● Courrier International 📅 01/04/2026 à 17:48

La force de l’ONU au Liban est dans une position “intenable”

Géopolitique
Illustration
Des véhicules de la Force intérimaire des Nations unies à Qlayaa, dans le sud du Liban, le 27 mars 2026. PHOTO KARAMALLAH DAHER/REUTERS Face aux incidents qui se sont multipliés ces derniers jours, la mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), déployée depuis 1978 dans le sud du Liban, apparaît de plus en plus “intenable” dans le contexte de guerre entre Israël et le Hezbollah, écrit le journal francophone libanais L’Orient-Le Jour. Au point qu’elle “semble avoir touché à sa fin avant l’heure”. À lire aussi : Vu de Jakarta. Casques bleus tués au Liban : l’Indonésie doit-elle quitter le Conseil de la paix de Trump ? Les dimanche 29 et lundi 30 mars, trois Casques bleus indonésiens, dont le pays fournit le deuxième contingent le plus important de la Finul derrière l’Italie, ont perdu la vie, le premier après l’explosion d’un projectile d’“origine inconnue”, qui pourrait provenir d’un tir israélien, les deux autres, après l’explosion d’une mine. L’armée israélienne, qui dit avoir lancé une enquête, soutient qu’“aucun engin explosif n’a été placé dans la zone par des soldats israéliens” et qu’aucune de ses troupes “n’était présente sur place”. COURRIER INTERNATIONAL/L’ORIENT-LE JOUR/LIVEUAMAP À cela s’ajoute une série d’incidents entre l’armée israélienne et le contingent français de la Finul dans le secteur de Naqoura, où se trouve le quartier général de la force onusienne. Des morts et des incidents ayant poussé la France à demander une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. “Menaces directes” de Tsahal sur les soldats français Le 28 mars au matin, des soldats israéliens positionnés au nord de Naqoura ont pointé leurs armes sur le chef d’état-major de la Finul, le général français Paul Sanzey, ainsi que sur son assistant, qui revenaient de Beyrouth, leur ordonnant de quitter les lieux. Quelques heures plus tard, l’armée israélienne a ouvert le feu sur un convoi logistique auquel des militaires français participaient. En fin d’après-midi, le chef de corps de la Force Commander Reserve, une force de réaction rapide rattaché au commandant de la Finul et armée par un bataillon franco-finlandais, a été ciblé par un tir de char israélien. À lire aussi : À la une du magazine. Israël : la guerre permanente Il s’agit là d’“incidents graves”, a ainsi déclaré le représentant de la France au Conseil de sécurité, Jérôme Bonnafont, lors de son intervention à la réunion d’urgence, retranscrite par le quotidien libanais An-Nahar, condamnant les “menaces directes” et dénonçant l’“attitude agressive”, les “intimidations” et les “atteintes à la sécurité du personnel français” par les soldats israéliens. Dix pays européens, dont la France, ainsi que l’Union européenne ont appelé à garantir la “sécurité et la sûreté” de la force de maintien de la paix de l’ONU, réaffirmant leur “ferme soutien”. “Réduire, voire éliminer” la présence de la Finul Le fait que la Finul soit prise pour cible “ne peut plus être considéré comme une simple erreur de terrain ou un dommage collatéral de la guerre”, écrit le quotidien libanais Al-Liwaa. Ces incidents, qui interviennent dans un contexte d’“escalade” de l’opération de l’armée israélienne dans le sud du Liban, semblent s’inscrire “dans une campagne de pression militaire sur le terrain et politique visant à réduire, voire à éliminer” la présence de la Finul dans cette région. À lire aussi : Une du jour. Le Liban “tourne la page” de la Finul et des armes palestiniennes “Prise en étau”, la force onusienne “semble dépassée par la tournure prise par cette guerre”, écrit L’Orient-Le Jour. Mais jusqu’à preuve du contraire, “sa mission se poursuit, dans la mesure du possible, jusqu’en décembre prochain”, date de la fin de son mandat qui n’avait pas été renouvelé. En théorie, les Casques bleus doivent quitter le sud du Liban en 2027. Et ensuite ? La question se pose d’autant plus qu’Israël a exprimé son intention d’occuper une bande frontalière, rendant, le cas échéant, la présence d’une force tampon de l’ONU sans “plus aucune utilité, à moins qu’elle ne soit envisagée à la nouvelle frontière (sécuritaire) qu’imposerait l’État hébreu”. Courrier international Moyen-Orient Guerre en Iran ONU Sur le même sujet Reportage. Invasion israélienne, tensions communautaires : au Liban, la crainte d’une guerre totale Vu d’Israël. Tel-Aviv cesse ses achats d’armes françaises, signe d’une “rupture de plus en plus nette” Vidéo. 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