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📅 02/04/2026 à 15:34
KAIROS, ULTRAPLAN... Ce que révèle le leak de Claude Code
Intelligence Artificielle
👤 Clément Bohic
Rêveur, clandestin, psychologue à base de regex… Claude Code est un peu tout cela. La preuve avec… le code source de son CLI, qui a fuité. Mardi 31 mars, Anthropic a publié une nouvelle version de l’outil (2.1.88). Moins d’une demi-heure plus tard, un chercheur en sécurité a détecté, dans l’arborescence npm, un fichier cli.js.map. Ce fichier est un source map. Il fait le pont entre le code source et le code compilé pour faciliter le débogage. Pour Claude Code, Anthropic a choisi le runtime Bun, dont il a fait l’acquisition en décembre dernier. Cet environnement crée automatiquement des source maps, y compris en production. Il faut donc penser à créer une exception, par exemple au niveau du fichier .npmignore. Dans le cas présent, cela n’a pas été fait. Lire aussi : OpenAI, Anthropic et Perplexity livrent bataille sur la santé « Notre processus de déploiement comprend quelques étapes manuelles, dont une qui ne s’est pas faite correctement », a reconnu le directeur de Claude Code. Au-delà des éléments qu’il exposait, le fichier pointait vers un zip dans un bucket Cloudflare R2 en accès public… et qui contenait le code source. Au total, plus d’un demi-million de lignes sur quelque 2000 fichiers. Au menu, prompts système, logique d’orchestration des agents, implémentation de l’authentification, gestion des outils et des limites de débit, etc. Ainsi que des dizaines de commandes, de drapeaux et de variables d’environnement non documentés. Claude code source code has been leaked via a map file in their npm registry! Code: https://t.co/jBiMoOzt8G pic.twitter.com/rYo5hbvEj8 — Chaofan Shou (@Fried_rice) March 31, 2026 Un mode « clandestin » pour les contributions publiques Parmi les fonctionnalités cachées tient, en une centaine de lignes, un mode « Undercover ». Réservé aux employés d’Anthropic, ce mode « clandestin » impose à Claude de ne jamais inclure certains éléments internes dans ses contributions sur des dépôts publics. Entre autres, noms de projets, d’outils et de canaux Slack, ainsi que numéros de version de modèles non publiés. L’expression « Claude Code » est également bannie… tout comme, plus globalement, toute mention qui pourrait laisser penser qu’une IA a contribué. Le mode Undercover apparaît non désactivable. Il s'enclenche automatiquement dès lors que le système ne peut pas confirmer qu'il est dans un dépôt privé. KAIROS ou le démon Claude Code Claude Code a aussi un mode « Coordinator ». Il divise le travail de recherche, d'implémentation et de test entre des sous-agents qui communiquent par messages XML et ont accès à un dossier de connaissances partagé. Le côté « rêveur » consiste, sur le modèle du cerveau humain lors des phases de sommeil, en une consolidation de la mémoire. Il ne s'enclenche que si, depuis la consolidation précédente, au moins 24 heures se sont écoulées et au moins 5 sessions Claude Code ont été lancées. KAIROS met ce mécanisme en œuvre en le déléguant à un sous-agent. Dans ce mode, Claude Code s'exécute en arrière-plan, tel un service système, pour surveiller le projet en continu. Régulièrement, il décide d'agir ou non, en s'abstenant de toute action qui bloquerait un workflow utilisateur plus de 15 secondes. Lire aussi : IA militaire : en refusant le Pentagone, Anthropic conquiert le grand public Autre fonctionnalité que révèle le code source : ULTRAPLAN. Avec elle, Claude Code envoie les tâches complexes à un environnement Opus distant, pour un traitement pouvant durer jusqu'à 30 minutes. La mémoire de Claude Code s'architecture en trois couches. La seule perpétuellement présente dans la fenêtre de contexte est un index de pointeurs. Les transcriptions ne sont jamais chargées complètement (on n'y fait que du « grep »). Entre les deux, il y a des topic files, récupérés à la demande. Based on everything explored in the source code, here's the full technical recipe behind Claude Code's memory architecture: [shared by claude code] Claude Code’s memory system is actually insanely well-designed. It isn't like “store everything” but constrained, structured and… pic.twitter.com/PlGRvuvkts — himanshu (@himanshustwts) March 31, 2026 Chicago, Capybara... Des noms de code en pagaille Pour gérer la frustration des utilisateurs, pas d'algorithmes avancés d'analyse de sentiment : juste du pattern matching, à l'appui de regex. Dans le même esprit, Claude Code dispose d'un mode « minimaliste » permettant de désactiver notamment la mémoire automatique, le raisonnement et les tâches en arrière-plan. Il a aussi des kill switchs. Par exemple pour le mode vocal. Ou pour désactiver la fenêtre étendue (1 million de tokens) dans un contexte de conformité HIPAA. Le code source révèle quelques noms internes. Parmi eux, « Chicago », attribué à la brique Computer Use. Ou Capybara. Alias Mythos, semble-t-il. C'est en tout cas sous ce nom que ce modèle vraisemblablement positionné au-dessus d'Opus avait fuité la semaine dernière. Une erreur sur le site web donnait accès à des milliers de fichiers non publiés, dont un billet de blog sur Mythos/Capybara. L'analyse du code source révèle aussi diverses protections. Dont un contre la distillation. Le système intègre de fausses définitions d'outils dans les requêtes API pour compromettre l'entraînement d'autres modèles. Anthropic a aussi intégré un mécanisme qui protège la chaîne de pensée (l'API ne retourne, à chaque appel, que des résumés). Sur le volet télémétrie, Claude Code exploite 4 canaux : OpenTelemetry, GrowthBook, Sentry et Statsig. Il tatoue toutes les requêtes avec un sel codé en dur. Lire aussi : IA militaire : le Pentagone lance un ultimatum à Anthropic...qui répond Non La mécanique des forks enclenchée malgré les requêtes DMCA Anthropic n'a pas tardé à déposer une requête DMCA auprès de GitHub. Elle visait le miroir principal du code leaké (nirholas/claude-code) et tous ses forks. Résultat : plus de 8000 dépôts désactivés... dont des victimes collatérales qui avaient forké des éléments du projet open source. Anthropic a corrigé le tir le lendemain, recentrant sa demande sur le miroir principal et sur une centaine de forks. Il n'a pas ciblé claw-code, qui a pourtant accumulé plus de 100 000 étoiles en quelques heures. Et pour cause : le projet réimplémente l'architecture de Claude Code (en Python) sans en reprendre le code source. Il en existe également une implémentation en Rust. Dans un autre genre, il y a le dérivé Open Claude qui remplace les liaisons API par un adapteur gérant d'autres modèles. Ou ce fork qui enlève la télémétrie et les garde-fous tout en activant l'ensemble des fonctionnalités expérimentales. Illustration générée par IA
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