● BFM Tech 📅 31/03/2026 à 08:20

Airpower, Ping, Newton, Pipp!n et Macbook 12 pouces: Apple fête 50 ans d'innovations et de succès, parsemés de quelques échecs retentissants

Géopolitique
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En 50 ans, Apple n'a pas connu que des succès, et comment imaginer le contraire. Même pour une des plus importantes entreprises de la tech, les échecs font partie du chemin. Et servent même parfois à tracer la voie pour des succès futurs...Si Apple est aujourd'hui connu pour ses excellents résultats financiers, le succès de l'iPhone ou celui des Macbook, ses grandes réussites ne doivent pas éclipser la longue route, parcourue d'embûches, de ratés. En 50 ans, Apple a connu d'énormes cartons, et c'est bien pour cela qu'elle est encore là, mais elle a aussi dû composer avec de lourds échecs.Difficiles parfois d'en trouver la cause exacte ou diffuse, parfois imputables à un manque d'ambition, ou au contraire une ambition trop grande, trop précoce, parfois liés aux arcanes internes d'une société qui chérit le secret, ils ont vu trébucher Apple a au fil de ces cinq dernières décennies. En voici une sélection, subjective et non exhaustive, puisqu'on n'arrive pas si haut sans se fourvoyer parfois.Ping, le réseau social musical voulu par Steve JobsAlors qu'iTunes est le lieu privilégié pour acheter de la musique légalement, le logiciel accessible sur Mac et PC s'enrichit en 2010 d'une nouvelle fonction, un réseau social. Baptisé Ping, il permet de partager les musiques que l'on écoute et télécharge avec d'autres utilisateurs. Si lors de son annonce, plus d'un million de personnes vont s'y inscrire en 48 heures, l'intérêt porté à ce produit va très vite s'effacer.Ping, le réseau social musical oublié d'Apple © AppleVoulu par Steve Jobs, qui le présentera lui-même lors de la conférence de septembre 2010 d'Apple, il est directement intégré à iTunes et n'est pas accessible depuis le web. C'est peut-être la première raison de l'échec. S'il est disponible via l'application Musique d'iOS, il n'en reste pas moins au sein d'un logiciel qui commence sérieusement à devenir une usine à gaz. Son échec est clairement constitué en 2012 quand il est fermé définitivement à l'occasion de la sortie d'iTunes 11.Le Airpower ou la fièvre du sans-filPrésenté en fanfare en 2017, avec une promesse de lancement ultérieur, le Airpower est une innovation majeure et la promesse d'un monde sans câble d'alimentation. Il permet de charger sans fil et simultanément tous ses appareils Apple, dont l'iPhone, les Airpods ou encore l'Apple Watch. La promesse est que le produit peut optimiser la charge en réduisant la déperdition liée à l'induction.Le Airpower d'Apple © AppleLas, le produit est définitivement abandonné en 2019 et ne verra jamais le jour. En cause, des problèmes dans la conception, notamment des surchauffes et des performances loin d'être au rendez-vous.L'opération U2 qui tourne au fiascoEn 2014, à l'issue d'une conférence riche en annonces, Apple met la musique au coeur de son discours. Elle invite sur scène le groupe U2, qui est historiquement très lié à l'entreprise. Un petit concert autour de son nouvel album permet d'annoncer que chaque utilisateur d'iTunes (plus de 500 millions en théorie) aura gratuitement accès à Songs of Innocence.Le problème, c'est que les utilisateurs n'ont pas le choix: ils recevront tous, sans exception l'album, qu'ils soient fans ou pas. Un gros malaise qui montre à quel point Apple peut s'impliquer dans la vie privée musicale grâce à son incontournable logiciel. Il faudra attendre deux ans avant qu'Apple ne propose une solution pour se débarrasser de ce cadeau jugé encombrant par certains.L'Antenna-gate de l'iPhone 4"Si vous n'avez pas de réseau, c'est que vous le tenez mal". Cette phrase, on l'a doit à Steve Jobs, qui répondait au mail d'un possesseur d'un iPhone 4 se plaignant de pertes de réseau lorsqu'il tenait son smartphone. Il n'en fallait pas plus pour que l'affaire devienne un scandale international, Apple étant contraint de s'excuser face à ce qui semble être un gros problème de conception.Les antennes de l'iPhone 4 étaient en effet positionnées à des endroits sur lesquels les doigts pouvaient se placer, ce qui réduisait considérablement leur champ d'action. La réponse du grand patron, pleine de condescendance, aura achevé dans un premier temps les efforts des équipes de communication, et mettra surtout en avant la volonté de privilégier le design sur le reste. Une politique qui cessera quelques mois plus tard, avec une opération consistant à offrir à tous les possesseurs d'iPhone 4 une coque de protection permettant de contourner le problème avec une conférence dédiée à la clef.La Pipp!n, quand Apple croyait aux jeux vidéoApple et le jeu vidéo, c'est une longue et vieille histoire. Il y a bien sûr le succès durable de l'Apple II, qui accueilli les grands anciens du jeu vidéo, puis la présentation en avant-première du premier Halo lors de la Macworld 1999 par Steve Jobs. Mais il ne faut pas également oublié qu'Apple a tenté une incursion plus poussé dans ce secteur. En 1996, avec l'entreprise japonaise Bandai, Apple commercialise la Pipp!n, une console à la durée de vie très réduite (moins de six mois).La console Pipp!n d'Apple © WikimediaFonctionnant grâce à un processeur PowerPC 603 et avec un lecteur de disque, elle est équipée d'une version allégée de macOS (Système 7). Mais face à la Playstation ou à la Nintendo 64, sorties peu de temps auparavant, et en raison d'un catalogue peu intéressant en matière de licences (on compte tout de même un portage de Super Marathon par Bungie), l'échec est acté quelques mois plus tard avec seulement 42.000 exemplaires vendus dans le monde. Un certain Steve Jobs, de retour aux affaires en 1997, plantera les derniers clous dans son cercueil en recentrant Apple sur l'essentiel.Le Newton, le premier "iPhone" qui a servi de leçonPour réussir, il faut parfois tatonner pendant des années. C'est sans doute le cas pour le Newton, lancé en 1993, projet dans lequel l'ancien PDG d'Apple, John Sculley, s'est sans doute un peu trop investi. Conçu comme un assistant numérique personnel et avec pour ambition d'être la réponse de l'entreprise aux PDA sous Windows, le Newton souffre de plusieurs problèmes, dont une interface loin d'être idéale pour un produit sans clavier.Le Newton d'Apple © AppleSurtout, il sort alors qu'Apple connaît déjà d'importants problèmes financiers. Il est définitivement abandonné en 1998 par Steve Jobs lorsque celui-ci est de retour aux commandes de l'entreprise. Pour autant, l'expérience accumulée permettra bien des années plus tard de développer l'iPhone. C'est sans doute notamment grâce ou à cause du Newton que Steve Jobs insistait tant sur le fait que le doigt est le meilleur stylet...Le clavier papillon des Macbook, quand le design prend le pas sur le resteAprès l'antenna-gate de l'iPhone 4, Apple aura connu un second grand raté en raison de ses choix de design. En 2016, Apple introduit le clavier papillon. A cette époque, il est présenté en fanfare par Jony Ive, designer en chef d'Apple. Cette nouvelle conception du mécanisme, qui soutient les touches, apporte une frappe courte, très stable et très confortable, tout en permettant à Apple d'affiner ses portables. Une réussite? Pas vraiment, le clavier papillon fait surtout parler de lui pour ses problèmes de fiabilité.Il est en effet très sensible à la poussière et aux débris qui peuvent s'immiscer très facilement sous les touches, et donc provoquer une panne. Malgré quelques modifications, au fil de quatre générations, le clavier papillon demeure un échec qui sera définitivement enterré en avril 2020, après des années de plaintes et un programme officiel de réparation (et donc gratuit, même pour les appareils hors garantie) .Lisa, un ordinateur innovant mais trop coûteuxLisa est un cas d'école. L'exemple parfait d'un produit trop cher et trop ambitieux. En 1983, Apple lance donc le Lisa (pour Local Integrated Software Architecture, mais aussi en hommage à la première fille de Steve Jobs). Une ambition le porte, révolutionner l'ordinateur personnel qu'Apple a contribué à inventer avec les Apple I et surtout Apple II. Le Lisa est équipé d'une souris, et mieux encore, c'est lui qui a l'honneur d'introduire ce qui définira jusqu'à aujourd'hui une interface d'ordinateur: les fenêtres, les menus, les icônes, bref l'interface graphique moderne, que le Macintosh portera aux nues.Le LISA d'Apple © Gerhard »GeWalt« Walter/WikimediaMais malgré ses atouts, son prix de 10.000 dollars (plus de 25.000 euros avec l'inflation de 2026) ne lui permet pas d'être accessible aussi bien auprès du grand public que des entreprises ou des écoles. Apple n'en vendra que 10.000 exemplaires et actera la débâcle en le retirant de la vente un an tout juste après son lancement. A la même époque, l'entreprise proposera le premier Macintosh, vendu bien moins cher. Une seconde version du Lisa verra le jour, mais sera aussi très vite arrêtée en mai 1985.Le Macbook 12 pouces, quand Apple a été trop en avanceEn 2015, Apple surprend tout le monde en dévoilant le Macbook. Un nom très sobre pour un petit nouveau au sein de sa gamme d'ordinateurs de portables et ultraportables. Il brille par sa finesse et sa légèreté (920 grammes), et par son écran de 12 pouces Retina. Il est alors équipé de processeurs Intel Core M de cinquième génération et de SSD pour le stockage. L'ambition est affichée: taillé dans un seul bloc d'aluminium, il veut "premiumiser" le secteur de l'ultra portable.Le Macbook de 2017 © AppleSi le pari est en parti rempli, il est néanmoins vivement critiqué en raison d'une fiche technique particulièrement faiblarde par rapport à son prix (entre 1.499 euros et de 1.799 euros) et un système d'exploitation qui a bien du mal à se montrer performant avec tout juste 8 Go de mémoire vive. Trois générations de Macbook 12 pouces se succéderont, et aucune n'arrivera à franchir le seuil du minimum de performances requis pour une machine à écrire 2.0. Un seuil que le Macbook Neo franchira pourtant avec aisance quelques années plus tard et avec une puce d'iPhone...Le G4 Cube, quand Apple créait le Mac mini avant l'heureLe Mac mini n'a pas été la première introduction d'Apple dans le secteur des mini ordinateurs. En 2000 sort le Power Mac G4 Cube, un modèle au design particulièrement marquant. Doté d'un cadre translucide, il est très apprécié de ceux qui souhaitent un appareil beau et passe partout. Mais ce public est loin d'être aussi nombreux qu'Apple veut bien l'admettre à l'époque.Le Power Mac G4 Cube © AppleD'autant que le Power Mac G4 Cube est très, très cher: vendu entre 1.799 dollars et 2.299 dollars, il est réservé à une clientèle fortunée (en tout cas pour l'époque). Il doit aussi composer avec son design qui le prive modularité de la moindre modularité. IL aura par ailleurs quelques petits problèmes de surchauffe. Il ne fera pas long feu au sein du catalogue: moins d'un an.L'échec du G4 Cube, c'est en partie celui de l'architecture PowerPC, qui, une génération plus tard rencontrera définitivement ses limites en ne pouvant pas être adaptée aux ordinateurs portables de la marque. Et c'est ainsi qu'Apple a entrepris sa première grande migration vers les puces x86 d'Intel.Apple Plans et son lancement catastrophiqueAvec iOS 12, Apple se sépare de quelques chaînes le liant à Google et lance son propre système de cartographie pour remplacer celui de Google dans Apple Plans. Mais les débuts sont chaotiques. L'application de cartographie de l'entreprise est incomplète. De nombreux défauts sont au rendez-vous, avec des itinéraires incorrects, des points d'intérêt qui ne se trouvent pas aux bons endroits (si on cherchait Londres, on était redirigé vers une ville de l'Ontario, par exemple). Une débâcle qui causera le départ de Scott Forstall, ancien poulain de Steve Jobs qui était en charge du projet. Il terrorisait tellement les équipes qu'elles avaient fait en sorte que ses trajets quotidiens profitent d'une carte parfaite... Il quittera l'entreprise quelques semaines après le lancement de la nouvelle version de Plans. En rupture avec l'ère Jobs, Tim Cook présentera même des excuses officielles.Apple Plans sur navigateur web © Tech&CoEddy Cue, vice-président senior des services et logiciels internet, expliquera qu'Apple avait sous-estimé le travail à accomplir pour réaliser une application de cartographie.En 2026, Apple Plans est bien plus fiable et a même largement rattrapé son principal concurrent sur de nombreux points, tout en prenant en charge de nouvelles mobilités, comme le vélo ou les transports en commun. Signe de sa maturité, l'application offrira davantage d'exposition aux commerces et entreprises et aura bientôt droit à de la publicité.Le Mac Pro et son design qui fait pschiit"Can't innovate anymore, my ass!", qu'on traduira librement "Incapable d'innover, mon oeil!" Les propos sont de Phil Schiller et ont accompagné le lancement de ce nouveau Mac Pro au design particulièrement innovant.En 2013, après plusieurs années sans trop d'actualité, la gamme du Mac Pro est renouvelée. Elle accueille un nouveau modèle au design circulaire qui va trancher avec ce que l'on a l'habitude de voir dans le domaine des ordinateurs pour les professionnels et entreprises.Le Mac Pro 2013 © iFixitCertains l'adoreront, d'autres le détesteront au point de le comparer à une poubelle. A la fin, il ne laissera personne indifférent... Mais le problème vient justement de ce design original et innovant, pensé pour dissiper la chaleur produite par des cartes graphiques à deux puces GPU, au moment où le marché bifurque et adopte des cartes mono GPU plus puissantes et qui chauffent et consomment davantage. Fin de l'évolutivité, fin de l'histoire...En 2019, il sera définitivement remplacé, sa configuration étant très vieillissante, et la gamme a finalement été abandonnée en 2026, définitivement enterrée par les Mac Studio.MobileMe, la suite dont personne ne voulaitRemplaçant Mac.com, MobileMe est une suite d'applications bureautiques accessibles depuis un navigateur. Nécessitant un abonnement, il est d'abord présenté comme plus ouvert, puisque disponible sur Windows, avec une compatibilité Outlook (et son calendrier).Mais le service va souffrir de lourds problèmes techniques tout au long de sa vie (2008-2012): fichiers qui disparaissent, services indisponibles, serveurs trop lents... A cela s'ajoute surtout un service par abonnement plus vraiment d'actualité alors que se multiplient les services du même genre totalement gratuit (en tout cas jusqu'à un certain point). Le côté premium pouvait encore passer quand les Mac étaient les seuls produits à en bénéficier, mais avec l'iPhone et le grand public très présent dans l'écosystème Apple, il fallait passer à autre chose.MobileMe, la suite logicielle oubliée d'Apple © AppleLa solution est trouvée en 2011, quand est annoncé iCloud. Le successeur officiel de MobileMe fait des débuts bien plus marquants, d'autant qu'il dispose d'une offre de base complètement gratuite, et s'appuie sur un socle commun, permettant une meilleure fiabilité et une synchronisation au rendez-vous.L'armée des clones, qui ont failli tuer AppleEn 1994, alors que le paquebot Apple commence sérieusement à chavirer, Apple se met à proposer des licences de macOS à des fabricants tiers. A l'instar de Microsoft avec Windows, l'idée est de faire en sorte que son système d'exploitation soit entre les mains de plus d'utilisateurs.Mais c'est une vision très court termiste, alors que l'essence même d'Apple est justement de développer aussi bien le matériel que le logiciel. Steve Jobs l'a bien compris, et lorsqu'il revient à la tête de l'entreprise en 1997, il mettra un terme à ce projet et viendra au passage verrouiller toutes les portes entourant son OS.Les souris d'Apple, le seul appareil qu'il n'a jamais réussi à réussirApple et les souris, c'est un peu comme avec le jeu vidéo: le géant de Cupertino a tâté de ce terrain parmi les premiers, a eu de belles idées, mais sans jamais réussir à transformer l'essai totalement. Au fil des années, et contrairement aux claviers, Apple n'a jamais réussi à proposer une expérience correcte.Les plus anciens se souviendront sans doute de la souris vendue avec l'iMac, toute ronde et plate. Mais les plus jeunes, eux, peuvent encore admirer la Magic Mouse, encore au catalogue.La Magic Mouse d'Apple © FelixMittermeier de PixabaySon design très aplani, presque minéral n'est pas très adapté à une utilisation prolongée et n'épouse pas bien la paume de la main. Pire encore, dans sa dernière itération, le port permettant de la recharger est situé sous la souris elle-même, la rendant inutilisable le temp de la recharger. Même Tim Cook a bien eu du mal à la défendre face au youtubeur tech MKBHD. Les utilisateurs de Mac, eux, lui préfèrent plutôt le Magic Trackpad, tandis que les fabricants tiers ont un véritable boulevard devant eux. Mais; selon Mark Gurman, de Bloomberg, Apple n'a pas dit son dernier mot et travaillerait sur une successeuse depuis au moins 2024. Après tout, pour arriver aussi loin, le géant de Cupertino a bien dû apprendre de ses erreurs et échecs.Les plus lus"On demande une baisse à la pompe": opération escargot des camions et autocars sur le périphérique parisien ce lundi"Une catastrophe": pourquoi les enseignants sont-ils appelés à la grève ce mardi?"La même situation" qu'à Crans-Montana: un employé met en cause des bougies incandescentes après l'incendie d'une discothèque en AllemagneDonald Trump affirme que l'armée construit un complexe militaire sous la future salle de bal de la Maison BlancheColombie-France: "Leur équipe B peut atteindre sans problème les demi-finales", la planète foot choquée par le vivier des Bleus à deux mois de la Coupe du monde 2026
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