● Courrier International
📅 27/03/2026 à 12:27
Chappell Roan subit “une bonne dose de misogynie teintée d’homophobie”
Chappell Roan, à Paris, le 7 mars 2026. La chanteuse américaine est le sujet d’une nouvelle “controverse”. Le footballeur brésilo-italien Jorginho l’accuse d’avoir envoyé un agent de sécurité réprimander sa belle-fille de 11 ans tandis qu’elle prenait son petit-déjeuner dans un hôtel de São Paulo. Depuis, l’agent de sécurité a affirmé avoir agi de son propre chef. Mais c’était trop tard : la Toile s’était déjà enflammée. Le magazine britannique “Dazed” décrypte les relents misogynes et homophobes des réactions. PHOTO SGP/SIPA USA/REUTERS CONNECT Polémique. Chappell Roan subit “une bonne dose de misogynie teintée d’homophobie” 27 mars 2026 “L’incident a provoqué un tollé général.” Encore. Régulièrement, les controverses montées en épingle sur les réseaux sociaux font tanguer le monde de la pop. Mais hélas, il est rarement question de musique. Une chose est sûre : pour le magazine britannique Dazed, “la plupart des critiques adressées à Chappell Roan comportent une bonne dose de misogynie teintée d’homophobie”. Alors que s’est-il (encore) passé pour que Chappell Roan fasse la une de tous les tabloïds ? São Paulo. La chanteuse américaine était au Brésil, à l’occasion du festival Lollapalooza Brazil, quand la polémique a éclaté. Photo Jose Luis Stephens/Alamy Petit rappel des faits. Le 21 mars, le footballeur brésilo-italien Jorginho a accusé la chanteuse américaine, qui prenait son petit-déjeuner dans un hôtel de São Paulo, d’avoir envoyé un agent de sécurité réprimander sa belle-fille de 11 ans (qui se trouve être la fille de Jude Law et de Catherine Harding), et de l’avoir fait pleurer, résume The New York Times. Chappell Roan a affirmé dans une story Instagram qu’elle n’avait pas demandé à qui que ce soit d’intervenir. Et que l’homme impliqué n’était même pas de son service de sécurité. Il a d’ailleurs reconnu être intervenu de son propre chef. “Je n’ai absolumentrien contre ceuxqui aiment ma musique.Et encore moinscontre les enfants.C’est complètement absurde.Je suis désolée pourla maman et la fillettede ce qui s’est passé.J’en suis très triste.Personne ne mérited’être traité ainsi.” Chappell Roan dans sa story Instagram, citée par le quotidien américain The New York Times Mais bon, le mal était fait. Déjà, Eduardo Cavaliere, maire de Rio de Janeiro (qui a pris ses fonctions le 20 mars), n’a pas tardé à s’en prendre à la chanteuse, affirmant qu’elle “ne se produira[it] jamais à Todo Mundo no Rio”, rapporte le quotidien brésilien O Globo. “Ses détracteurs en profitent pour la présenter une fois de plus comme une personne odieuse qui ne supporte pas les enfants.” Autrement dit : “Parce qu’elle n’accepte pas sans broncher les aspects négatifs de sa profession (les sacrifices, l’absence de vie privée, les faux-semblants, et tout ce que cela implique), elle passe pour une vraie connasse avec un grand C.” Des fans attendent Chappell Roan, à Seattle, le 19 juillet 2024. Lors de la campagne présidentielle américaine, la chanteuse a refusé de soutenir Kamala Harris “en raison du soutien continu de l’administration Biden-Harris à Israël pendant son offensive génocidaire contre Gaza”, rappelle “Dazed”. PHOTO CHONA KASINGER/THE NEW YORK TIMES Le magazine britannique synthétise : “Chappell Roan est vue comme la méchante lesbienne qui déteste les enfants et n’aurait pas une once de fibre maternelle parce qu’elle a un jour osé dénoncer l’‘enfer’ de la maternité pour les jeunes femmes.” “Par son comportementet sa sexualité, Chappell Roanne correspond pas à la visionidéale que nous avonsde la féminité, et sesdétracteurs passentleur temps à essayerde la faire rentrerdans le rang. Mais elle n’aaucune intention de les laisserfaire et ça les rend dingues.” Le magazine britannique Dazed Chappell Roan, à Franklin, dans le Tennessee, le 1er octobre 2024. L’icône de la pop queer “fait d’importants dons pour soutenir les jeunes transgenres et les communautés LGBTQ+ du monde entier”, rappelle le magazine britannique “Dazed”. PHOT FLETCHER MOORE/THE NEW YORK TIMES Par ailleurs, Dazed rappelle l’engagement concret de la pop star à l’égard des causes qu’elle défend : “L’année dernière, elle a réussi à réunir 592 601 dollars [plus de 513 000 euros] de dons dans le cadre de sa tournée.” Ce n’est pas la première fois qu’une femme qui ose refuser de se plier à ce que les hommes attendent d’elle est taxée d’agressivité. Mais, comme le suggérait Delphine Seyrig en 1972, le calme, parce qu’il est calme, n’est pas forcément sympathique. Et ce car il est souvent l’apanage de ceux qui, partiellement ou totalement à l’abri de la domination, n’ont pas besoin de hausser le ton pour avoir droit au respect.— Éloïse Duval À lire aussi : Musique. Chappell Roan, la pop star qui se méfie de ses fans À lire aussi : Verbatim. Chappell Roan avertit ses fans : “Je n’accepte pas qu’on me touche et qu’on me suive” À lire aussi : Musique. Billie Eilish, Chappell Roan, Muna… : la pop lesbienne ne mâche plus ses mots
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