● Silicon.fr Télécom 📅 30/03/2026 à 17:03

Du couac Fluidstack à la levée de dette, Mistral AI face aux aléas de l'infra

Intelligence Artificielle 👤 Clément Bohic
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Fluidstack va construire, pour Mistral AI, le plus gros cluster IA d’Europe, à 18 000 GPU. Le neocloud britannique avait fait cette annonce en mars 2025. Le cluster serait hébergé dans un datacenter Eclairion de 40 MW à Bruyères-le-Châtel (Essonne). La première tranche devait être opérationnelle à l’été 2025. Il était question d’atteindre, à terme, une capacité de 100 MW. Un an plus tard, l’annonce a disparu du site Internet de Fluidstack (redirection vers la page d’accueil du blog ; on la retrouve toutefois en archive). En toile de fond, une réorientation vers le marché nord-américain. Fin 2025, peu après avoir officialisé un contrat à 50 Md$ avec Anthropic, l’entreprise a communiqué son intention de relocaliser son siège social à New York – elle ne l’a cependant pas encore fait. Dans ce contexte, Fluidstack aurait tiré un trait sur le datacenter de Bruyères-le-Châtel, où il était censé approvisionner et exploiter les GPU. Il aurait, en parallèle, abandonné un projet d’une autre envergure, dont la France avait fait une de ses vitrines au Sommet de l’IA en février 2025. En l’occurrence, un « supercalculateur IA » à 1 GW dans la Somme. La première phase devait s’appuyer sur un investissement initial de 10 Md€, pour une entrée en phase opérationnelle en 2026. « La livraison ne se fait pas en un jour » Récemment interrogé à propos du datacenter de Bruyères-le-Châtel, Timothée Lacroix, CTO et cofondateur de Mistral AI, n’a pas mentionné Fluidstack. « C’est plutôt un gros [projet], donc la livraison ne se fait pas en un jour », a-t-il néanmoins glissé, en anglais dans le texte. Et d’ajouter : « La logistique et les délais sont très différents de ce que je rencontre généralement dans le logiciel et la recherche. […] C’est de la planification à bien plus long terme. » Lire aussi : Mistral AI lance Forge, plateforme d'entrainement de modèles IA pour les entreprises Selon Timothée Lacroix, la construction a tout de même « bien progressé ». « On stabilise actuellement la première tranche, explique-t-il. On a quelques jobs qui tournent et on fait les derniers ajustements pour assurer vitesse et stabilité. » Mistral AI utilisera une partie de ces capacités pour ses propres besoins d’entraînement. Mais il fournira aussi des stacks Kubernetes et Slurm managées, dans le cadre de l’offre Mistral Compute, lancée en juin 2025 à VivaTech. La licorne n’a pas, pour le moment, rencontré de gros blocage en Europe sur l’accès à l’énergie, d’après son CTO. Qui admet tout de même des « contraintes » : « Le réseau, dans certaines parties de l’Europe, n’est pas facilement extensible. Je sais que c’est un problème en France »… 830 M$ empruntés, 13 800 GPU attendus La piste Fluidstack éloignée, Mistral AI lève de la dette pour acheter lui-même des GPU. Plus précisément, 13 800 GB300, pour une capacité annoncée à 44 MW. Il emprunte 830 M$ auprès de Bpifrance, BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, HSBC, La Banque Postale, MUFG et Natixis CIB. Une promesse : le site de Bruyères-le-Châtel entrera en phase opérationnelle au moins de juin. Et un objectif à plus long terme : sécuriser 200 MW de capacité en Europe d'ici à fin 2027. En première ligne, son investissement en Suède : 1,2 Md€ pour la construction d'un datacenter à Borlänge, en partenariat avec EcoDataCenter. Ouverture prévue en 2027. HSBC fait partie des clients de Mistral AI. Les deux sociétés ont officialisé leur contrat en décembre 2025. Elles n'en disent pas grand-chose, sinon que les travaux se porteront notamment sur l'analyse de documents financiers, le raisonnement multilingue (= traduction et traitement des informations) et la productivité (« produits IA » pour marketing, achats et service client). Bpifrance a déjà participé à plusieurs tours d'equity de Mistral AI. Dont le dernier (série C), annoncé en septembre 2025, pour un montant de 1,7 Md€. Illustration principale générée par IA
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