● Le Monde International 📅 01/04/2026 à 05:00

Guerre en Ukraine : « Les enfants volés resteront-ils ukrainiens après avoir passé tant de temps en Russie où on les force à oublier ? »

Géopolitique
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Guerre en Ukraine : « Les enfants volés resteront-ils ukrainiens après avoir passé tant de temps en Russie où on les force à oublier ? » Propos recueillis par Elisa Mignot Publié aujourd’hui à 05h00 Temps de Lecture 6 min. Article réservé aux abonnés TémoignagesOlga et Sasha Kurovska sont deux sœurs ukrainiennes. L’une vit à Paris, l’autre à Kiev. Sasha évoque les troubles psychiques dont elle et nombre de ses compatriotes souffrent. Olga se préoccupe des enfants enlevés à leur pays par la Russie. Kyiv, le 26 mars 2026 Chères lectrices, chers lecteurs, Ici, on dit que le printemps commence le 1er mars, et je ressens particulièrement l’arrivée de cette saison car le dernier hiver a été le plus long et le plus difficile de toute ma vie. Les − 20 °C, l’absence de chauffage, d’eau chaude, d’électricité, les attaques interminables, le désespoir des négociations, l’anniversaire de la guerre, l’escalade d’autres conflits au Proche-Orient, tout cela a influencé l’état moral et physique de mes proches, de la société ukrainienne en général, et le mien. Presque chaque jour désormais, j’ai de fortes migraines. Je ressens tant de stress dans mon corps, dans mes organes et dans ma tête. On m’a diagnostiqué un trouble anxio-dépressif. Je passe une batterie d’examens, ces jours-ci : prises de sang, scanner cérébral, écho-doppler dans les vaisseaux sanguins de la tête et du cou, test de cortisol pour mesurer le niveau de cette hormone du stress dans mon corps… Je dois m’occuper de ma santé, faire un « état des lieux » et chercher des solutions pour me soigner. Mon neurologue m’a conseillé de faire une thérapie cognitivo-comportementale, de travailler moins et d’éviter les émotions fortes. Le printemps aussi devrait m’aider. C’est dingue de voir à quel point le soleil du matin peut améliorer mon état pour toute la journée. Alors, après avoir profité un peu de ses rayons à travers les fenêtres de mon salon, je prends une bonne douche, du café en quantité limitée, un petit déjeuner sain et je tâche de me concentrer sur ces petites choses. Il vous reste 83.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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