● Le Journal du Geek 📅 26/03/2026 à 08:01

Critique Un Très Mauvais Pressentiment : que vaut la série horrifique des papas de Stranger Things ?

Data Science 👤 Allan Blanvillain
🏷️ Tags : rag rte
Illustration
© Netflix Il est tard lorsque nous lançons le premier épisode de Something very bad is going to happen, ou Un Très Mauvais Pressentiment en version française. Un titre à rallonge qui attire forcément l’attention. Enfin, c’est plutôt le nom de ses producteurs exécutifs sur lequel Netflix va tenter de capitaliser pour obtenir notre attention. Matt et Ross Duffer, les frangins responsables des 42 épisodes de Stranger Things – et pas du 43ᵉ qui n’existe toujours que dans une hallucination collective. Offrez-vous Stranger Things Risk Dans le milieu, on appelle ça un effet d’annonce. Par le réalisateur de, par le producteur de… du marketing pour appâter le chaland alors que le dit bonhomme n’a jeté qu’un œil distrait au projet, de loin, entre le plat et le dessert lors d’un déjeuner copieux. Non, Un Très Mauvais Pressentiment est plutôt le fruit des idées d’Haley Z. Boston, scénariste qui n’est pas à son coup d’essai dans l’horreur puisqu’il avait signé la mini-série Netflix Brand New Cherry Flavor, puis qui a participé à l’anthologie Le Cabinet des curiosités de Guillermo del Toro, toujours sur la plateforme de streaming. © Netflix Sans aucun cynisme, le synopsis lui-même entend impliquer des grands noms, ceux d’œuvres du genre devenues des références. Carrie ou Rosemary’s Baby sont cités trois fois dans le miroir pour nous raconter l’horreur d’une femme promise à devenir épouse. On retrouve Rachel (Camila Morrone) à cinq jours de son mariage avec Nicky (Adam DiMarco). Ils ont décidé de célébrer l’événement dans l’immense chalet familial de Nicky, isolé dans les bois, en présence de la famille proche du futur marié. Sauf que des phénomènes étranges commencent à se produire, poussant Rachel à se demander si elle a vraiment trouvé son âme-sœur, et que se passerait-il si ce n’était pas le cas ? Un début à la The Haunting of Hill House Étonnamment, la communication officielle évite de parler d’une autre production Netflix, pourtant devenue, elle-aussi, une référence du genre : The Haunting of Hill House. Hors, dès les préludes d’Un Très Mauvais Pressentiment, on se sent obligés de rapprocher les deux séries. On retrouve cette atmosphère de secrets familiaux, cette bâtisse à la fois immense et lugubre et, surtout, cette sensation que tout peut mal tourner, rapidement et constamment. © Netflix C’est là où on en revient à notre première phrase. On a débuté notre visionnage tard. Et il faut bien reconnaître que Boston et la réalisatrice des premiers épisodes, Weronika Tofilska, savent installer une ambiance à faire transpirer du sillon interfessier. On n’a pas encore posé un pied dans la baraque que les mauvais présages s’accumulent autour de Rachel et chaque nouvel élément nous chuchote presque à l’oreille « Bienvenue à Silent Hill ». Le tandem utilise plutôt bien le jump scare et les figures épouvantables ou fantomatiques environnantes dans la pénombre pour nous glacer le sang. La direction artistique entend maintenir la tension autour d’une Camila Morrone tentant de rester lucide alors que strictement rien ne semble normal autour d’elle. Tel un piège qui se referme et dont il est déjà trop tard pour s’extirper. © Netflix Bon pour (dés)accord Néanmoins, Un Très Mauvais Pressentiment peut faire son démarrage en fanfare uniquement en signant une forme de contrat avec le spectateur. La série exige de son public sa suspension consentie de l’incrédulité. À savoir que si on veut se faire prendre par l’ambiance malsaine de la série, il faut d’abord arriver à écarter son propre scepticisme. Et plus les minutes avancent, plus cela devient compliqué. Car si The Haunting of Hill House avait une narration naturelle et logique, expliquant le pourquoi du comment chaque personnage était forcé d’affronter ses démons et ses traumas, Un Très Mauvais Pressentiment n’a pas cette chance. Dans son besoin de choquer et d’attirer l’attention de son public, la série a tendance à en faire des tonnes dans ses présages, avec une accumulation de coïncidences glauques à chaque séquence ou presque. © Netflix Dit plus simplement, si vous voulez croire au malheur de Rachel, il faudra d’abord accepter l’idée qu’elle ne fonctionne pas comme une personne normalement constituée qui aurait fait demi-tour au tout premier signe de danger. Pire, notre héroïne est atteinte du syndrome du poisson rouge, passant trop rapidement d’une émotion extrême à un jeudi après-midi classique, comme si l’événement n’avait jamais eu lieu. Ni les 506 suivants. Un Très Mauvais Pressentiment signe des débuts efficaces en faisant fi de toute crédibilité ou logique élémentaire. À voir ce que chacun préfère. L’horreur au ventre mou Et ce n’est même pas le souci principal. Car les premiers épisodes d’Un Très Mauvais Pressentiment sont encore ce que la série fait de mieux, là où toute l’ambition cauchemardesque peut s’exprimer autour d’un mystère oppressant. Sauf que le show a huit épisodes à tenir et qu’on tombe dans un phénomène malheureusement bien trop commun sur les services de SVoD : une narration qui n’avait pas la capacité d’aller plus loin qu’un long-métrage. © Netflix Dès qu’une partie du secret est éventée – bon, voire l’intégralité du secret – et bien trop rapidement pour son bien, l’histoire essaie de tenir jusqu’à son climax. Sauf que l’enjeu a changé de visage, les acteurs aussi et que ce qui nous effrayait encore il y a peu s’est remaquillé en platitude. On venait pour le frisson, on découvre la déception. Un Très Mauvais Pressentiment tenait sur son titre et explose une fois que le pressentiment n’en est plus un. Alors on comble les trous, on répète encore et encore les enjeux, et on attend la fin sur l’autel de l’ennui. Et le pire, c’est que les personnages aussi. S'abonner à Journal du Geek Un Très Mauvais Pressentiment pourrait être la définition sérielle de « tout ça pour ça », avec un début tonitruant, peut-être même trop – et un manque d’inspiration radical par la suite. Sans compter un discours assez malsain sur l’engagement et le mariage, très Amérique puritaine de carte postale. La fin tentera de sauver les meubles, mais le mal est fait et il est profond. On en sort curieux de savoir où est-ce que le projet a commencé à capoter, comment il avait été conçu à l’origine et pourquoi cette sensation qu’un vieil algorithme marketing est venu mettre son nez dans l’affaire. Offrez-vous Stranger Things Risk 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins. Notre avis On avait beau voir les grosses ficelles narratives qui allaient chercher à tenir l'ensemble dans un numéro d'équilibriste, on était plutôt charmés (ou plutôt angoissés) par les débuts d'Un Très Mauvais Pressentiment qui promettaient un bon morceau de pétoche. Mais l'équilibre a trop vite rompu et la forêt ne cachait qu'un arbre. Notre faute, on n'avait qu'à prendre le titre au pied de la lettre. L'avis du Journal du Geek&nbsp: Note : 5.5 / 10 Partagez 𝕏 0 commentaire Signaler une erreur NomPrénomNomAdresse de contact *L'erreur concerne *Une / des fautes d'orthographeUne formulation erronéeLe sens même de l'articleErreur à signaler à l'équipe du JDG *NameEnvoyer horreurNetflixStranger Things On a vu la saison 2 de Daredevil Born Again, est-ce que c’est toujours la meilleure série Marvel ? Les dernières actualités Critique Un Très Mauvais Pressentiment : que vaut la série horrifique des papas de Stranger Things ? La série Harry Potter n’arrivera finalement pas en 2027 (teaser) Daredevil: Born Again Saison 2: qui est M. Charles et pourquoi est-il si puissant ? Honor 400 Pro : sous-estimé à tort, ce smartphone tombe de 799€ à 378€ 🔥 Boulanger détruit le prix de ce PC gaming MSI VenturePro pour une durée limitée Vivre sur Mars pourrait avoir des effets irréversibles sur le corps, selon cette étude Bienvenue à Derry : l’une des meilleures séries de 2025 refait enfin parler d’elle Test de l’aspirateur balai Tineco Pure One A90S : il envoie du lourd face à Dyson
← Retour