● Courrier International
📅 30/03/2026 à 11:53
Comment éviter l’indécente “taxe touriste” dans les cafés parisiens
Géopolitique
Un café sur l’île de la Cité, dans le centre de Paris, le 14 février 2023. Photo MAGALI COHEN/Hans Lucas/AFP [Cet article a été publié le 16 août 2025 et republié le 30 mars 2026] L’autre jour, une enquête a révélé que des serveurs parisiens avaient la fourberie d’arnaquer les touristes étrangers. “Quelle surprise* !” me suis-je alors écriée. Quiconque s’est déjà retrouvé pris de vertige en recevant l’addition pour un citron pressé et un expresso dans un café du boulevard Saint-Germain – comme ce fut récemment mon cas – se sentira certainement moins seul à la lecture de ces lignes. À lire aussi : Plaidoyer. S’il vous plaît, instaurez une journée annuelle sans touristes ! Des journalistes du Parisien, se faisant passer pour d’innocents clients en goguette sur le Champ-de-Mars, ont découvert que les touristes étrangers pouvaient se faire facturer jusqu’à 50 % de plus que les clients français grâce à tout un arsenal de filouterie : par exemple, on leur propose par défaut de l’eau minérale en bouteille ou des boissons plus chères, on leur dit que le service n’est pas compris alors qu’il l’est, on ne leur sert pas la bonne bouteille de vin. Ayant travaillé comme serveuse à Paris, je connais les deux aspects du problème. Avant mon expatriation, à l’âge de 18 ans, ma mère m’avait mise en garde contre la “taxe touriste” qu’elle avait pu noter lors de sa visite avec mon père dans les années 1980 : partout où ils allaient, leur addition semblait gonflée. Résultat, je suis partie sur mes gardes : en terrasse, je veillais à toujours préciser que je voulais de l’eau du robinet et je contestais la moindre erreur. Et puis, je suis devenue serveuse. Incitation à la consommation En dépit de mon français limité et d’une absence totale d’expérience, une crêperie de la rive gauche a accepté de m’embaucher (bon, en vrai, je sais pourquoi : j’ai accepté de sortir avec un des anciens chefs). Mon baptême du feu a pris la forme d’une famille française commandant un perroquet [un pastis au sirop de menthe], un kir et une menthe à l’eau. Quelles étaient ces boissons étranges au nom si exotique ? Et comment diable les préparait-on ? Les clients français avaient des demandes très précises. Les touristes, en revanche, surtout les Américains, étaient sous le charme de l’endroit et de la nouveauté, sympathiques mais quelque peu décontenancés par un service sommaire et express, et aussi impressionnables qu’influençables. (La différence est visible sur TripAdvisor : avis élogieux en anglais, déplorables en français). À lire aussi : Surtourisme. Comment partir en vacances sans faire partie du problème Je n’ai jamais arnaqué de touriste. En réalité, ils étaient même soulagés de me voir arriver, d’une part parce que je parlais anglais, d’autre part parce qu’ils connaissaient l’odieuse réputation des serveurs parisiens et se sentaient dans l’obligation de les charmer. Et évidemment, je gardais un œil sur le pot à pourboires (les Français n’en laissent jamais). J’avoue que je pratiquais l’incitation à la consommation. “Deux bolées de cidre breton ? Vous ne voulez pas une bouteille ?” : ce genre de choses que l’on juge acceptable dans le milieu de la restauration. Je connaissais toutefois des serveurs moins honnêtes. Et puis, un jour, il y a dix ans, avec un groupe d’amis, nous avons été victimes d’une arnaque éhontée dans une brasserie de la rive gauche. Attirés par la promesse d’une planche de charcuterie bon marché, nous avons passé un excellent moment avant de tomber des nues au moment de l’addition : son montant avait triplé et on nous faisait payer une bouteille de vin bien plus chère que celle que nous avions commandée. Vérifiez la note Mes protestations tournèrent vite au vinaigre avec le serveur qui nia fermement nous avoir promis quoi que ce soit, déclarant avec le mépris le plus français : “À Paris, des œufs mayonnaise coûteraient plus cher que ça.” La réplique est devenue culte dans ma famille chaque fois qu’il est question d’argent. (“En France, on donne ça aux cochons !” est une autre réplique culte, rappelée avec emphase lorsque nous dégustons des panais par exemple.) Honnêtement, j’aime la France et les Français. J’ai des amis et de la famille française, et une part de moi sera toujours cette jeune femme de 18 ans, clouée dans un bar parisien, fumant cigarette sur cigarette, un livre à la main (le grand avantage d’être serveuse en France est de pouvoir lire au travail au lieu de s’entendre dire que l’on doit sourire.) Mais arnaquer les touristes n’est jamais acceptable, même en cette ère de surtourisme et de voyages Instagram. Je ne suis pas opposée à une taxe touristique, à condition qu’elle soit légale. À lire aussi : Italie. Une journée de folie touristique ordinaire à Portofino Mon conseil pour éviter les escroqueries à Paris : évitez les établissements qui appâtent le chaland sur le trottoir ; dites bonjour, s’il vous plaît et merci au moment de commander. Apprenez à dire “eau du robinet”. Sachez que le pain est gratuit. Regardez sur les tables autour de vous la taille des boissons servies aux autres clients et, si nécessaire, faites-le observer quand vous commandez. Si on vous offre un accompagnement ou un autre type de vin, demandez son prix. Vérifiez la note et n’hésitez pas à poser des questions. Demandez si le service est inclus ou non et vérifiez le montant indiqué sur le terminal de paiement avant de valider. Et – règle des œufs mayonnaise – si une offre paraît trop belle pour être honnête, c’est probablement qu’elle ne l’est pas. Rhiannon Lucy Cosslett Lire l’article original Consommation Europe Société Paris Sur le même sujet Vu du Royaume-Uni. Français, Britanniques ou Allemands : qui remporte la palme du pire touriste ? Série d’été. À Lyon, les traboules continuent de susciter la curiosité et l’émerveillement Vu d’Australie. Les Français sont-ils “juste des Italiens de mauvaise humeur” ? Témoignage. Comment le tourisme a tué mon île Source de l’article The Guardian (Londres) L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui compte dans ses rangs certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. De centre gauche, proeuropéen, The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Contrairement aux autres quotidiens de référence britanniques, le journal a fait le choix d’un site en accès libre. Il est passé au format tabloïd en 2018. Cette décision s’inscrivait dans une logique de réduction des coûts, alors que The Guardian perdait de l’argent sans discontinuer depuis vingt ans. Une stratégie payante : en mai 2019, la directrice de la rédaction, Katharine Viner, a annoncé que le journal était bénéficiaire, une première depuis 1998. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. 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