● Courrier International
📅 31/03/2026 à 16:50
La Chine interdit les “appartements funéraires”
Géopolitique
Au cimetière de Babaoshan, à Pékin, durant la fête de Qing Ming, en avril 2023. PHOTO JADE GAO/AFP La Chine a adopté une loi défendant d’utiliser des logements résidentiels pour y conserver les restes de proches défunts afin d’éviter de payer au prix fort une concession funéraire. Une interdiction entrée en vigueur avant la fête de Qing Ming, le dimanche 5 avril, consacrée au “nettoyage des tombes”. Ces “appartements funéraires” se sont répandus – comme le raconte ce reportage traduit par Courrier international – “dans un contexte où le vieillissement accéléré se combine à une crise immobilière, ce qui rend les appartements résidentiels plus attractifs que les cimetières pour honorer les dépouilles des êtres chers”, explique le Financial Times. À lire aussi : Crise. Un officiel chinois reconnaît qu’il y a “trop de logements pour 1,4 milliard de Chinois” Les cimetières manquent en effet de place et proposent des concessions pour une durée de vingt ans, contre un droit d’usufruit allant jusqu’à soixante-dix ans pour les logements. Des appartements vacants sont transformés en “sanctuaires des ancêtres, avec des bougies, des lanternes rouges et des urnes disposées par générations”, relate The Guardian. Honorer les morts tout en investissant Les familles considèrent aussi ces logements comme des actifs pouvant être vendus avec une éventuelle plus-value à l’avenir, indique au Financial Times Xinyi Wu, doctorante à l’université de Californie à Irvine et autrice d’une étude sur le sujet. Quant aux voisins, ajoute-t-elle, les jeunes locataires ne sont pas toujours mécontents malgré le tabou autour de la mort. “Ils se disent que s’ils peuvent payer un peu moins cher leur propre logement en vivant à côté d’un appartement funéraire, ce n’est pas tout à fait inacceptable, tant qu’ils n’y sont pas confrontés au quotidien.” Si cette loi devrait empêcher les agents immobiliers de proposer ouvertement des “appartements pour cendres”, des familles pourraient bien poursuivre cette pratique, prédit la chercheuse. À lire aussi : Démographie. En Chine, le sort peu enviable des “petits empereurs” devenus grands C’est aussi ce que pensent des internautes sur le réseau social Weibo, cités par le Guardian : “Qui va aller vérifier ?” demande l’un d’entre eux. Pékin encourage plutôt des pratiques funéraires “écologiques”, telles que la dispersion des cendres en mer, qui sont de plus en plus utilisées dans le pays. Courrier international Asie Sur le même sujet Enquête. Le douloureux parcours pour restituer les restes humains des Océaniens déportés en Australie Archéologie. La découverte d’une tombe millénaire “réécrit l’histoire préhispanique” du Panama Société. L’artiste chinois Gao Zhen jugé à huis clos pour ses sculptures de Mao Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. Je reçois mon invitation → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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