● BFM Tech
📅 26/03/2026 à 11:58
Coupure totale, couvre-feu ou limitation du temps d'écran: le Royaume-Uni teste l'interdiction des réseaux sociaux auprès de centaines d'adolescents
Cybersécurité
Face à l’inquiétude croissante autour de l’impact des réseaux sociaux sur les adolescents, le Royaume-Uni lance une expérimentation inédite auprès de 300 adolescents. Pendant six semaines, certains verront leurs réseaux désactivés, d’autres devront composer avec un couvre-feu numérique nocturne ou une limitation stricte. L'objectif? Nourrir le débat sur l'interdiction des plateformes aux moins de 16 ans alors que les pairs doivent voter sur des restrictions inspirées du modèle australien.Et si, pour comprendre l’emprise des réseaux sociaux sur les adolescents, il fallait tout simplement… les en priver? C'est en tout cas le pari du Royaume-Uni. Comme le rapporte le Guardian, le gouvernement a décidé de passer à l’expérimentation grandeur nature, en testant différentes formes de restriction auprès de plusieurs centaines de jeunes.300 adolescents, répartis dans les quatre nations du pays, vont participer à ce test. Pendant six semaines, certains verront leurs réseaux sociaux désactivés, "simulant une interdiction pure et simple à domicile". D’autres devront composer avec un couvre-feu numérique nocturne ou une limitation stricte, une heure par jour, sur des plateformes devenues omniprésentes comme Instagram, Tiktok ou Snapchat. Un troisième groupe, lui, servira de point de comparaison, sans aucune contrainte.Pallier le manque de donnéesL’objectif est clair: observer et tenter de comprendre comment ces restrictions affectent les adolescents. Les participants seront interrogés sur les répercussions sur leur vie familiale, leur sommeil et leurs études. Ils seront également questionnés sur les difficultés pratiques rencontrées, telles que la possibilité de mettre en place un contrôle parental ou les "solutions que les adolescents pourraient trouver pour le contourner".Pour la secrétaire d'État aux Technologies, Liz Kendall, il s'agit de "tester différentes options en situation réelle"."Ces projets pilotes nous apporteront les données nécessaires pour franchir les prochaines étapes, en nous appuyant sur l'expérience des familles elles-mêmes", précise-t-elle.En effet, malgré l’omniprésence des écrans dans la vie des adolescents, leurs effets précis sur le développement cognitif et psychologique restent partiellement inconnus. Et si les gouvernements tentent de légiférer, ils manquent de données. Le gouvernement britannique tente donc d'y remédier.Réseaux sociaux: ces parents organisent la riposte pour protéger leurs ados 20:05Une étude d’ampleur, financée par le Wellcome Trust et menée par le Bradford Institute for Health Research, ainsi que la professeure Amy Orben, psychologue à l'Université de Cambridge, doit ainsi suivre près de 4.000 collégiens âgés de 12 à 15 ans. Elle s’intéressera à des indicateurs aussi variés que la qualité du sommeil, l’image de soi, le temps passé en famille ou encore l’exposition au harcèlement.En parallèle, les parlementaires britanniques ont ouvert une enquête sur les effets neurologiques des usages numériques sur le développement cérébral des enfants. Les députés examineront comment la dopamine et d'autres hormones libérées lors de l'utilisation d'appareils électroniques affectent le développement cérébral, et si les effets des jeux vidéo diffèrent de ceux de l'utilisation des smartphones.Entre prudence politique et pression"Nous en savons encore trop peu", reconnaît la députée Chi Onwurah, présidente de la commission de la science, de l'innovation et de la technologie. Elle appelle à une base scientifique plus robuste pour éclairer les décisions politiques.Ce test à grande échelle et ces différentes actions interviennent dans un contexte de tensions croissantes. Le Royaume-Uni subit une pression politique forte pour suivre l’exemple de l’Australie, premier pays à avoir interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans l'an dernier. Mais la stratégie est loin de faire consensus.Plus tôt ce mois-ci, les députés britanniques ont rejeté une proposition visant à interdire purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le débat est cependant loin d’être clos. La question revient déjà par la fenêtre parlementaire. La semaine prochaine, la Chambre des Lords doit en effet se prononcer à nouveau sur cette interdiction, présentée sous forme d’amendement au projet de loi sur le bien-être des enfants et les écoles, porté par le pair conservateur et ancien ministre John Nash.Si l'interdiction pure et simple fait débat, la façon de faire est, elle aussi, loin de faire consensus. Pour John Nash, les expérimentations du gouvernement, comme ce test grandeur nature, ne sont que des "demi-mesures" qui transfèrent la responsabilité sur les familles plutôt que sur les géants du numérique. Même son de cloche chez certaines associations et auprès de parents endeuillés qui dénoncent l’inaction face à des plateformes jugées dangereuses et addictives.Les ados bientôt privés de réseaux sociaux – 26/01 26:57"Aujourd’hui, partout au Royaume-Uni, les parents n’attendent ni consultations ni révisions. Ils voient leurs enfants naviguer sur Internet, envoyer des messages et interagir sur des plateformes qu’ils savent dangereuses. Ils tentent de fixer des limites sans aucun cadre légal. Ils sont inquiets, dépassés et font de leur mieux pour protéger leurs enfants dans un système qui n’est pas conçu pour les aider", précisent-ils dans une lettre adressée aux parlementaires.Une onde de choc européenne… et françaiseUne consultation publique, qui a déjà recueilli près de 30.000 contributions de parents et d’enfants, doit également nourrir le débat. Elle vise à déterminer si le Royaume-Uni doit suivre l'exemple de l'Australie. Cette consultation se termine le 26 mai.Le pays n’est pas un cas isolé. Partout en Europe, les signaux d’alerte se multiplient. Le Parlement européen a récemment adopté une résolution appelant à un renforcement des restrictions d’âge. Bien que non contraignante, celle-ci accroît la pression en faveur d'une législation européenne.L’Espagne, l’Indonésie et surtout la France réfléchissent à des dispositifs similaires. Dans l’Hexagone, le sujet s’est imposé dans le débat public à la faveur de plusieurs rapports alarmants sur la santé mentale des jeunes, et notamment le rapport de la commission parlementaire sur les effets psychologiques de Tiktok sur les mineurs. En janvier, l'Assemblée nationale a voté l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Le gouvernement souhaite rendre cette interdiction effective dès la rentrée 2026.Mais, comme outre-Manche, la France fait face à une même difficulté: légiférer sans certitudes scientifiques pleinement établies, tout en répondant à une inquiétude sociale croissante. Surtout, le texte français se heurte à de lourds obstacles juridiques et techniques, notamment au regard du droit européen.Les plus lus"Tout le monde savait tout sur moi": Loana, première star et victime à vie de la téléréalité françaiseArme à feu, 17.000 euros... Ce que révèle la fouille du véhicule du principal suspect dans la mort de deux femmes retrouvées au Portugal"L'information n'est pas vraie", Mbappé répond aux révélations sur l'erreur du Real Madrid après sa blessureLe rappeur Gims en garde à vue dans une affaire de blanchiment en bande organiséeÉlection présidentielle 2027: Bruno Retailleau estime qu'"un candidat macroniste ne pourra pas être élu"
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