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📅 31/03/2026 à 14:38
Comment un simple "like" sur LinkedIn a permis à Elon Musk d’obtenir le remplacement de la juge chargée de trancher les affaires dans lesquelles il est impliqué
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Elon Musk - Photo par BRENDAN SMIALOWSKI / AFPAu coeur de multiples contentieux, Elon Musk voit trois de ses dossiers retirés à la chancelière du Delaware Kathaleen McCormick. La juge aurait aimé une publication LinkedIn évoquant l'une des récentes condamnations du milliardaire.Parfois, tout se joue à un simple like sur LinkedIn. Dans le Delaware, trois dossiers impliquant Elon Musk vont être réattribués à de nouveaux juges, après qu’un like sur le réseau professionnel a mis en cause l’impartialité de la chancelière Kathaleen McCormick, selon le Financial Times.A l’origine de cette décision, une requête des avocats du milliardaire. Ceux-ci ont demandé la récusation de la magistrate après que son compte LinkedIn a semblé "aimer" une publication célébrant une récente déconvenue judiciaire du milliardaire fantasque. La publication évoquait la récente condamnation d'Elon Musk, reconnu coupable d'avoir trompé des actionnaires lors du rachat de Twitter. Un geste numérique, aussitôt interprété comme un signe de partialité.Une justice fragilisée par l’hyperexpositionLa juge McCormick a fermement contesté cette lecture. Dans une lettre adressée lundi 30 mars aux parties, elle affirme n’avoir "ni vu ni approuvé" la publication en question, dénonçant un "prétexte erroné"."Je ne suis pas partiale envers les défendeurs dans ces affaires", insiste-t-elle, rappelant avoir déjà statué en faveur d’Elon Musk dans un dossier antérieur.En effet, Kathaleen McCormick a récemment accordé une victoire à Tesla en réduisant de plus de 100 millions de dollars les frais de justice dus aux avocats des actionnaires qui avaient poursuivi avec succès les administrateurs du constructeur automobile pour s'être octroyé une rémunération excessive.Si la magistrate refuse de se récuser formellement, elle reconnaît néanmoins les effets délétères de la polémique. "L’attention médiatique disproportionnée portée à la manière dont un juge gère une affaire est préjudiciable à l’administration de la justice", écrit-elle. Une manière de justifier la décision de confier ces affaires à trois vice-chanceliers, sans trancher sur le fond des accusations.Les affaires concernées sont loin d'être mineures. L’une d’elles concerne un litige sur des honoraires d’avocats dans une affaire intentée par un fonds de pension de Détroit, portant sur la rémunération jugée excessive des administrateurs de Tesla. L’affaire s’est conclue par un accord dépassant les 900 millions de dollars.Musk contre le DelawareUne autre renvoie à un épisode plus ancien mais toujours sensible... Les tweets de 2018 dans lesquels Elon Musk évoquait une possible sortie de Tesla de la Bourse. Un actionnaire individuel demande désormais l’accès aux documents internes de l’entreprise, dans le prolongement des poursuites fédérales qui avaient suivi ces déclarations.Le dernier dossier porte sur le plan de rémunération pluriannuel estimé à 56 milliards de dollars (48,8 milliards d’euros environ) attribué par Tesla à Elon Musk. A deux reprises, la chancelière Kathaleen McCormick avait donné raison à Richard Tornetta, un actionnaire du constructeur automobile qui reprochait au milliardaire, à Tesla et à certains membres du conseil d’administration d’avoir indûment autorisé "le plus gros plan de rémunération jamais attribué à un dirigeant".Elle avait donc annulé à deux reprises, en 2018 et en 2024, le plan, estimant que le conseil d’administration de l’entreprise était trop proche du dirigeant. Une décision finalement cassée par la Cour suprême du Delaware en décembre.Cette affaire fait justement partie des nombreux points de tension avec la chancelière. Au fil des années, Elon Musk n’a cessé de critiquer la justice du Delaware, juridiction pourtant incontournable pour les grandes entreprises américaines, et même internationales. Le petit Etat de la côte Est bénéficie en effet de quelques spécificités en droit des sociétés.Ainsi, la Delaware General Corporation Law a le mérite d'être à la fois claire et souple. Par ailleurs, ce statut a part a permis la constitution au fil des années d'un large corpus de jurisprudences, ce qui permet aux avocats d'anticiper les décisions de justice et donc de réduire les risques juridiques.Enfin, le Delaware possède un tribunal d'équité, la Delaware Court of Chancery ou Cour de la chancellerie du Delaware, que Kathaleen McCormick préside. Ce tribunal ne fait pas appel à des jurys, il est spécialisé en droits des sociétés et traitent généralement rapidement les affaires qui lui sont soumises. Trois points qui peuvent être du pain béni pour de grandes entreprises qui veulent éviter d'exposer trop leurs affaires et le faire vite.Quoi qu'il en soit, les revers judiciaires d'Elon Musk, notamment sur la question de sa rémunération, ont alimenté une défiance ouverte envers ces juges du Delaware. Les tensions avec la chancelière Kathaleen McCormick ont commencé très tôt, dès 2022. A cette époque, elle supervisait la procédure engagée par Twitter pour contraindre Musk à honorer son engagement de racheter le réseau social pour 44 milliards de dollars. Après avoir tenté de se retirer de l’accord, le milliardaire avait finalement cédé, quelques jours avant l’ouverture du procès.Depuis, Elon Musk a pris ses distances avec le Delaware, transférant le siège social de Tesla au Texas. Malgré ce déplacement géographique, le Delaware demeure un passage obligé pour nombre de contentieux liés aux grandes entreprises, au grand dam de l'entrepreneur. CetLe fruit d'un énorme corpus de jurisprudences qui évitent une forme d'incertitude dans les affaires et égalementLes plus lus"On demande une baisse à la pompe": opération escargot des camions et autocars sur le périphérique parisien ce lundi"Une catastrophe": pourquoi les enseignants sont-ils appelés à la grève ce mardi?"La même situation" qu'à Crans-Montana: un employé met en cause des bougies incandescentes après l'incendie d'une discothèque en AllemagneDonald Trump affirme que l'armée construit un complexe militaire sous la future salle de bal de la Maison BlancheColombie-France: "Leur équipe B peut atteindre sans problème les demi-finales", la planète foot choquée par le vivier des Bleus à deux mois de la Coupe du monde 2026
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