● Courrier International
📅 26/03/2026 à 11:02
Quand les Américains s’initient au style de vie chinois : le “Chinamaxxing”
Géopolitique
Sur les réseaux sociaux, les Américains découvrent le style de vie chinois et la médecine traditionnelle via la tendance du Chinamaxxing. Louée par la presse officielle chinoise, car elle permet de développer le soft power du pays, elle est aussi la cible de nombreuses critiques. Capture d’écran @cowboykill3r via TikTok Vidéo. Quand les Américains s’initient au style de vie chinois : le “Chinamaxxing” 26 mars 2026 Depuis janvier, des internautes proclament qu’ils sont “dans une phase très chinoise de leur vie”. “Cela s’inscrit dans le phénomène dit du ‘Chinamaxxing’, une tendance nouvelle, lancée aux États-Unis, qui passe notamment par le partage de mèmes et de vidéos vantant la culture chinoise”, détaille le média new-yorkais The Cut. Explication en vidéo. Le journal allemand de gauche Die Tageszeitung remarque que la tendance est le terrain de nombreuses controverses. “À commencer par celle-ci : ce nouveau phénomène ne serait qu’une forme d’orientalisme”, relève l’article. L’orientalisme est une théorie que l’on doit à Edward Saïd, universitaire américain d’origine palestinienne. Sa thèse veut que l’Occident dépeigne l’Orient comme une terre exotique, particulièrement étrange. Cela permet à l’Occident d’affirmer une prétendue supériorité sur les pays orientaux. Le Chinamaxxing s’est aussi vu taxé d’appropriation culturelle avant que, remarque la Tageszeitung, “l’argument ne se retourne contre ses défenseurs : ces accusations seraient elle-même racistes, car elles laissent entendre que la culture chinoise serait marginalisée”. Puis une pluie de théories ont été échafaudées : cette tendance marquerait la montée en puissance du soft power chinois ou un rejet conscient de l’hégémonie américaine. Toutes ces interprétations coexistent sur les réseaux sociaux, sans pour autant que l’une remette en question l’autre, regrette la Tageszeitung. Un vêtement porté par l’humoriste Jesse Appell, figure incontournable de la scène florissante du stand-up en Chine, à Los Angeles, le 3 février 2026. Originaire de Boston, il a transformé sa fascination pour la culture chinoise en une carrière d’humoriste qui s’étend sur une décennie dans ce pays. PHOTO ALEX WELSH/THE NEW YORK TIMES Résultat : “On sait comment chacun se positionne, mais on ne sait plus grand-chose sur le fond du sujet.” “Les accusations d’orientalisme dénotent une certaine ouverture culturelle, celles d’appropriation culturelle une sensibilité morale, les réflexions sur le soft power une clairvoyance géopolitique, et celles sur la propagande une lucidité critique. Le point de vue de chacun ne dépend donc pas seulement du sujet, c’est aussi une affaire d’habitudes personnelles.” Le quotidien allemand Die Tageszeitung Pour la Tageszeitung, ces thèses, ou plutôt ces prises de position, ont un caractère performatif : “Il ne s’agit pas tant de se faire une opinion que de l’étaler sur les réseaux”, écrit encore le média allemand. Ce “patchwork d’interprétations” ne mène pas à grand-chose, si ce n’est à mettre côte à côte des opinions présentées comme des essais sociologiques ou philosophiques. “Mais cela n’a-t-il pas aussi du bon parfois ?” se demande le journal.⏤ Camille Miloua Giraudeau À lire aussi : Réseaux sociaux. Chen Rui, le meilleur imitateur de Trump, est un influenceur chinois À lire aussi : Vidéo. Chongqing, la mégapole chinoise cyberpunk devenue virale À lire aussi : Santé. “Êtes-vous mort ?” l’étrange appli qui cartonne en Chine
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