● Numerama 📅 01/04/2026 à 08:01

Oubliez la nouvelle adaptation d'animation, le vrai chef-d'œuvre Super Mario a 33 ans !

Cybersécurité 👤 Guillaume Leviach
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Lecture Zen Résumer l'article Le film Super Mario Bros. de 1993 est réhabilité et salué pour sa profondeur artistique et son audace, avec une vision dystopique et cyberpunk, loin de l'œuvre originale. Les réalisateurs Annabel Jankel et Rocky Morton ont été injustement critiqués, malgré leurs ambitions de critique sociale et leur maîtrise technique, éclipsées par des attentes mal alignées. L'œuvre explore une esthétique mature, entre critiques de l'impérialisme et du capitalisme américain, et un univers visuellement saisissant qui précède des styles adoptés par des films comme Blade Runner 2049. Le film Super Mario Bros. de 1993 est réhabilité et salué pour sa profondeur artistique et son audace, avec une vision dystopique et cyberpunk, loin de l'œuvre originale. Les réalisateurs Annabel Jankel et Rocky Morton ont été injustement critiqués, malgré leurs ambitions de critique sociale et leur maîtrise technique, éclipsées par des attentes mal alignées. L'œuvre explore une esthétique mature, entre critiques de l'impérialisme et du capitalisme américain, et un univers visuellement saisissant qui précède des styles adoptés par des films comme Blade Runner 2049. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ En ce 1er avril 2026, toute l’attention des millions de fans de Super Mario et de son univers est naturellement portée vers le second film d’animation mettant en vedette le plombier moustachu et ses amis : Super Mario Galaxy Le Film, star incontestable des salles obscures cette semaine (et sans doute pour celles à venir). Il succède, trois ans après, à une première adaptation sobrement intitulée Super Mario Bros. Le Film, à ne pas confondre avec une œuvre du même nom ou presque de trente ans son aînée, d’une maturité rare et terriblement incomprise de la majorité. Vous l’aurez compris : l’heure est venue de réhabiliter Super Mario Bros. (1993). Commençons par un disclaimer nécessaire : de grâce, n’écoutez pas (enfin, ne lisez pas) ce que dit Maxime Claudel. Mon estimé confrère témoignait il y a trois ans d’une méconnaissance du septième art criante en affirmant sans vergogne que « le film Super Mario de 1993 était pire que tout » (sic). Mon très cher Maxime, si je n’ai jamais eu à remettre en cause ta connaissance approfondie et ton expertise du jeu vidéo, je suis contraint et forcé de devoir t’expliquer à travers ces lignes que tu fais fausse route : Super Mario Bros. (1993) est un excellent long-métrage que tu as sous-estimé comme bon nombre de tes confrères et consœurs. Surtout, vous êtes beaucoup trop nombreux à être passés à côté du message d’ensemble qu’a essayé, hélas en vain, de faire passer un jeune couple de réalisateurs quasi inconnus et dont la sévérité de critiques incompétentes en leur temps a totalement plombé une carrière prometteuse. Rattrapés par la dure réalité d’une industrie impitoyable, Annabel Jankel et Rocky Morton n’ont pas connu la carrière de réalisateurs qu’ils méritaient. // Crédit : Nintendo Life Bon, toi Maxime, ça va encore, je ne t’en veux pas, on avait le même âge quand ce film est sorti, et nous étions trop jeunes pour saisir la profondeur d’une œuvre résolument mature (et donc vraiment pas fait pour nous, public de Mardi c’est permis sur M6, où je l’ai vu pour la première fois en 1994), parfois même un peu trop pour adapter un univers de fiction supposément orienté tous publics. Et encore, je persiste toutefois à penser que l’usage de champignons provoquant d’évidentes hallucinations chez un plombier persuadé d’être le héros de tout un peuple destiné à sauver une princesse, ce n’est pas très PEGI 3, mais bon, passons. Je viens de vous spoiler sans vergogne l’ultime plan du film, où Daisy se croit dans Mad Max. Ça vous apprendra à ne pas l’avoir regardé. // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive Quand Super Mario Bros. sort en salles fin mai 1993, les critiques sont négatives, conspuant principalement le manque de fidélité au jeu vidéo. Il y a pour cela une raison bien évidente sur laquelle elles ont refusé de s’attarder, soit par incapacité à comprendre les motivations de cet éloignement du jeu, soit (encore plus probable) par élitisme et mépris d’un univers suscitant encore beaucoup de défiance. Certains médias avaient quand même eu la clairvoyance de saluer la qualité de ses effets spéciaux, conscients des moyens mis en œuvre et du pedigree de son duo de réalisateurs prometteurs. Annabel Jankel et Rocky Morton, également mari et femme, s’étaient en effet illustrés en concevant la première publicité entièrement réalisée en images de synthèse pour Pirelli – une firme dont le slogan est, rappelons-le, « Sans maîtrise, la puissance n’est rien ». Prophétique, là encore. L’introduction de Super Mario Bros. privilégie un style différent de Jurassic Park, sorti en salles deux semaines plus tard. // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive Le pitch (c’est drôle car dans le film, la princesse s’appelle Daisy) de Super Mario Bros. est pour le coup plutôt original et audacieux. Plutôt que d’envisager ce qui ressemblerait à une d’adaptation live-action d’Alice au Pays des Merveilles pleine de couleurs, de créatures stupéfiantes et d’hallucinations visuelles en tous genres, la production opte à la place pour une ambiance cyberpunk dystopique. Après avoir pris le soin de dépeindre le quotidien déprimant de deux plombiers fauchés dans un quartier populaire de New York – et critiqué avec malice le tarif prohibitif des bouteilles d’Évian outre-Altantique (*), se fichant bien du concept de placement de produit – le scénario envoie Mario (quadragénaire moustachu bedonnant en proie à une calvitie avancée) et son frère d’adoption Luigi (John Leguizamo) dans un monde parallèle en proie au chaos le plus total. On rappellera que le film d’animation sorti 30 ans plus tard reprend exactement le même premier quart d’heure de trame. Je dis ça, je dis rien. (*) Il convient de rappeler que les réalisateurs de Super Mario Bros. (1993) sont britanniques, justifiant leur volonté affirmée de critiquer l’impérialisme américain et les dérives du capitalisme tout au long de l’œuvre. Pour s’imprégner de son personnage, John Leguizamo jouait à la SNES entre les tournages. Appréciez l’angle de vue de core gamer et l’écran titre de Super Mario World, connu pour être jouable. // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive Baptisée Dinohattan, cette cité dépeignant un futur terrifiant a pour but de prolonger la vision sombre et froidement réaliste de Big Apple des réalisateurs en livrant un négatif aussi brillant qu’effrayant de Manhattan (on appréciera la subtilité du jeu de mots donnant son nom à cette capitale où se côtoient humains et sauriens). Délabrée, envahie par une mycose gluante géante et régie par une police aussi violente qu’incompétente, cette New York dystopique tente de survivre sous le joug d’un terrible dictateur dont l’attitude despotique, mais aussi l’incapacité chronique à séduire des femmes sans leur consentement, n’est pas sans rappeler un des acteurs les plus anecdotiques de Home Alone (1992). Tantôt roi, tantôt président en quête de réélection, Koopa (Dennis Hopper) est un antagoniste charismatique qui incarne avec brio la désillusion et le désenchantement du rêve américain. // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive Quoique, on est un peu dur : le roi/président (?) Koopa, incarné par l’excellent Dennis Hopper (Apocalypse Now, Blue Velvet) semble partager une liaison étrange avec une femme du nom de Lena, dont l’interprète Fiona Shaw accédera à la postérité en campant la tante Pétunia dans les adaptations de Harry Potter au cinéma. Il découle notamment de leur relation sulfureuse, aux allures de triangle amoureux auquel ni elle ni la princesse Daisy ne consentent, une scène époustouflante de sensualité dans un bain de boue. Le tyran se fend alors d’une des punchlines les plus fascinantes de tout le script, qui en synthétise en vérité l’effrayante et inacceptable beauté : « Sais-tu pourquoi j’aime la boue ? J’adore ce qui est à la fois sale et propre. »King Koopa (Dennis Hooper), dans la VF de Super Mario Bros. (1993) Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par YouTube. Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l’usage étant opéré par YouTube avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l’amélioration des produits d’Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l’audience de ce site (en savoir plus) En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et ses partenaires. Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies. J’accepte tout Gérer mes choix Alors oui, on pourra reprocher à Super Mario Bros. de faire régulièrement l’apologie du mauvais goût, entre sous-entendus douteux, grossophobie (ce n’est pas moi qui le dis, c’est encore Maxime Claudel), costumes traduisant un fétichisme du cuir et du latex évident d’une partie de la production, ou encore gros plans gratuits sur des éléments difficilement explicables à des enfants de moins de 16 ans – Internet n’étant pas encore suffisamment démocratisé en 1993, auquel cas on aurait plutôt fixé cette limite à 12 ans. Clairement, l’objectif de Hollywood Pictures (ou de Lightmotive, à moins que ce ne soit celui de Allied Filmmakers ? de toute façon personne ne sait et tout le monde s’en fout) est de viser un public résolument adulte, ou adolescent dans le meilleur des cas. Mais pas des enfants. À cette jeune femme à qui Mario (oui, c’est Mario) dit « j’suis ton gros riri, ton canari, cogne-moi encore », elle répond un subtile et sensuel « danse avec moi, et je te cognerai toute la nuit ». Oui, oui. // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive Dans ce contexte très spécifique visant à analyser et étudier l’audience que la production cherche réellement à toucher, on ne pointe pas ici du doigt que les gros plans abusifs sur des décolletés gratuitement généreux – puisque là encore, il s’agit clairement d’une volonté affirmée de critiquer le voyeurisme écœurant des blockbusters hollywoodiens – mais plutôt son étrange capacité à tout sexualiser. Pêle-mêle, on pense à cet agent de police posté à l’accueil du commissariat en compagnie d’une dominatrice SM (clin d’œil malicieux aux initiales du héros du film ?) ou à ces échoppes clairement destinées aux adultes et anormalement visibles de tous dans une cité en décomposition totale. Si Cyberpunk 2077 avait existé en 1993, on le conçoit, CD Projekt aurait été relativement en droit d’hurler au plagiat. Impossible de ne pas penser à la réaction de Shigeru Miyamoto quand il a vu ce plan durant le film inspiré de sa création. // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive La réalité derrière tout cela, et surtout celle que trop peu osent admettre, c’est que les réalisateurs de Super Mario Bros. ont pris le parti d’un contre-pied absolu de l’œuvre dont ils sont supposés s’inspirer, privilégiant à l’inverse le concept d’une préquelle dont le statut n’est explicitement avoué que dans une scène post-générique renversante de maîtrise et que personne ne pouvait anticiper (sauf bien sûr le couple de génies l’ayant écrite). Tant d’années avant les terriblement surestimés Shutter Island ou Interstellar pour ne citer qu’eux, ce film ose révolutionner le cinéma en ne se livrant qu’à celles et ceux qui le mériteront et sauront l’apprécier en ayant écouté jusqu’au bout la reprise inspirée, et fort à propos pour le coup, du hit Walk the Dinosaur (1987) de Was (Not Was). Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par YouTube. 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J’accepte tout Gérer mes choix Ainsi, le véritable twist d’une œuvre cinématographique après ses crédits de fin, et ce dès 1993, est peut-être l’acte avant-gardiste le plus audacieux de la production, et son message évident ne laisse aucun doute quant à ses intentions. Non, Super Mario Bros. n’est aucunement adapté du jeu vidéo éponyme paru en 1985 sur Famicom et Nintendo Entertainement System : il en est l’origin story, et le jeu vidéo son adaptation édulcorée, qui trouve le moyen efficace de transformer l’immonde mycose environnante en super-champignons, et les égoûts répugnants en salles secrètes faisant office de raccourcis reliés par des tuyaux. On est loin de l’esthétique cyberpunk dégoûtante où l’homme descend du dinosaure et côtoie des lézards, quand il n’en fait pas son quatre heures dans des sandwiches dont on vous épargnera la vision vu qu’on ignore à quelle heure vous lisez cet article. Denis Villeneuve fut influencé par le style de Rocky Morton et Annabel Jankel pour l’esthétique de Blade Runner 2049 et Dune. // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive Aucunement pensé pour s’inspirer d’un jeu vidéo et d’en être une adaptation fidèle, Super Mario Bros. a préféré recréer à sa sauce les créatures fantastiques que peuvent être les Goombas, mutants reptiliens trop grands pour espérer évoluer en NBA mais assez stupides pour intégrer une milice répressive. Il décide qu’il n’existe aucun lien de parenté entre Mario et Luigi, ce dernier avouant être adopté par celui qu’il dit avoir été « une mère pour lui » (sic) ; quant à la princesse, ce n’est ni Peach ni Toadstool mais bel et bien Daisy, née de l’éclosion d’un œuf de dinosaure. Iggy n’est pas un des enfants de Bowser apparus dans Super Mario Bros. 3 (1988), Spike n’est pas le contremaître exploitant les frères Mario sur le chantier de Wrecking Crew (1985) et que l’on reverra dans le film d’animation de 2023 dans le rôle que les jeux vidéo ont décidé de lui donner. Et ainsi de suite. Le poster d’époque l’avait pourtant bien dit : ce n’est PAS un jeu vidéo. Bon sang, mais il va falloir vous le dire combien de fois ? // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive Vous l’aurez compris : Super Mario Bros. est un chef-d’œuvre incompris, et a malencontreusement précipité la fin des rêves de gloire pour le couple Jankel/Morton, divorcé depuis (non en fait, aucun rapport, c’est arrivé 12 ans après). Bob Hoskins, paix à son âme, se refusera toujours à formuler des commentaires positifs sur un film dont il avouera ne pas avoir compris un scénario sans doute trop complexe pour lui, en dépit de son immense talent. Preuve de plus que l’œuvre de Hollywood Pictures, tristement plombé par l’échec immérité au box-office de ce long-métrage ambitieux, fut boudée par le plus grand nombre, car trop en avance sur son temps. Mais les vrais connaisseurs ne sont pas dupes : le duo iconique constitué par Bob Hoskins et John Leguizamo aurait dû marquer l’histoire du cinéma, au moins autant que Danny Glover et Mel Gibson. Regardez comme ils ont l’air fiers d’eux ! Comme le disait Biff Tannen dans Retour vers le Futur II : « Ahhh, quel putain de bon film ! » // Crédit : Hollywood Pictures / Lightmotive Malheureusement, en 1993, personne n’en avait rien à faire du cyberpunk, et ce n’est que deux semaines plus tard que le monde entier a réalisé que les dinosaures, c’était cool, tout ça parce que Steven Spielberg était plus connu, alors qu’il n’a rien fait d’autre qu’adapter un énième bouquin à succès plutôt que de créer une histoire originale (oui, ça commence à se voir que j’ai le seum). Bref, pour conclure cet article qui se devait de réhabiliter un grand moment de cinéma, je vous laisse avec ce trailer d’anthologie, hélas non diffusé en son temps et de fait injustement méconnu, qui résume parfaitement ce dont cet article espère vous avoir convaincu : Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par YouTube. 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