● Le Monde International 📅 26/03/2026 à 11:04

A Nabatiyé, au Liban sud, « personne ne s’aventure plus dehors, hormis les équipes de secours »

Géopolitique
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RAFAEL YAGHOBZADEH POUR « LE MONDE » A Nabatiyé, au Liban sud, « personne ne s’aventure plus dehors, hormis les équipes de secours » Par Madjid Zerrouky (Nabatiyé [Liban], envoyé spécial) Publié aujourd’hui à 11h04, modifié à 11h49 Temps de Lecture 5 min. Article réservé aux abonnés ReportageComme 42 autres secouristes depuis le début de la guerre, le 2 mars, Joude Souleiman, âgé de 16 ans, a été tué par une frappe de drone israélien. Dans la deuxième ville chiite du sud du pays, seules quelques centaines de personnes, sur les 75 000 habitants, sont demeurées sur place. Les dernières images de Joude Souleiman, 16 ans, et de son camarade Ali Jaber, 21 ans, datent du 21 mars. L’équipe des secouristes de Nabatiyé, la deuxième ville chiite du sud du Liban, fêtait l’Aïd-el-Fitr après une nuit de nouveau éreintante, commentant les frappes aériennes nocturnes qui avaient encore secoué la cité. Lire aussi | EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : l’Iran et Israël continuent leurs attaques aériennes ; l’Irak va saisir l’ONU après un bombardement sur son territoire Lire plus tard Ce matin du mercredi 25 mars, leurs corps sont étendus à même le sol, enveloppés dans des linceuls blancs, sous le petit préau qui ouvre sur le vieux cimetière du quartier de Nabatiyé Al-Tahta, veillés par des dizaines de secouristes en uniforme, arrivés en ambulances de tous les postes de secours de la ville et de ses environs. Peu avant que Joude Souleiman ne soit emporté vers le carré des martyrs, la voix brisée de sa sœur, clamant son prénom, fige l’assemblée et les prières. La veille, un drone israélien a fauché les deux jeunes volontaires qui circulaient, vêtus de leurs uniformes, sur une avenue de Nabatiyé, à bord d’un scooter. Arrivé sur les lieux quelques minutes après l’attaque, Mohamad Souleiman, le père de Joude, et chef des secouristes, découvre le deux-roues disloqué et en feu. Son fils est étendu sans vie sur la chaussée. Avec le retour de la guerre, Joude Souleiman avait, comme lors de la précédente, fin 2024, insisté pour rester aux côtés de son père et « aider les gens de la ville ». « Ils portaient un casque et un uniforme. Ils étaient identifiables. Ils circulaient tous les jours à bord de ce scooter. Les Israéliens, dont les drones nous survolent continuellement, savaient parfaitement qui ils étaient », dénonce M. Souleiman. « Ils s’occupaient de ravitailler les habitants restés en ville et de s’assurer qu’ils allaient bien », décrit Mohamed (qui n’a pas souhaité donner son nom), 42 ans, un autre membre de l’équipe. Assis à l’écart de la prière collective et anéanti par la peine, le secouriste qualifie la mort de ses « frères » de « meurtre de sang-froid : un nouveau crime israélien ». Il vous reste 74.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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