● Courrier International
📅 26/03/2026 à 13:03
Ces “terrifiants” plans de bataille propulsés par l’intelligence artificielle
Géopolitique
La une de l’édition de “Bloomberg Businessweek” datée du 1er avril 2026. Bloomberg Businessweek À en croire l’illustration à la une de Bloomberg Businessweek, la guerre de l’avenir n’a pas grand-chose de futuriste. Le cheval qu’enfourche un cavalier à tête de mort est dessiné en art ASCII, ce format graphique né dans les années 1960, lointain ancêtre de l’intelligence artificielle (IA). Inspirée du tableau Washington ralliant les Américains à la bataille de Princeton (1848), l’image du graphiste argentin Enigmatriz introduit une distance ironique avec cet avenir militaire dopé à l’IA “qui rebat les cartes des états-majors et de la Silicon Valley”. Le titre à la une est du même ton : “Voici l’avenir de la guerre”. Le Pentagone “accro” à l’IA Dans les pages intérieures de l’édition datée du 1er avril du magazine économique américain, l’article titré “‘Mon dieu, c’est terrifiant’ : comment le Pentagone est devenu accro aux IA machines de guerre” explore la fascination qu’exerce sur l’armée américaine la “vision de la guerre menée par l’IA” que défend la Silicon Valley. Une fascination dont les premiers jours de la guerre en Iran ont fait la frappante démonstration. Grâce au système Maven, ce programme développé pour le Pentagone par l’entreprise Palantir, les États-Unis “ont frappé 1 000 cibles au cours des premières vingt-quatre heures de la guerre”, et 5 000 en dix jours. À lire aussi : Moyen-Orient. Comment l’IA a accéléré les frappes américaines en Iran Katrina Manson, qui vient de publier Project Maven (“Projet Maven”, inédit en français), dont elle donne des extraits dans cet article, décrit “une décennie de quête par l’armée américaine pour mettre au point des outils de guerre fondés sur l’IA et la façon dont les États-Unis envisagent l’avenir de la guerre au temps de l’IA”. Une technologie “loin d’être au point” L’objectif de l’état-major consisterait à choisir “1 000 cibles non pas en une journée, mais en une heure”. Mais si la technologie s’est considérablement améliorée, “elle est encore loin d’être au point”, affirme l’autrice. Cette impréparation a poussé le PDG d’Anthropic, à l’origine du chatbot Claude, à dénoncer son contrat avec le Pentagone. Depuis, Anthropic est devenue la bête noire de l’administration Trump, et s’est portée en justice pour dénoncer sa mise au ban du Pentagone. À lire aussi : IA. Les vrais ressorts du clash entre Anthropic et le Pentagone Au sein de l’armée, malgré “la démonstration de force en Iran”, certains hauts gradés “redoutent que les États-Unis ne prennent du retard” dans la guerre algorithmique. D’autres estiment que les opérations en Iran ne sont qu’une aimable préfiguration de ce qui se passerait avec la Chine à Taïwan… Et tout le monde n’a pas l’air de valider la course en avant de l’IA militaire. Parmi les multiples interlocuteurs que Katrina Manson a rencontrés, un membre de l’équipe qui travaille sur les armes autonomes pour l’armée américaine explique : “Il y a quelque chose d’étrange, une impression d’irréel, je ne veux pas dire ‘religieux’, ce n’est pas le mot juste. Mon Dieu, c’est terrifiant.” Katrina Manson rapporte des incidents et autres aléas de l’IA militaire qui font froid dans le dos. Et Jack Shanahan, un général retraité qui a dirigé le projet Maven, n’a rien de rassurant quand il affirme : “À ce stade, trop se reposer sur ces modèles est la recette d’une catastrophe.” Guerre en Iran Sciences et environnement Économie Nouvelles technologies Politique de défense Sur le même sujet Technologie. En Iran, l’IA Claude au cœur de la guerre Allemagne. Guerre en Iran : plusieurs médias s’excusent d’avoir publié des photos modifiées par l’IA Décryptage. Missiles, défense antiaérienne : les États-Unis peuvent-ils combattre l’Iran encore longtemps ? Analyse. Comment Trump s’applique à rendre les dirigeants iraniens paranoïaques Source de l’article Bloomberg Businessweek (New York) Créé en septembre 1929 – quelques semaines avant le krach –, le magazine des affaires Business Week est resté pendant quatre-vingts ans dans le giron de l’éditeur américain McGraw-Hill. Mais au début des années 2000, ses revenus publicitaires s’effondrent et le titre devient déficitaire. L’hebdomadaire est racheté en 2009 par le groupe Bloomberg, qui le rebaptise et en fait un mensuel. Grâce au réseau international de la puissante agence du groupe, Bloomberg Businessweek peut aujourd’hui compter sur 2 700 journalistes et analystes, installés dans quelque 70 pays. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. Je reçois mon invitation → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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