● Courrier International
📅 27/03/2026 à 20:08
Guerre au Moyen-Orient : ce qu’il faut retenir de la journée du vendredi 27 mars
Géopolitique
De la fumée s’élève au-dessus de la banlieue sud de Beyrouth, théâtre d’une frappe israélienne, le 27 mars 2026. PHOTO Mahmoud Hassano/REUTERS Israël poursuit ses frappes sur l’Iran et son opération terrestre au Liban Vendredi 27 mars, le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a annoncé qu’Israël allait intensifier ses frappes sur l’Iran pour faire cesser les tirs de missiles sur son pays. Depuis le 28 février, date du début de la guerre au Moyen-Orient, au moins 1 937 Iraniennes et Iraniens sont morts, selon le ministère de la Santé iranien. Dans le même temps, le gouvernement israélien tente de créer une “zone tampon” dans le sud du Liban jusqu’au fleuve Litani pour “éloigner la menace” du Hezbollah, groupe chiite allié au régime de Téhéran. Si les troupes israéliennes déployées sur place semblent grignoter de plus en plus de territoire, elles rencontrent une résistance féroce, suggère L’Orient-Le Jour, qui rend compte des opérations en cours. Selon son correspondant, par exemple, “les villages de Bayada et de Chamaa connaissent depuis plusieurs heures de violents affrontements entre le Hezbollah et l’armée israélienne, avec l’utilisation de divers types d’armes. Les forces israéliennes ont tenté d’avancer pour prendre le contrôle de ces deux localités, mais ces efforts ont jusqu’à présent échoué.” À lire aussi : Guerre. Au Liban sud, Israël “grignote” du terrain face au Hezbollah pour créer sa “zone tampon” “Les Forces de défense israéliennes se dispersent : avec l’ouverture de nombreux fronts, [elles] sont mises sous pression, [avait] averti mercredi le chef d’État-major, s’adressant aux ministres du gouvernement”, rappelle le site de CNN. Donald Trump repousse l’ultimatum qu’il a adressé au régime des mollahs Alors que le président américain menace de frapper toujours plus durement les infrastructures énergétiques iraniennes si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert, il a annoncé jeudi 26 mars sur son réseau Truth Social qu’il repoussait son ultimatum de dix jours, au 6 avril. Un temps supplémentaire qui devrait être mis à profit pour poursuivre les négociations avec le régime afin de parvenir à un accord de paix. Mais l’état de ces négociations “demeure incertain, car les deux camps envoient des signaux contraires, écrit CNN. L’Iran a exprimé une profonde méfiance à l’égard de Washington, alors que Trump semble frustré par la lenteur des avancées. […] Pendant que la rhétorique d’Israël pousse à l’escalade, les déclarations de l’administration Trump portent davantage à confusion, et sont souvent contradictoires.” Interrogé par Al-Jazeera, Ali Vaez, membre du think tank International Crisis Group, affirme que ce délai laissé par le président américain “est une tentative pour apaiser l’orage sur les marchés financiers et déployer plus d’options militaires dans la région”. À lire aussi : Diplomatie. Guerre au Moyen-Orient : le Pakistan, “médiateur entre l’Iran et les États-Unis” La Maison-Blanche prête à envoyer des troupes supplémentaires dans la zone Selon les informations du Wall Street Journal, recueillies auprès de sources ministérielles proches du dossier, “le Pentagone envisage d’envoyer 10 000 soldats supplémentaires au sol au Moyen-Orient […], alors même que Trump considère l’option des négociations de paix avec Téhéran”. Comme le note le quotidien financier américain, ces troupes d’infanterie et ces véhicules blindés s’ajouteraient aux quelque 5 000 marines et aux milliers de parachutistes déjà déployés dans la région. “Difficile de savoir pour l’heure où ces forces seront envoyées précisément au Moyen-Orient, mais elles seront très probablement à portée de missiles de l’Iran et de l’île de Kharg, une plateforme cruciale pour le transit du pétrole iranien.” À lire aussi : Tribune. Mieux vaut pour Israël un accord avec l’Iran qu’une poursuite de la guerre “Plus de 300 soldats américains ont été blessés depuis le début de la guerre”, note The Guardian, citant des données communiquées par le commandement central américain, vendredi 27 mars. Le passage du détroit d’Ormuz interdit à plusieurs navires Vendredi, le corps des Gardiens de la révolution iraniens a déclaré avoir forcé trois porte-conteneurs à faire demi-tour dans le détroit d’Ormuz, précisant que cette route stratégique était désormais fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à l’“ennemi”. Selon la plateforme de suivi maritime Kpler, deux d’entre eux sont des navires du transporteur maritime chinois Cosco, bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre. Dans un autre article, le Wall Street Journal retrace leur itinéraire maritime, carte à l’appui. À lire aussi : Guerre en Iran. Des milliers de marins asiatiques coincés dans le Golfe : “Les navires se transforment en prisons” L’Iran avait pourtant relâché la pression sur ce passage maritime stratégique, fermé depuis le début des frappes israélo-américaines. Mardi, Téhéran avait déclaré que les navires “non hostiles” pouvaient l’emprunter en suivant un itinéraire approuvé par les autorités. Le site maritime Lloyd’s List avait indiqué mercredi avoir suivi une trentaine de navires ayant emprunté ce corridor, appartenant pour la plupart à des armateurs grecs et chinois, ainsi que d’autres sous pavillons indien, pakistanais et syrien. Vendredi, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a affirmé avoir progressé dans ses discussions avec les alliés des États-Unis sur la manière d’empêcher l’Iran d’instaurer un “système de péage” dans le détroit. Courrier international Moyen-Orient États-Unis Iran Amériques Sur le même sujet À la une du magazine. Guerre en Iran : comment en sortir ? Reportage. En Israël, Dimona et Arad sous le choc après les frappes de missiles iraniens Vu de Téhéran. En Iran, les médias ne croient pas aux négociations avec les États-Unis Une du jour. La stratégie de Trump au Moyen-Orient subit un “retour de flamme” Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. Je reçois mon invitation → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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