● BFM Tech
📅 01/04/2026 à 08:55
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans: l'Australie enquête sur Meta, Tiktok ou Youtube et ne se laissera pas "prendre pour une idiote"
Cybersécurité
Le régulateur australien estime que certaines grandes entreprises de la tech "n’en font peut-être pas assez pour respecter" l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Malgré les plus de 5 millions de compte supprimé, il aurait observé un certain nombre de mauvaises pratiques. L'Australie décidera d'éventuelles sanctions d'ici la mi-2026.En décembre dernier, l'Australie est devenue le premier pays à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. L'objectif? Les protéger des effets nocifs redoutés sur leur santé mentale. Mais dans les faits, la loi peine à être appliquée. A tel point que le régulateur du pays a ainsi annoncé, mardi 31 mars, ouvrir une enquête à l’encontre de plusieurs plateformes populaires, dont Tiktok, Instagram et Youtube. Il les accuse d’enfreindre l’interdiction imposée par la loi.Depuis l'entrée en vigueur de cette loi, plus de cinq millions de comptes appartenant à des utilisateurs australiens mineurs ont été supprimés, selon l'organisme australien. Mais la Commission eSafety a aussi dit constater qu'une "proportion importante d'enfants australiens" consultait toujours des plateformes interdites.De nombreuses mauvaises pratiques"Même si les plateformes de réseaux sociaux ont pris certaines mesures initiales, je suis préoccupée (…) par le fait que certaines n’en font peut-être pas assez pour respecter la loi australienne", a déclaré la responsable de la sécurité en ligne, Julie Inman Grant. Il existe "de sérieuses inquiétudes" quant au fait que Facebook, Instagram, Snapchat, Tiktok et Youtube aient pu enfreindre cette interdiction, a ajouté Mme Grant, en citant nommément ces plateformes.Selon la BBC, l'organisme a identifié "un certain nombre de mauvaises pratiques" de la part des plateformes, notamment le fait d'avoir donné la possibilité aux enfants qui avaient déclaré avoir moins de 16 ans avant l'interdiction de prouver qu'ils avaient en réalité plus de 16 ans et de leur avoir permis de "tenter à plusieurs reprises la même méthode de vérification de l'âge".Harcèlement, incitation au suicide: peut-on réellement protéger les ados des réseaux sociaux? 14:53Il reproche également aux géants de la tech de ne pas avoir mis en place des mesures suffisantes pour empêcher la création de comptes par de jeunes de moins de 16 ans et de ne pas avoir fourni de moyens efficaces aux parents pour signaler les mineurs qui avaient encore accès aux plateformes."En conséquence, nous passons désormais à une posture de mise en application", insiste Julie Inman Grant.Des sanctions d'ici mi-2026?L'Australie décidera d'éventuelles sanctions d'ici la mi-2026. Les entreprises visées par cette interdiction s'exposent à des amendes pouvant dépasser 25 millions d'euros si elles sont reconnues coupables d'avoir enfreint la loi australienne."Les lois australiennes sur les réseaux sociaux, qui sont à la pointe au niveau mondial, ne sont pas en échec. Mais les géants de la tech ne les respectent pas", tempère la ministre des Communications Anika Wells aux journalistes. "L'Australie ne laissera pas les géants des réseaux sociaux nous prendre pour des idiots"."Rien de tout cela n'est même difficile pour les géants de la tech, qui sont des entreprises innovantes valant des milliards de dollars", a affirmé Mme Wells. "Si ces entreprises veulent faire des affaires en Australie, elles doivent respecter les lois australiennes".En Australie, les entreprises de réseaux sociaux portent l'entière responsabilité de vérifier que les utilisateurs ont 16 ans ou plus. Une partie dit utiliser des outils d'intelligence artificielle (IA) déterminant l'âge à partir de photos, et certains utilisateurs peuvent choisir de télécharger une pièce d'identité.Des mesures "raisonnables"La plupart des entreprises concernées se sont engagées à respecter la loi, mais ont averti qu'elle pourrait pousser les adolescents vers des plateformes moins réglementées et plus dangereuses. Elles doivent prouver qu'elles ont pris des "mesures raisonnables" pour écarter les jeunes adolescents, même s'il reste incertain à ce stade de savoir comment le gouvernement interprétera cette exigence.Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, a déclaré que prouver avec exactitude l'âge des utilisateurs constituait "un défi pour l'ensemble du secteur". Le groupe a indiqué à l'AFP qu'il allait "continuer d'investir dans les mesures d'application pour détecter et supprimer les comptes de moins de 16 ans".Snapchat a assuré à l'AFP qu'elle était "pleinement engagée à mettre en oeuvre les mesures raisonnables prévues par la législation" et avait, à ce jour, verrouillé 450.000 comptes. Tiktok, de son côté, a indiqué ne pas avoir de commentaire, tandis que les demandes adressées à YouTube sont restées sans réponse.Le site Reddit a, lui, déposé un recours contre l'interdiction australienne, qu'il a qualifiée d'"erronée sur le plan juridique". Selon l'entreprise, basée aux États-Unis, la vérification de l'âge soulève de graves préoccupations en matière de protection de la vie privée, car la collecte de données personnelles présente un risque de fuites ou de piratage.Une loi scrutée de prèsLa mise en oeuvre de cette interdiction est particulièrement scrutée dans le monde, notamment par les pays cherchant à créer des interdictions similaires. L’Indonésie, qui a interdit la semaine dernière les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, a mis en demeure Google et Meta pour "non-respect" de cette interdiction.Des lois sont débattues dans plusieurs pays européens. Le Royaume-Uni a mis en place une consultation sur le bien-être numérique jusqu'au 26 mai, qui a déjà recueilli près de 30.000 contributions de parents et d’enfants. Des expérimentations, pour lutter contre les addictions aux réseaux sociaux vont être mises en place, notamment des couvre-feux numériques ou des limites de temps.Plus tôt ce mois-ci, les députés britanniques ont rejeté une proposition visant à interdire purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le débat est cependant loin d’être clos. Cette semaine, la Chambre des Lords doit se prononcer à nouveau sur cette interdiction.En France, en janvier, les députés ont approuvé la proposition de loi (PPL) de la députée macroniste Laure Miller visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Le texte, soutenu par le gouvernement, proscrit également l’utilisation des téléphones mobiles par les adolescents au lycée.Le texte est débattu depuis ce mardi 31 mars au Sénat. Certaines divergences, notamment sur le fait de distinguer ou non les plateformes, pourraient retarder quelque peu l’entrée en vigueur de la réforme. Le gouvernement espère toutefois pouvoir faire appliquer la loi "dès la rentrée 2026".L'Indonésie a interdit la semaine dernière les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, soit 70 millions de mineurs. Son gouvernement a mis en demeure les géants de l'internet Google et Meta pour "non-respect" de la mesure, a annoncé mardi la ministre des Communications.Les plus lus"On demande une baisse à la pompe": opération escargot des camions et autocars sur le périphérique parisien ce lundi"Une catastrophe": pourquoi les enseignants sont-ils appelés à la grève ce mardi?"La même situation" qu'à Crans-Montana: un employé met en cause des bougies incandescentes après l'incendie d'une discothèque en AllemagneDonald Trump affirme que l'armée construit un complexe militaire sous la future salle de bal de la Maison BlancheColombie-France: "Leur équipe B peut atteindre sans problème les demi-finales", la planète foot choquée par le vivier des Bleus à deux mois de la Coupe du monde 2026
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