● Courrier International
📅 29/03/2026 à 11:39
Après un mois de guerre, que reste-t-il des capacités militaires de l’Iran ?
Géopolitique
Un missile iranien se dirige vers Israël. Photo prise depuis Hébron, en Cisjordanie, le 28 mars 2026. PHOTO MUSSA QAWASMA/REUTERS “Une frappe iranienne contre une base militaire américaine en Arabie saoudite qui a fait une vingtaine de blessés parmi les soldats, deux drones qui ont pris pour cible un port à Oman, et des employés d’une usine d’aluminium à Abou Dhabi blessés lors d’une frappe de drones et de missiles.” Ce petit résumé (non exhaustif) des attaques menées par Téhéran ces derniers jours sert au New York Times à démontrer une chose. Malgré les déclarations de l’administration américaine, qui assure que les capacités militaires de la République islamique ont été quasiment neutralisées, la réalité du terrain montre une autre réalité. “L’Iran dispose toujours d’un arsenal suffisant de missiles et de drones pour déstabiliser la région et infliger des lourdes pertes à ses adversaires, affirme le quotidien. Contrairement à ce que dit Trump, l’Iran est encore bien présent dans la bataille.” Et le média américain, n’est pas le seul journal à dresser ce constat. Selon un article du Guardian publié samedi 28 mars, qui s’appuie sur un rapport de l’agence Reuters, “après un mois de guerre, les États-Unis ont détruit seulement environ un tiers de l’arsenal de missiles et de drones de l’Iran”. Un autre tiers des drones et des missiles dont disposait le régime iranien avant le début du conflit, serait probablement “endommagé ou enfoui dans des tunnels et des bunkers souterrains”, souligne ensuite le média britannique. Un arsenal inutilisable donc, mais qui n’aurait pas été éliminé définitivement pour autant. À lire aussi : Guerre. Les rebelles du Yémen ouvrent un nouveau front au Moyen-Orient en visant Israël Certes, l’intense campagne de bombardement menée conjointement par Israël et les États-Unis a eu pour effet de faire diminuer le nombre de missiles et de drones venant d’Iran, mais en même temps, l’effort fourni par Washington pour protéger ses alliés du Golfe n’est pas sans conséquences, puisque “les stocks de missiles intercepteurs seraient également en voie d’épuisement”, alerte le journal de Londres. La question qui se pose désormais est donc celle que le Financial Times résume ainsi : “Combien de temps Téhéran pourra-t-il maintenir son rythme de tirs actuel — et combien de temps Israël et les États du Golfe pourront-ils continuer à intercepter ces missiles ? ” Pour y répondre, le média britannique a interrogé cinq experts militaires qui fournissent des réponses assez distinctes. “Le taux d’interception des attaques reste élevé” Sascha Bruchmann, de l’International Institute for Strategic Studies, se montre par exemple assez optimiste en rappelant que “les salves de missiles iraniens restent globalement modérées, surtout si on les compare aux trois premiers jours de la guerre”, mais aussi que “les taux d’interception de ces attaques restent très élevés”. Ainsi, l’expert concède que “des attaques de missiles ont bien touché leurs cibles cette semaine”, mais qu’il s’agit globalement de faits “rares”. Pourtant, à en croire Danny Citrinowicz, de l’Institute for National Security Studies, la diminution des attaques iraniennes pourrait en réalité s’inscrire dans une stratégie de moyen terme. “L’Iran semble rationner délibérément son utilisation de missiles et de drones, conscient que le conflit risque de s’éterniser, prévient l’expert, et au rythme actuel, il dispose probablement de suffisamment de missiles pour plusieurs semaines supplémentaires.” Ainsi, explique l’expert au Financial Times, plutôt que de “submerger” ses ennemis, la République islamique viserait à “poursuivre ses attaques dans la durée”. “Un changement d'’approche de la part de l’Iran” En fait, compter le nombre de missiles et de drones lancés par Téhéran chaque jour ne suffirait pas à comprendre avec certitude quelles sont les capacités balistiques restantes de l’Iran. “Ce gouvernement est obsédé par la baisse du volume des frappes de l’Iran, ils adorent citer ce chiffre de moins 90 % depuis le début de la guerre”, critique l’experte militaire Kelly A. Grieco dans les colonnes du New York Times. “Mais peut-être que ce chiffre masque le fait qu’il y a eu simplement un changement d’approche de la part de Téhéran.” Beniamino Morante Moyen-Orient Iran Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Guerre. Au Liban sud, Israël “grignote” du terrain face au Hezbollah pour créer sa “zone tampon” Témoignages. “Vous allez nous laisser seuls avec Mojtaba ?” : les Iraniens se sentent lâchés par Trump Décryptage. Le Tatarstan, ambassadeur informel de la Russie dans le monde islamique Sacrés Français. Des élections perpétuelles Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. 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