● BFM Tech 📅 26/03/2026 à 12:19

Privée de Starlink, Moscou déploie Rassvet, sa propre constellation de satellites: la Russie veut contrôler ses communications militaires et couvrir sa grande offensive de printemps en Ukraine

Géopolitique
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La Russie a lancé les 16 premiers satellites de la constellation Rassvet pour sécuriser ses communications (illustration) - BFM TechLa Russie a lancé les 16 premiers satellites de la constellation "Rassvet" pour sécuriser ses communications, après la coupure du réseau américain Starlink il y a quelques semaines. Ce déploiement intervient au moment où les forces russes lancent une nouvelle offensive de printemps en Ukraine.C’était un coup dur pour Moscou. Début 2026, les forces armées russes ont brutalement perdu l’accès à Starlink, le réseau de communication et d’internet reposant sur des milliers de satellites en orbite terrestre basse, désactivé par son propriétaire Elon Musk. Le 1er février, SpaceX a éteint les terminaux non enregistrés et ne figurant pas dans la "liste blanche" approuvée par Kiev.Privées de systèmes de communication efficaces et d’une partie de leurs drones, les unités russes ont été fragilisées, permettant aux forces ukrainiennes de reprendre l’initiative et, dans certains secteurs, de regagner du terrain. Les premières alternatives russes, basées sur les satellites Yamal, n’ont pas donné les résultats escomptés.Face à cet échec, Moscou a décidé de passer à l’action, mais il a fallu attendre le 23 mars à 20 h 24, très précisément, pour voir la Russie lancer ses premiers "nouveaux" satellites. Le Bureau 1440, une entreprise aérospatiale russe, a ainsi mis en orbite 16 satellites de la constellation "Rassvet". Cette étape a été présentée comme le passage de l’expérimentation au lancement d’un service de communication satellitaire, plus global."Les Russes ne peuvent pas dépendre des décisions d’un Nord-Américain pour leur politique, surtout dans des enjeux militaires stratégiques. Donc voir ce déploiement n’est pas surprenant: ça a pris du temps, les Chinois sont plus avancés, mais ça se met en place", analyse Bruno Guglielminetti, spécialiste des nouvelles technologies et des médias numériques pour l'émission quotidienne Tech & Co."C’est une structure critique, au même titre que les satellites GPS ou les câbles sous-marins. Avec Rassvet, la Russie arrive un peu en retard dans la course mondiale aux méga-constellations", note de son côté Enguérand Renault, directeur de la rédaction de Satellifacts dans l'émission. Le pays rejoint ainsi le cercle restreint de nations disposant d’une ou plusieurs constellations de satellites, étatiques ou privées, à l’image des États-Unis, de la Chine, de la France, de l’Union européenne ou de l’Inde.L'expert ajoute que "la Russie, isolée à cause de la guerre, n’a personne pour l’aider ou lui louer de la capacité. Pourtant, rappelons que c’est le pays du premier Spoutnik. Être en retard aujourd’hui sur l’infrastructure Internet et télécoms en orbite basse, c’était regrettable pour Moscou, mais inévitable".Offensive russe de printempsCe lancement intervient dans un contexte particulièrement stratégique pour Moscou. Selon plusieurs analystes, l’armée russe a lancé son offensive de printemps il y a quelques jours, visant les positions ukrainiennes à différents points du front. Entre le 17 et le 20 mars, les forces russes ont mené 619 attaques, d’après l’Institute for the Study of War, signalant une montée en puissance brutale des combats.L’offensive russe de printemps vise la ceinture de "forteresses" ukrainiennes autour de Donetsk, derniers bastions du Donbass sous contrôle de Kiev. Pour progresser, l’armée russe a mené ces derniers jours plusieurs assauts mécanisés, rares en raison de la menace des drones, frappant Lyman le 19 mars puis Sloviansk le 22 mars.Sur le même sujetLa Russie ne "retrouvera pas pleinement le niveau d'efficacité qu'elle avait avec Starlink": coupée du système "pratiquement irremplaçable" d'Elon Musk, l'armée russe subit des revers en Ukraine faute d'alternativeStarlink : Moscou lance sa constellation - 24/03Mais ce regain d’intensité a un coût humain énorme: 6.090 morts et blessés en seulement quatre jours, soit plus de 1.500 pertes par jour, selon le chef d’état-major ukrainien Oleksander Syrski. Pour progresser, Moscou a tiré parti d’une météo dégradée (brouillard et faible visibilité) qui a limité l’efficacité des drones ukrainiens. Une fenêtre tactique saisie, donc, au prix d’assauts extrêmement meurtriers.Les plus lus"Tout le monde savait tout sur moi": Loana, première star et victime à vie de la téléréalité françaiseArme à feu, 17.000 euros... Ce que révèle la fouille du véhicule du principal suspect dans la mort de deux femmes retrouvées au Portugal"L'information n'est pas vraie", Mbappé répond aux révélations sur l'erreur du Real Madrid après sa blessureLe rappeur Gims en garde à vue dans une affaire de blanchiment en bande organiséeÉlection présidentielle 2027: Bruno Retailleau estime qu'"un candidat macroniste ne pourra pas être élu"
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