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📅 26/03/2026 à 07:59
"3,1x plus de crashs, 7,5x plus de gels” : on a enfin les preuves que Windows est un problème en entreprise
Géopolitique
👤 Aymeric Geoffre-Rouland
"3,1x plus de crashs, 7,5x plus de gels” : on a enfin les preuves que Windows est un problème en entreprise Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 26/03/26 à 07h59 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 7 n PC portable Lenovo sous Windows et un MacBook côte à côte. Le rapport Omnissa met en chiffres ce que cette image suggère.© ShuttershockL'étude State of Digital Workspace 2026, publiée le 24 mars par Omnissa, ancienne division End User Computing de VMware devenue indépendante en 2024, compile 12 mois de données télémétriques anonymisées issues de flottes d'entreprise réparties sur 17 secteurs d'activité à travers le monde. Les chiffres bruts, tirés de l'analyse comparée des deux principales plateformes desktop, dessinent un tableau peu flatteur pour l'écosystème Windows.Crashs, gels, arrêts forcés : l'ampleur mesurée des écartsNombre d'incidents système sur Windows rapporté à macOS.© Omnissa, State of Digital Workspace 2026, p. 21.Les machines Windows subissent 3,1 fois plus d'arrêts forcés (incluant crashs système et redémarrages inopinés) que leurs équivalents macOS. Les applications y plantent 2,2 fois plus souvent. Et surtout, les gels d'applications, ces états d'absence de réponse où l'utilisateur reste captif devant un écran figé, sont 7,5 fois plus fréquents que sur Mac. Omnissa qualifie ces gels de “tueurs silencieux de productivité”, car un collaborateur qui attend la reprise d'un logiciel ne génère aucun ticket de support : l'incident passe sous les radars de la DSI. La question centrale devient : comment combler les angles morts assez vite pour suivre le rythme de l'IA, de la diversité des plateformes et du travail distribué ?Le rapport va au-delà du simple décompte d'incidents. Il introduit un score composite d'expérience employé numérique (DEX), construit à partir de la synergie mesurable entre matériel et logiciel. Sur ce score, la proportion d'appareils notés “Good” atteint 65 % chez macOS contre 54 % chez Windows.À l'inverse, la catégorie “Poor” concerne 15 % du parc Windows, soit trois fois le taux observé sur Mac (5 %). Omnissa attribue cet écart à l'intégration verticale d'Apple, silicium compris, face à la complexité structurelle de l'écosystème “Wintel”, où se superposent matériels multi-constructeurs, pilotes tiers et couches d'agents d'administration.Répartition des scores d'expérience employé numérique (DEX) par plateforme desktop.© Omnissa, State of Digital Workspace 2026, p. 21.La surcharge logicielle de Windows, facteur aggravantUn aspect largement passé sous silence dans la couverture médiatique concerne ce que le rapport nomme l'“agent fatigue”. Sur les postes Windows, les outils d'administration IT, de sécurité et de gestion système représentent à eux seuls près des deux tiers des paquets logiciels déployés. Omnissa y voit un paradoxe circulaire : plus les équipes informatiques empilent d'agents pour renforcer leur contrôle, plus elles dégradent l'expérience de l'utilisateur final, ce qui crée de nouveaux problèmes à résoudre.Répartition des catégories de logiciels déployés sur Mac et Windows en entreprise. Sur Windows, les outils système, de sécurité et d'administration IT représentent 54 % de la pile logicielle.© Omnissa, State of Digital Workspace 2026, p. 13.Les applications de productivité sur lesquelles les employés comptent pour travailler se retrouvent en compétition directe pour les ressources système avec cette couche de supervision pléthorique. Un appareil techniquement opérationnel mais soumis à des gels d'applications constants ne produit aucune valeur.Cette surcharge se double d'un retard structurel dans les mises à jour. Selon les données Omnissa, macOS est mis à jour 1,5 fois plus rapidement que Windows, et iOS 8,1 fois plus vite qu'Android.Dans les secteurs réglementés comme la santé, la pharmacie ou le commerce de détail, plus de la moitié des terminaux Windows et Android accusent un retard de cinq versions majeures sur les mises à jour du système d'exploitation. Le rapport note que la crainte de casser des applications métier critiques, souvent liée à un verrouillage éditeur, prime sur l'hygiène de sécurité élémentaire. à lire également :NEWS : Applis et logicielsWindows 11 : Microsoft fait énormément de promesses pour de meilleures performancesMicrosoft promet, avec moult détails, une année 2026 majeure pour Windows 11, notamment en ce qui concerne ses performances. il y a 3 jours Au-delà de la stabilité, un paysage entreprise en pleine recompositionLe rapport ne se limite pas au duel Windows/macOS. Il documente aussi l'essor incontrôlé de l'IA générative sur les terminaux d'entreprise.L'usage des applications d'assistants IA a bondi de près de 1 000 % en 2025 sur l'ensemble des plateformes. Côté outils sanctionnés, Copilot de Microsoft règne sans partage (déployé sur 97,5 % des mobiles gérés). Mais hors du périmètre IT, les employés installent massivement leurs propres outils : ChatGPT est présent sur 91 % des iPhone d'entreprise, Gemini sur 61 % des Android. Omnissa y voit un vecteur majeur d'exfiltration de données, les collaborateurs nourrissant ces modèles avec des informations propriétaires sans aucune supervision.doption des assistants IA sur les terminaux mobiles d'entreprise : outils sanctionnés (à gauche) vs installés par les employés (à droite).© OmnissaLa question du coût total de possession (TCO) traverse également le rapport. Les données de cycle de vie révèlent que 11,5 % des Mac restent en service au-delà de six ans, contre seulement 1,8 % des PC Windows. En d'autres termes, les entreprises qui achètent un Mac investissent dans un actif à cinq ou six ans, là où un PC Windows est renouvelé au bout de trois ans.Des PC portables HP sous Windows 11 en entreprise. Selon Omnissa, les deux tiers des logiciels installés sur ces machines ne servent pas directement l'utilisateur.© reriyadiApple bénéficie ici d'un double avantage : un support logiciel historiquement long (six ans et plus de mises à jour macOS) et la transition vers le silicium M-series, dont les températures de fonctionnement moyennes (40,1 °C contre 65,2 °C pour les puces Intel des Mac encore en circulation) prolongent la durée de vie utile du matériel.Âge des terminaux desktop en service, par plateforme. 11,5 % des Mac dépassent six ans d'utilisation, contre 1,8 % des PC Windows.© OmnissaEnfin, côté Android, un outsider attire l'attention : le Google Pixel, dont la croissance en entreprise atteint 988 % sur un an (!), porté par son inscription sur la liste des produits approuvés du réseau d'information du Département de la Défense américain. Le secteur gouvernemental et le commerce de détail sont les premiers adoptants.Précision nécessaire : Omnissa vend des solutions de gestion de terminaux et d'expérience employé numérique. Son périmètre d'observation se limite aux 26 000 entreprises clientes de Workspace ONE, et le rapport le reconnaît lui-même en note de bas de page. Malgré ce biais inhérent, la taille de l'échantillon (plusieurs millions de terminaux sur douze mois) confère aux écarts observés une robustesse que Microsoft, qui a promis d'améliorer les performances de Windows en 2026, aura du mal à ignorer. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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