● Courrier International 📅 01/04/2026 à 13:35

Achats panique de sacs-poubelle en Corée du Sud : “J’ai eu des altercations avec vingt clients”

Géopolitique
Illustration
Des sacs-poubelle dans un supermarché de Goyang, en Corée du Sud, le 30 mars 2026, alors que les autorités ont voulu rassurer la population sur de possibles pénuries. PHOTO JUNG YEON-JE/AFP Fixant son présentoir à sacs-poubelle complètement vide, M. Kim, propriétaire d’une supérette du quartier de Gangbuk-gu à Séoul, n’en revient toujours pas. “À cette période de l’année, les ventes augmentent un peu en raison des déménagements, mais je n’ai jamais rien vu de tel en vingt ans d’activité.” Son stock, qui en temps normal est suffisant pour un mois entier, a été épuisé en deux jours, raconte le journal coréen The Asia Business Daily, qui évoque “des achats panique”. M. Kim a pourtant tenté de mettre un peu d’ordre. “Les clients insistent pour prendre des dizaines de sacs à la fois, ça me rend fou. J’ai fini par limiter à un sac par personne, mais j’ai eu des altercations avec une vingtaine de clients rien qu’aujourd’hui.” Le 25 mars, au marché de Singi, dans le district de Michuhol à Incheon, le quotidien Chosun a assisté à une ruée similaire. “Une foule de clients se pressait devant une boutique de sacs qui venait d’ouvrir. À l’intérieur, un employé était suspendu au téléphone pour répondre aux commandes, et la pile de sacs en plastique fondait à vue d’œil.” À lire aussi : À la une du magazine. Guerre en Iran : le nouveau choc pétrolier Park Soon-ok, 67 ans, entendait, elle, commander 200 sacs plastique pour son étal de tteokbokki (gâteaux de riz épicés) situé en plein cœur de Séoul, rapporte The Korea Times. “Mes fournisseurs m’ont dit qu’ils ne pouvaient plus s’en procurer. Ils m’ont dit que même si la guerre se terminait aujourd’hui, il faudrait six semaines pour pouvoir être réapprovisionné.” Des sacs-poubelle obligatoires La Corée du Sud est extrêmement dépendante du pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz, en partie fermé depuis le début de la guerre en Iran. Elle importe 45 % de ses besoins en naphta, dont 77 % proviennent du Moyen-Orient, précise le Korea Times. Ce produit liquide issu de la distillation du pétrole est indispensable à la fabrication du plastique. À ces difficultés d’approvisionnement s’ajoute la flambée des prix : “Selon la Korea National Oil Corporation, le prix du naphta sur le marché mondial est passé de 56,9 dollars [49 euros] le baril la première semaine de janvier à 129,7 dollars [112 euros] le baril la semaine dernière, soit une hausse d’environ 127,9 %”, indiquait le Korea Joongang Daily, le 24 mars. À lire aussi : À la une du magazine. Guerre en Iran : comment en sortir ? “La crainte d’une pénurie de produits en plastique gagne du terrain”, constate The Korea Herald, à l’unisson de tous les journaux sud-coréens. Mais plus que tout, ce sont les sacs-poubelle qui sont les plus convoités. Depuis 1995, un système de tarification des déchets en fonction de leur volume est en vigueur en Corée du Sud, rappelle le Korea Times. L’objectif est de réduire la quantité d’ordures et d’accroître le taux de recyclage. Pour ce faire, les foyers sont tenus de se procurer les sacs homologués par l’État et aucun autre. Face à cette “crise des sacs plastique”, comme l’appelle The Asia Business Daily, les autorités se veulent rassurantes. “Vous n’avez pas à vous inquiéter d’une pénurie de sacs-poubelle. Le gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires”, a déclaré, lundi 30 mars, Kim Sung-hwan, ministre du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement, cité par le Korea Times. Parmi ces mesures, si les sacs-poubelle homologués venaient à manquer, le gouvernement autorisera exceptionnellement l’utilisation de sacs classiques. En aucun cas, a-t-il assuré, “les ordures ne s’accumuleront dans les maisons”. François Gerles Guerre en Iran Cours du pétrole Géopolitique Détroit d'Ormuz Déchets plastiques Asie Sur le même sujet En carte. Fermeture du détroit d’Ormuz : les routes maritimes africaines offrent des voies subsidiaires Analyse. Les pays du Golfe poussés à explorer de nouvelles alliances et routes commerciales Guerre en Iran. Des milliers de marins asiatiques coincés dans le Golfe : “Les navires se transforment en prisons” Mer Rouge. Les houthistes du Yémen vont-ils bloquer le détroit de Bab El-Mandeb ? Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article →
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