● Courrier International
📅 02/04/2026 à 06:11
Face aux Américains, Trump défend sa guerre en Iran, sans rien annoncer de nouveau
Géopolitique
Le président américain Donald Trump prononce une allocution à la nation sur la guerre en Iran, à la Maison-Blanche (Washington), le 1er avril 2026 (Alex Brandon/Pool via REUTERS). Alex Brandon / via REUTERS “Confronté à des vents contraires sur les plans économique et politique, un mois après avoir lancé une attaque surprise contre l’Iran”, Donald Trump “a défendu mercredi soir ce conflit de plus en plus impopulaire” aux États-Unis, tout en assurant au pays que l’activité militaire au Moyen-Orient “touchait à sa fin”, observe The Washington Post. Dans une allocution solennelle prononcée depuis la Maison-Blanche, le président américain a déclaré que les États-Unis étaient “en bonne voie” pour atteindre tous leurs objectifs militaires “bientôt, très bientôt”, mais qu’avant cela, les attaques redoubleraient d’intensité, selon le quotidien de la capitale. “Nous allons les frapper extrêmement fort”, a-t-il affirmé. “Au cours des deux à trois prochaines semaines, nous allons les renvoyer à l’âge de pierre”. “Au cours des quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté sur le champ de bataille des victoires rapides, décisives et écrasantes”, a-t-il déclaré, assurant qu’après 32 jours d’opérations militaires, l’Iran ne constituait “vraiment plus une menace”. Il a en outre réaffirmé que les négociations continuaient avec l’Iran – ce que dément Téhéran –, et qu’il frapperait les installations énergétiques de la République islamique si les discussions n’avançaient pas comme il le souhaitait. “Non-événement” “Nous attendions des réponses quant au temps que durera encore cette guerre” et il semble que ce sera “deux ou trois semaines”, écrit pour sa part le correspondant à la Maison-Blanche d’Al-Jazeera. Mais “comment les États-Unis vont-ils en sortir ? Ce n’est pas entièrement clair”. “Et qu’adviendra-t-il du détroit d’Ormuz ? Trump semble suggérer qu’il incombe aux autres pays d’en assurer la sécurité, que les États-Unis ont fait leur travail et qu’il appartient désormais à tous les autres de s’impliquer et de faire le leur”, ajoute-t-il. En résumé, “il n’y a eu aucune nouveauté dans le discours très attendu de Donald Trump”, constate El País. “Pas plus qu’il n’y a eu de nouvelles attaques contre des alliés de l’Otan, contre lesquels il s’était déchaîné quelques heures auparavant”. “L’actualisation importante” sur le conflit, promise par la Maison-Blanche avant la prise de parole du président, “ne fut rien d’autre que cela, une actualisation pour appeler à la patience”, et “répéter”, de façon “un peu plus ordonnée que d’habitude, ses déclarations des derniers jours”. C’était un “non-événement”, renchérit Le Temps. “Habitué des discours fleuves, le président des États-Unis s’est présenté d’un air las à son pupitre aux alentours de 21 heures. Avant de lire diligemment son prompteur pendant vingt minutes sans annoncer quoi que ce soit de neuf. Puis de s’en aller sans prendre de questions”. “Rien n’a été dit de précis sur la suite des opérations, ni sur le calendrier de sortie du conflit”, souligne lui aussi le titre suisse. Les questions économiques effleurées The Wall Street Journal estime au contraire que le locataire de la Maison-Blanche a prononcé “un discours efficace, porteur d’un message persuasif qui devrait lui donner le répit suffisant pour poursuivre sa campagne et atteindre tous ses objectifs de guerre”. Le quotidien conservateur reconnaît que Donald aurait dû présenter ses arguments en faveur de la guerre “dès le départ”, et pas après un mois de conflit – l’entrée en guerre avait été annoncée dans une vidéo préenregistrée dans sa résidence de Mar-a-Lago – mais “il était toutefois essentiel que les Américains les entendent”. Pour The New York Times cependant, ce qu’une bonne partie de ses compatriotes auront surtout remarqué, c’est que “Trump a à peine reconnu les conséquences économiques de sa guerre, alors même que les Américains, à travers tout le pays, continuent de souffrir de la flambée du prix de l’essence”. “Lors des rares occasions où il a abordé ces questions, Trump a largement balayé ces inquiétudes, les qualifiant de temporaires, et a soutenu que l’économie demeurait solide”, constate le quotidien. Courrier international Moyen-Orient Énergie Tensions Iran-États-Unis États-Unis Réveil Iran Politique Pétrole Donald Trump Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Vu d’Israël. Tel-Aviv cesse ses achats d’armes françaises, signe d’une “rupture de plus en plus nette” Guerre. Trump s’exaspère des refus français et européens sur l’Iran Témoignages. “Vous allez nous laisser seuls avec Mojtaba ?” : les Iraniens se sentent lâchés par Trump Analyse. 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