaves aurait également contribué à populariser l’idée d’une société “plus décontractée”. Une illusion de proximité Pour le mieux ? Le journaliste en doute. Car les pratiques ne se sont pas pour autant unifiées, perturbant notamment les non-natifs apprenant l’allemand. Exemple frappant : “La Deutsche Bahn tutoie quand elle recherche du personnel, mais vouvoie les passagers quand ils achètent un billet. Sur son site, tantôt elle tutoie, tantôt elle vouvoie sa clientèle, selon le lien sur lequel on clique.” À lire aussi : Controverse. Doit-on abolir le vouvoiement au travail ? “On a besoin de toi !” ; “On se tutoie !” : dans un contexte professionnel, le tutoiement peut être plus oppressant que libérateur, surtout s’il est imposé par la hiérarchie, fait remarquer Der Spiegel. Benjamin Bartz, consultant de 38 ans, évoque un “caractère informel de façade”, visant à “faire effet vis-à-vis de l’extérieur”, et non une “véritable proximité”. Robert Eberhardt, libraire, raconte, lui, avoir eu affaire à un milliardaire hambourgeois qui tutoyait ses employés, les appelait même par leur prénom, mais a tout de même fini par presque tous les licencier. Ainsi, sans revenir à un formalisme permanent, un vouvoiement plus courant permettrait de conserver une nécessaire “distance”, note Hammelehle. Après tout, nos collègues, professeurs ou voisins ne sont pas tous des amis avec lesquels on partagerait volontiers une “petite bière”, conclut le journaliste. Langues Travail Europe Nos lecteurs ont lu aussi Streaming. Jusqu’où Netflix est-il prêt à aller pour nous garder connectés ? Pendant que vous dormiez. Rima Hassan, détroit d’Ormuz et RDC : les informations de la nuit Espace. La mission Artemis 2 permettra aussi de faire des expériences Enquête. Le chantage de l’administration Trump pour nouer un “accord secret d’expulsion” avec le Cameroun Source de l’article Der Spiegel (Hambourg) Lancé en 1947, ce grand hebdomadaire indépendant a choisi la ligne du journalisme d’investigation, révélant plusieurs scandales politiques. Il est le magazine d’actualités le plus diffusé en Allemagne. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article →
🔗 Lire l'article original
👁️ 0 lecture