● Le Monde International 📅 30/03/2026 à 05:59

Un casque bleu de la Finul tué par une explosion d’origine inconnue dans le sud du Liban

Géopolitique
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Des soldats de la FINUL sécurisent les funérailles du père Pierre El-Raï tué le 9 mars lors d’un bombardement israélien à Qlayaa, dans le sud du Liban, le 11 mars 2026. RAFAEL YAGHOBZADEH POUR « LE MONDE » La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a annoncé tôt lundi 30 mars que l’explosion d’un projectile d’origine inconnue avait tué un casque bleu et blessé grièvement un autre dans le sud du Liban. « Un casque bleu a été tué tragiquement hier soir lorsqu’un projectile a explosé sur une position de la Finul près d’Adchit Al Qusayr », dans le sud du Liban où des affrontements ont lieu entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, et « un autre a été grièvement blessé », a écrit la force de l’ONU dans un communiqué. « Nous ne connaissons pas l’origine du projectile. Nous avons ouvert une enquête pour déterminer toutes les circonstances » de l’explosion, a ajouté la Finul. Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a ordonné à l’armée israélienne d’« étendre » la zone tampon dans le sud du Liban. « Nous sommes déterminés à changer radicalement la situation dans le Nord et à rétablir la sécurité pour les habitants de cette région », a-t-il dit, ajoutant qu’il ne se « résigner [ait] pas à une réalité où nos localités et nos citoyens sont constamment menacés ». Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Dans le sud du Liban, le recommencement perpétuel de la guerre : « Les gens du Sud ont vécu tant de sacrifices » Lire plus tard Vers une possible offensive terrestre ? A Téhéran, une série d’explosions ont été entendues dimanche soir, selon un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Le ministère iranien de l’énergie a signalé des coupures de courant dans la capitale et sa région après des « attaques » contre des installations électriques. De son côté, Israël, qui a annoncé de nouvelles salves dans la soirée contre diverses cibles en Iran, a fait état d’un « impact de débris de missile » dans un complexe industriel du sud de son territoire, visé par des tirs des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique. L’Iran poursuit par ailleurs ses frappes à titre de représailles contre des intérêts américains et économiques dans le Golfe. Au Koweït, un bâtiment d’une usine de dessalement, qui génère aussi de l’électricité, a été touché par une attaque iranienne, « provoquant la mort d’un travailleur indien et des dégâts matériels importants », selon le gouvernement de l’émirat. Dix militaires koweïtiens ont auparavant été blessés dans une attaque contre un site des forces armées, selon un communiqué. L’Arabie saoudite a, elle, annoncé avoir intercepté cinq missiles qui se dirigeaient vers l’est du royaume. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Guerre en Iran : ce qu’il faut retenir d’un mois de conflit Lire plus tard Pendant ce temps, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, toujours invisible depuis sa désignation le 8 mars, a remercié l’Irak pour son soutien dans un message écrit. Son absence prolongée alimente les spéculations, Donald Trump ayant même publiquement mis en doute qu’il soit encore en vie. « Changement de régime » Ce dernier a assuré entrevoir un « accord » avec les nouveaux dirigeants iraniens, estimant que la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël avait abouti à un « changement de régime », bien que Téhéran poursuive ses frappes contre les pays du Golfe et que le conflit ne montre aucun signe d’apaisement. Le Monde Application La Matinale du Monde Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer Télécharger l'application Newsletter abonnés « International » L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine S'inscrire Evénement Les Amphis de l'info À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre. Découvrir Le Monde Mémorable Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde » Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde » Découvrir Newsletter « A la une » Chaque matin, parcourez l'essentiel de l'actualité du jour avec les derniers titres du « Monde » S'inscrire Evénement Les Amphis de l'info À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre. Découvrir Mais le président américain a affirmé dimanche soir que les liquidations successives des principaux dirigeants de la République islamique, à commencer par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre, avaient suscité de facto « un changement de régime ». « Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant », a-t-il déclaré à des journalistes, les qualifiant de « bien plus raisonnables » que leurs prédécesseurs. Donald Trump a affirmé « entrevoir un accord » avec ces nouveaux dirigeants iraniens, « peut-être bientôt ». Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Iran, la désescalade dans la confusion de Donald Trump Lire plus tard Parallèlement, les tentatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’arrêter le conflit. Le Pakistan s’est ainsi dit dimanche prêt à « accueillir et faciliter, dans les prochains jours, des pourparlers significatifs » entre les Etats-Unis et l’Iran visant à parvenir à « un règlement global et durable du conflit », se prévalant du soutien croissant de l’ONU et de la Chine. Crise énergétique aggravée Donald Trump a en outre affirmé lors d’un point presse que l’Iran était sur le point d’autoriser dans les prochains jours le passage de vingt navires pétroliers par le détroit d’Ormuz. Les cours du pétrole ont ouvert lundi en nette hausse sur les marchés asiatiques, avant ces déclarations du président américain. Dans un entretien publié dimanche soir par le Financial Times, M. Trump a averti que l’armée américaine pouvait prendre « très facilement » l’île de Kharg, dans le Golfe, qui abrite le plus grand terminal pétrolier de l’Iran, assurant environ 90 % de ses exportations de brut. L’île a été ciblée mi-mars par une attaque américaine. La crise énergétique pourrait encore être aggravée par l’entrée en guerre des rebelles houthistes du Yémen, alliés de l’Iran, qui ont annoncé avoir mené deux attaques samedi contre Israël et pourraient entraver la circulation dans le détroit de Bab El-Mandeb, l’un des couloirs maritimes les plus empruntés au monde. Dans ce contexte, la France réunit lundi un G7 Finances-Energie pour échanger sur les répercussions économiques liées à la guerre. Lire aussi | L’Iran annonce « laisser les navires non hostiles » emprunter le détroit d’Ormuz Lire plus tard Le Monde avec AFP S’abonner
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