● BFM Tech
📅 25/03/2026 à 20:12
De diffuseur à producteur, Tiktok accélère sa mue en pariant sur les mini-dramas verticaux, format aussi prometteur qu’addictif
Géopolitique
Une jeune femme en train de scroller sur le réseau social Tiktok en décembre 2025 - Photo par IDA MARIE ODGAARD / RITZAU SCANPIX / RITZAU SCANPIX VIA AFPTiktok franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification en se lançant dans la production de mini-dramas, ces fictions courtes conçues pour le mobile. Inspirée par le succès du format en Chine et portée par un marché en pleine expansion, l’initiative pourrait redéfinir les équilibres entre créateurs, partenaires et géants du streaming.Tiktok ne se contente plus d’héberger des vidéos. La plateforme se rêve en studio et souhaite désormais produire ses propres mini-séries. Selon des informations de Business Insider, l’entreprise a récemment lancé un appel à casting pour un projet de mini-drama au forme vertical.Derrière cette initiative, une stratégie qui se précise. En novembre, le réseau social a déposé aux États-Unis la marque "Tiktok Drama", couvrant un large spectre d’activités, de la production de séries courtes à celle de programmes télévisés et de webisodes. Un mois plus tard, l'entreprise a lancé une toute nouvelle application aux Etats-Unis et au Brésil. Baptisée PineDrama, elle est entièrement dédiée aux mini-dramas.Le pari du format ultra-courtCes mini-dramas, parfois appelés "verticals", reposent sur un principe simple: des épisodes de une à cinq minutes, conçus pour être consommés sur smartphone. Leur grammaire narrative emprunte largement aux feuilletons télévisés. Au programme, des intrigues sentimentales, des trahisons et des rebondissements à répétition. Des mécaniques déja éprouvées, donc, mais diablement efficaces.Mais le format introduit une rupture majeure: la fragmentation extrême du récit. Là où les séries traditionnelles installent leurs personnages sur la durée, les mini-dramas misent sur l’intensité immédiate… au risque de plonger dans une certaine caricature. Sur Tiktok, certains contenus vont encore plus loin, intégrant des personnages générés par intelligence artificielle ou des scénarios volontairement absurdes.Cette orientation n’est pas sans lien avec l’ADN de ByteDance, maison mère de Tiktok. En Chine, où les mini-fictions ont connu un essor spectaculaire, ces formats courts constituent déjà un marché florissant. Comme souvent, les innovations testées sur Douyin, la version chinoise de l’application, finissent par être adaptées à l’international.D’autant que le succès est déjà au rendez-vous. Cette industrie est désormais estimée à 26 milliards de dollars d'ici 2030 selon Variety tandis qu'elle n'en était qu'à ses balbutiements quatre ans plus tôt. Aux États-Unis, le secteur des mini-dramas pèserait plus d’un milliard de dollars, selon une estimation de la société de conseil en streaming Owl & Co. Des entreprises comme ReelShort et DramaBox connaissent un réel succès sur Tiktok, portés par une demande croissante pour des contenus rapides, adaptés aux usages mobiles.Une concurrence accrue dans le streamingL’intérêt de Tiktok pour ce format s’inscrit dans un mouvement plus large. Face à l’érosion de l’attention et à la saturation des catalogues, les grandes plateformes de streaming explorent à leur tour des formats plus courts. Certaines expérimentations sont déjà en cours. Netflix, Paramount et Disney envisagent d’ajouter plus de formats courts sur leurs plateformes cette année. En mars, Amazon a commencé à tester une fonctionnalité de mini-drame dans son application de streaming en Inde.Mais en se lançant dans la production, Tiktok prend le risque de froisser ses propres partenaires. Une vingtaine d’entreprises spécialisées dans les micro-dramas proposent déjà leurs contenus sur la plateforme, parfois via des offres payantes. L’arrivée d’un acteur interne pourrait rebattre les cartes… au risque de créer des tensions.Reste à savoir si Tiktok entend réellement devenir un studio à part entière. L’entreprise a déjà multiplié, par le passé, les incursions dans des secteurs connexes. L’entreprise avait par exemple lancé sa propre maison d’édition et un label musical… loin d’avoir bouleversé leurs secteurs respectifs. Cette prudence pourrait se retrouver dans le domaine des mini-dramas. Produire des contenus suppose des investissements, une expertise et une gestion des talents qui dépassent largement l’expertise technologique de l’application de vidéos courtes.De simple plateforme de diffusion, Tiktok s’affirme un peu plus comme un acteur global de l’économie de l’attention. Quitte à redéfinir, une fois encore, les contours de l’audiovisuel.Les plus lus"Aucune lisibilité, aucune cohérence": David Lisnard "pense" n'avoir plus rien à faire chez les RépublicainsSon déploiement est étudié au Pentagone: qu'est ce que la 82ème division aéroportée américaine qui pourrait intervenir au sol en Iran?"L'Algérie est un partenaire de confiance": Giorgia Meloni va prier le président algérien de lui livrer plus de gaz (la France y a accru ses approvisionnements depuis 4 ans)Le staff médical du Real Madrid sur ChatGPT? L'ancienne nutritionniste du club dézingue ses ex collègues après l'erreur sur le genou de MbappéL'Anses confirme une surexposition des Français au cadmium par l’alimentation et alerte sur de "probables effets néfastes à terme"
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