● Le Monde International 📅 27/03/2026 à 11:36

Syrie : l’ONU alerte sur de possibles crimes de guerre à Souweïda après des violences meurtrières dans la ville druze en juillet

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A habitant de Souweïda montre les lieux d’une fusillade, le 25 juillet 2025. L’homme a déclaré aux journalistes de Reuters avoir survécu à l’attaque qui a tué ses proches et ses amis. KHALIL ASHAWI / REUTERS Des « crimes de guerre » et des crimes contre l’humanité pourraient avoir été commis lors des violences qui ont secoué la province druze syrienne de Souweïda en juillet dernier, faisant plus de 1 700 morts, ont affirmé vendredi 27 mars des enquêteurs de l’ONU. « Les graves violations commises par les forces gouvernementales et les groupes armés druzes pourraient constituer des crimes de guerre », a déclaré Fionnuala Ni Aolain, membre de la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie, dans un communiqué. La province à majorité druze de Souweïda, dans le sud de la Syrie, avait été le théâtre d’affrontements meurtriers en juillet entre combattants druzes et Bédouins sunnites, qui s’étaient étendus avec l’intervention des forces gouvernementales et de tribus venues d’autres régions. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Syrie : dans la ville druze de Souweïda, un cycle de vengeances Lire plus tard Dans son dernier rapport, la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie affirme avoir documenté des « exécutions, des actes de torture, des violences sexistes et des incendies de maisons à grande échelle », lors des violences qui ont secoué le cœur de ce territoire contrôlé par les Druzes, qui pratiquent une religion ésotérique issue de la branche ismaélienne du chiisme. 1 700 morts La commission, qui enquête sur les violations du droit international commises en Syrie depuis le début de la longue guerre civile, en 2011, a détaillé « trois vagues de violences simultanées » à Souweïda entre le 14 et le 19 juillet 2025, faisant plus de 1 700 morts et près de 200 000 déplacés. Le rapport, s’appuyant sur 409 témoignages de survivants et de témoins, ainsi que sur des visites de terrain, précise que la première vague de violences, du 14 au 16 juillet, avait été la plus meurtrière. Les forces gouvernementales, accompagnées de combattants tribaux, ont commis des « violations généralisées du droit international humanitaire et des droits de l’homme à l’encontre des civils druzes », avec notamment des « meurtres, tortures, détentions arbitraires et pillages », selon la commission. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’armée syrienne entre dans le fief druze de Souweïda Lire plus tard Israël accusé d’avoir contribué à l’instabilité Lors d’une deuxième vague, qui a débuté le 17 juillet alors que les forces gouvernementales se retiraient à la suite de frappes aériennes israéliennes, des groupes armés druzes ont attaqué des civils bédouins, avec là aussi des meurtres et actes de torture. Le Monde Application La Matinale du Monde Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer Télécharger l'application Newsletter abonnés « International » L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine S'inscrire Evénement Les Amphis de l'info À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre. Découvrir Le Monde Mémorable Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde » Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde » Découvrir Newsletter « A la une » Chaque matin, parcourez l'essentiel de l'actualité du jour avec les derniers titres du « Monde » S'inscrire Evénement Les Amphis de l'info À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre. Découvrir Et puis, du 17 au 19 juillet, des combattants tribaux ont pris pour cible des civils druzes en représailles, a précisé la commission, soulignant que des membres des forces gouvernementales avaient alors ôté leurs uniformes pour participer aux violences. La commission a également rappelé que les frappes israéliennes avaient non seulement tué et mutilé des civils, mais aussi contribué à l’instabilité, « alimentant les accusations de trahison contre les dirigeants de la communauté druze et provoquant des représailles contre l’ensemble de la communauté ». Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Syrie, l’intervention d’Israël dans la bataille de Souweïda Lire plus tard Le rapport a aussi averti que la province demeurait profondément divisée et que la quasi-totalité des quelque 200 000 personnes déplacées en juillet restaient dans l’impossibilité de rentrer chez elles. « Il est urgent de déployer des efforts accrus pour que tous les auteurs de ces actes rendent des comptes, quels que soient leur affiliation ou leur rang, afin de rétablir la confiance au sein des communautés victimes, parallèlement à un véritable dialogue pour s’attaquer aux causes profondes du conflit », a déclaré Paulo Pinheiro, président de la commission. Le Monde avec AFP S’abonner
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