● BFM Tech
📅 28/03/2026 à 11:33
"La 3e révolution après le braille et la canne blanche": comment Meta bouleverse la vie des malvoyants avec ses lunettes connectées
Géopolitique
C'est sans doute un usage facilité que peu avaient anticipé. Pourtant, parmi tous les avantages et atouts des lunettes connectées Ray-Ban Meta, il y a ceux qui facilitent la vie des personnes handicapées, et notamment malvoyantes, en améliorant leur mobilité au quotidien. Un produit tech qui, de l'avis même des personnes concernées, s'apparente à une "3e révolution".Les lunettes connectées lancées par Meta et Ray-Ban connaissent un succès indéniable. Si l'entreprise de Mark Zuckerberg n'a pas été pionnière de sa catégorie, ses Ray-Ban Meta l'ont en tout cas rendue grand public, avec un accessoire autant lifestyle que tech. Vous pouvez prendre des photos, répondre à un appel, écouter de la musique, prendre connaissance de vos messages sur les réseaux ou interpeller l'assistant vocal Meta AI pour vous aider. Tout cela d'un clic ou d'un glissement sur la branche de la lunette, ou encore grâce à la voix.Des gestes qui paraissent aussi naturels que simplissimes pour n'importe quel utilisateur. Et c'est même le cas pour des utilisateurs auxquels on n'aurait pas pensé de prime abord: ceux avec des handicaps visuels qui ont su transformer un outil qui ne leur semblait pas destiné en allié de poids.Une véritable aide à l'autonomie"C'est un peu une 3e révolution après l'invention du Braille et de la canne blanche", lâche Thibaut De Martimprey, directeur du Campus Louis-Braille. Pour le responsable, très impliqué dans l'aide et le développement tech pour les personnes malvoyantes, les lunettes connectées sont un bouleversement pour beaucoup. Et l'IA devient une aide à l'autonomie incontournable pour les personnes aveugles et malvoyantes.Par leur format léger et compact, ainsi que la possibilité de les porter sans plus jamais avoir les mains occupées, elles changent leurs vies. "L'utilisation d'un smartphone est souvent complexe et nécessite de mobiliser une main déjà occupée par une canne ou un chien-guide", explique Mélanie Darras, fondatrice de Handicafé. Les lunettes ont rendu sa vie plus simple en permettant, grâce à l'IA et l'intégration d'applications comme Be My Eyes (assistance d'un bénévole à distance qui devient vos yeux via la caméra des lunettes) ou prochainement d'Oorion (identification d'objets spécifiques et guidage de l'utilisateur vers eux), de mieux appréhender son environnement, les objets, la distance, la façon de se mouvoir sans danger.Tous s'accordent à dire qu'un véritable changement de paradigme s'opère. La technologie ne se contente plus de compenser un handicap, elle transforme radicalement le rapport au monde. A l'aide de la caméra des lunettes, les malvoyants peuvent déambuler dans un environnement plus complexe, effectuer davantage de tâches quotidiennes qui pouvaient être stressantes pour eux (vérifier les dates de péremption, se prendre les pieds dans des câbles ou des objets au sol, assortir des couleurs, vérifier si leur vêtement est taché…).L'aide au "dernier mètre"Mais c'est dans la difficulté à définir "le dernier mètre" que les Ray-Ban Meta font des merveilles. Avec son Lidar, l'iPhone avait réussi une avancée comparable mais il faut pointer le smartphone pour savoir où se trouve la personne devant vous dans la file ou encore comment s'ouvre la porte face à vous (poignée à droite ou à gauche, ouverture vers l'avant ou l'arrière, etc.). Avec leur caméra et l'aide d'applications, les lunettes réussissent à définir la distance jusqu'à la chaise libre face à vous pour vous asseoir ou la direction vers l'objet que vous cherchez. Une localisation plus précise en mode "mains libres" qui fait la différence.L'IA devient donc un allié du quotidien pour les malvoyants. Meta AI n'est pas encore tout à fait au point en Europe, mais d'autres intelligences embarquées parviennent à compenser. Oorion a choisi de fonctionner en mode hors ligne et son IA mène les usagers à bon port. "Est-ce qu'on peut se permettre de se dire 'Il n'y avait pas un bon réseau, donc l'IA s'est arrêtée de te décrire ce que tu cherchais'? Et bien non !", martèle Stéphanie Robieux, co-fondatrice de la start-up.Les Ray-Ban Meta facilitent la vie des malvoyants © MetaLa sécurité, la stabilité, la facilité d'utilisation: tels sont les points qui plaident en faveur des lunettes Meta actuelles et en font un véritable outil de vie, non plus un simple gadget. Pour Laura Bononcini, directrice des affaires publiques de Meta pour l'Europe du Sud, c'est même un sentiment de fierté qui envahit le groupe américain face à cette utilisation autour de l'accessibilité."On va vraiment changer la vie de certaines personnes, c'est une énorme fierté de voir qu'on est encore capable de faire ce genre d’innovation", nous confie-t-elle. "Peut-être que ce sera vraiment l’instrument de demain qui va remplacer le smartphone et qui va aider tout le monde." Une fierté aussi toute européenne, nous glisse l'Italienne, car les Ray-Ban Meta sont nées d'un partenariat franco-italien entre le lab FAIR de Paris, alors dirigé par Yann Le Cun et travaillant sur la vision par ordinateur, et la marque transalpine EssilorLuxottica.Loin de l'usage de niche, un vecteur de transformationA la différence d'Apple ou Microsoft qui rendent tous leurs appareils adaptés à tous les handicaps, Meta admet n'avoir pas eu l'accessibilité en tête à la conception de ses lunettes. Retard rattrapé avec désormais une page dédiée sur son site. Ce sont ses utilisateurs qui en ont perçu cet atout pour eux, même si "l'idée de Mark (Zuckerberg, NDLR) a toujours été de donner la possibilité aux gens, quels qu'ils soient, d'avoir accès à internet et à l'IA de manière directe, sans intermédiaire entre eux et les lunettes", résume Laura Bononcini.A la différence du smartphone qui agit comme une barrière pour certains, les lunettes sont dans une interaction plus directe et libre. "Ce n'est pas qu'un simple cas d'usage de niche", martèle la responsable. "C'est le vecteur d'une transformation plus profonde de notre rapport à la technologie."Les lunettes connectées Meta Ray-Ban © MetaRecueillir des infos de personnes en situation de handicap, des données sensibles de santé potentiellement, leurs photos et vidéos: chez Meta, on sait les inquiétudes que cela peut susciter. Alors tout a été fait pour que cela soit stocké localement par défaut et la confidentialité a été au centre du processus de conception des lunettes, "imaginées pour protéger la confidentialité".Dans le futur, Meta espère faire progresser en accessibilité ses produits. Les lunettes Meta Ray-ban avec écran disposent d'un bracelet capable de lire les signaux électriques envoyés par le cerveau aux muscles du poignet. Cela pourrait permettre de contrôler les lunettes par micro-gestes pour ceux qui n'ont plus l'usage de la parole ou des limitations en motricité. Il en irait de même avec l'affichage des informations sur les verres pour aider les personnes malentendantes avec la retranscription en temps réel ou des infos visuelles pour se déplacer, comprendre, avoir des détails… "Les Ray-Ban Meta ne sont pas qu'un accessoire de mode, elles sont le socle d'un monde où la technologie s'adapte à l'être humain, et non l'inverse. L'IA n'est pas une fin en soi, mais bien orientée, elle peut devenir un puissant levier d'inclusion", conclut Thibaut de Martimprey.Les plus lusMort d'Ali Khamenei, embrasement régional, déploiement du Charles de Gaulle... Retour sur un mois de guerre en Iran et au Moyen-OrientChangement d'heure: faut-il avancer ou reculer sa montre?"J'irai au fond des dossiers sur les ovnis": le vice-président des États-Unis JD Vance se dit "obsédé" par le sujetGolf: Tiger Woods, de nouveau impliqué dans un accident de la circulation, arrêté pour "conduite sous influence""Vous voyez ce stylo-feutre?": et soudain Trump interrompt une réunion de crise sur la guerre en Iran pour vanter son marqueur à 5 dollars qui a remplacé les stylos à 1.000 dollars de la Maison Blanche
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