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📅 01/04/2026 à 07:07
Après 16 ans de développement et plus de 8 milliards de dollars investis, le nouveau logiciel GPS de l’armée américaine ne fonctionne toujours pas
Géopolitique
Deux prévisionnistes au 21e Escadron météorologique opérationnel, surveillent les conditions météorologiques en Europe du Nord le 22 février 2016, à la base aérienne de Kapaun, en Allemagne (photo d'illustration) - US Air Force / Timothy Moore/ Wiki CommonsAprès 16 ans et 8 milliards de dollars, le système GPS militaire "OCX", conçu pour les forces armées américaines, accumule retards et bugs. Toujours non opérationnel, il pourrait être abandonné par le Pentagone malgré son importance stratégique.C'est une histoire "compliquée". Depuis plusieurs années, les forces armées américaines attendent avec impatience leur nouveau logiciel GPS. Mais le nouveau système de contrôle au sol des satellites militaires, nommé OCX et développé par l’entreprise RTX, connaît aujourd’hui d’importants retards et dépassements de coûts, au point que le Pentagone pourrait envisager d’abandonner le programme, faute de fonctionnement opérationnel complet.Concrètement, ce système de contrôle opérationnel de nouvelle génération est conçu pour gérer la constellation militaire de plus de 30 satellites GPS. Il permet de contrôler les nouveaux signaux et d’exploiter les capacités anti-brouillage des satellites "GPS III", dont le lancement a commencé en 2018. Le segment "sol" comprend deux stations de contrôle principales, ainsi que la modernisation des stations de surveillance à travers le monde et divers autres équipements matériels.En 2010, RTX Corporation (anciennement Raytheon) a obtenu un contrat du Pentagone pour développer OCX, initialement prévu pour 2016 et estimé à 3,7 milliards de dollars. Le coût officiel du système au sol pour les satellites GPS III a depuis doublé, atteignant 7,6 milliards de dollars. RTX développe également un système d’extension pour les satellites "GPS IIIF", évalué quant à lui à plus de 400 millions de dollars, portant le coût total du projet à 8 milliards.Des tests qui n'ont pas porté leurs fruitsMalgré la livraison d’OCX à la Force spatiale américaine en juillet dernier, le segment "sol" n’est toujours pas opérationnel. Et neuf mois plus tard, le Pentagone envisage même d’abandonner le programme, Thomas Ainsworth, secrétaire adjoint de l’Armée de l’air chargé des acquisitions et de l’intégration spatiales, ayant déclaré devant le Congrès que le système rencontrait encore des difficultés.La première livraison a permis de tester le nouveau logiciel de contrôle et les installations au sol modernisées, mais les essais ont révélé de nouveaux problèmes importants dans tous les sous-systèmes, laissant le segment sol toujours non pleinement opérationnel.Le programme, qui dure depuis plus de 15 ans, a subi de nombreux défis techniques, des retards et des surcoûts, contraignant l’armée à moderniser temporairement l’ancien système de contrôle GPS, pour exploiter notamment certains signaux militaires. Ces derniers, essentiels pour contrer le brouillage et l’usurpation du GPS, permettent aux forces américaines et alliées de préserver leur avantage stratégique dans des zones de conflit comme l’Ukraine et le Moyen-Orient.Retour forcé sur d’anciens systèmesFace aux problèmes persistants, la Force spatiale envisage désormais de poursuivre la mise à jour de l’ancien système de contrôle... ou même d’abandonner le programme OCX. Les responsables militaires et RTX continuent de travailler sur les correctifs, tandis que le Bureau de la responsabilité gouvernementale souligne que de mauvaises décisions d’acquisition et des difficultés de développement logiciel ont largement contribué aux retards et aux dépassements de coûts, laissant le futur du programme incertain.Ce n’est pas le seul programme technologique et militaire mis de côté par le Pentagone. Le projet Replicator (2023-2025), destiné à déployer des milliers de drones autonomes "petits, intelligents et peu coûteux" contre la Chine, a échoué en raison d’obstacles techniques, de coûts élevés et d’une production trop lente, aucune flotte n’étant déployée depuis 2025.De même, les projets logiciels RH de la Marine et de l’Air Force (2013-2025), conçus pour moderniser les systèmes de gestion des ressources humaines et ayant coûté plus de 800 millions de dollars sur douze ans, ont été suspendus après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche afin de donner à d’autres entreprises, comme Salesforce et Palantir, "l’opportunité de remporter de nouveaux contrats".Les plus lus"On demande une baisse à la pompe": opération escargot des camions et autocars sur le périphérique parisien ce lundi"Une catastrophe": pourquoi les enseignants sont-ils appelés à la grève ce mardi?"La même situation" qu'à Crans-Montana: un employé met en cause des bougies incandescentes après l'incendie d'une discothèque en AllemagneDonald Trump affirme que l'armée construit un complexe militaire sous la future salle de bal de la Maison BlancheColombie-France: "Leur équipe B peut atteindre sans problème les demi-finales", la planète foot choquée par le vivier des Bleus à deux mois de la Coupe du monde 2026
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