● Courrier International 📅 27/03/2026 à 12:28

Le rayon chips des supermarchés français, cet infâme lieu de perdition

Géopolitique
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Le rayon chips dans un supermarche Leclerc, à Auch, le 25 decembre 2025. Photo JEAN-MARC BARRERE/Hans Lucas/AFP [Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 15 février 2026 et republié le 27 mars] J’ai passé Noël en France, qui s’y est montré sous ses plus beaux atours : des décorations du meilleur goût, des étals de marché débordant de fruits et légumes de première fraîcheur, assez de fromages pour boucher le tunnel sous la Manche tel le cholestérol vos artères, et des plateaux de fruits de mer scintillant à travers les vitres embuées des brasseries. À lire aussi : Vu du Royaume-Uni. Les Français et les chips, une histoire croustillante Observant une file d’attente longue et disciplinée de citoyens endimanchés venus chercher la bûche de Noël* artisanale qu’ils avaient commandée, j’ai pensé avec mépris à ma ville d’origine – prends-en de la graine, York, toi qui à cette période de l’année te transformes en cour des miracles, jonchée de cocktails en canette et envahie par les effluves de vapoteuses parfum tourte à la viande. Chips au beurre salé, les meilleures du monde Or tout ce prétendu art de vivre* n’est qu’une façade d’élégance. Au fond, la France ne cède pas moins que le reste du monde à ses appétits les plus vils. Allez donc faire un tour dans un supermarché, vous verrez. Le rayon chips est un infâme lieu de perdition où se côtoient les goûts “Bleu d’Auvergne”, “Falafels”, “Carbonade flamande” et “Beurre salé”. Mais qui mange des chips au beurre ? Le scandale est au moins aussi grand que celui des “beignets fourrés au beurre” qu’on trouve, dit-on, sur certaines fêtes aux États-Unis. Alors oui, l’humoriste britannique Tatty Macleod disait récemment qu’elle n’avait jamais mangé de meilleures chips que celles au beurre salé, mais elle a grandi en Bretagne – les Bretons ont dû lui faire un lavage de cerveau. À lire aussi : Snack. Pourquoi les chips au paprika font craquer les Allemands Je suis bien consciente que l’industrie mondiale de la chips aromatisée est un Far West aussi anarchique et impitoyable que la Big Tech. Aucun répit n’est laissé à cette pauvre pomme de terre, elle qui pourtant n’a besoin que d’une légère pluie de sel pour se donner dans toute sa dignité. Nous-mêmes au Royaume-Uni traînons un sombre passé en matière de parfums de chips, surtout en période de fêtes : rappelez-vous, 2025 nous avait fourgué les Doritos goût pain d’épices et les chips Walkers parfum bœuf Wellington. Et qui a pu oublier l’année où chez Marks & Spencer ils s’étaient dit que “prosecco et baies d’hiver” ferait un goût intéressant pour des biscuits salés ? Enfin, je me faisais une plus haute idée de la patrie d’Escoffier. Et maintenant, quoi ? Des chips goût foie gras ? Saveur profiteroles ? Fumées aux Gauloises blondes ? Allez, je m’arrête là, je vais leur donner des idées. Emma Beddington Lire l’article original Gastronomie Europe Nos lecteurs ont lu aussi Polémique. Chappell Roan subit “une bonne dose de misogynie teintée d’homophobie” Politique. Avec son Autorité douanière à Lille, l’UE “reste un club d’Europe occidentale” Vu d’Ukraine. La France épuise-t-elle ses missiles coûteux contre les drones iraniens ? Paléontologie. Le chien est le meilleur ami de l’homme depuis plus longtemps qu’on ne le pensait Source de l’article The Guardian (Londres) L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui compte dans ses rangs certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. De centre gauche, proeuropéen, The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Contrairement aux autres quotidiens de référence britanniques, le journal a fait le choix d’un site en accès libre. Il est passé au format tabloïd en 2018. Cette décision s’inscrivait dans une logique de réduction des coûts, alors que The Guardian perdait de l’argent sans discontinuer depuis vingt ans. Une stratégie payante : en mai 2019, la directrice de la rédaction, Katharine Viner, a annoncé que le journal était bénéficiaire, une première depuis 1998. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. Je reçois mon invitation → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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