● Le Journal du Geek
📅 25/03/2026 à 19:02
Vivre sur Mars pourrait avoir des effets irréversibles sur le corps, selon cette étude
Cybersécurité
👤 Camille Coirault
© Nicolas Lobos / Unsplash Elon Musk nous bassine depuis plus de 20 ans avec la conquête de Mars et son délire d’« espèce interplanétaire », comme si notre voisine rouge était la porte à côté. La NASA s’y prépare plus que sérieusement, tout comme la CNSA (Administration spatiale nationale chinoise), qui visent à établir une présence humaine pour la prochaine décennie. Plus le projet avance, plus les contraintes logistiques s’accumulent, et dans un sens, c’est normal. Autonomie énergétique, gestion des ressources in situ, synchronisation des communications, fenêtres de lancement, question de la reproduction… Nous ne listerons pas ici tout ce que nous devrons régler avant d’imaginer un astronaute poser les bottes sur le régolithe martien, mais vous aurez compris que la tâche est herculéenne. Nous allons, en revanche, nous concentrer sur un détail que les conférences de presse de SpaceX ou des agences spatiales tendent à minimiser, voire à oublier : l’organisme humain n’est pas adapté à l’environnement martien. Une étude publiée le 13 mars dans la revue Science Advances, vient justement d’apporter un bel éclairage sur cette thématique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses conclusions viendront compliquer sérieusement un calendrier déjà un brin optimiste. Muscles en orbite, muscles en péril ? Que la microgravité provoque une atrophie musculaire accélérée, les astronautes de l’ISS vous le confirmeront tous : certains rentrent sur Terre après six mois en orbite avec des jambes qui peinent à les porter jusqu’à la salle de récupération. C’est un phénomène connu et largement documenté dans la littérature scientique et les agences spatiales ont développé des protocoles d’exercice intensifs pour en limiter les effets pendant les séjours prolongés à bord de la station. Mais Mars n’est pas l’ISS. À bord de la station, les astronautes évoluent en quasi-apesanteur : 0 g, ou presque. Mars, elle, ne génère que 0,38 g : pas grand-chose, mais pas rien non plus. Entre zéro et un g, la relation entre gravité et dégradation musculaire n’est pas linéaire ; il existe peut-être un seuil en dessous duquel l’atrophie musculaire devient inévitable, et au-dessus duquel elle est prévenue. Mais personne ne savait où ce seuil se situait exactement, ni si Mars se trouvait du bon côté. Les auteurs de cette étude ont mis en place un dispositif pour le mesurer plus précisément… et Mars est en dessous de ce seuil. Ainsi, ils ont eu recours au module expérimental Kibo, la contribution japonaise à la Station spatiale internationale opérée par la JAXA (Agence d’exploration aérospatiale japonaise) et à un dispositif de centrifugation embarqué baptisé MARS (Multiple Artificial-gravity Research System) pour soumettre 24 souris à quatre niveaux de gravité différents pendant 28 jours : 0,33 g, 0,67 g et 1 g. Le groupe exposé à 0,33 g est celui qui nous intéresse le plus, puisqu’il est quasi-identique à la gravité martienne. Deux phénomènes ont été observés : à 0,33 g, l’atrophie musculaire ralentit par rapport à la microgravité totale, mais elle ne la stoppe pas complètement. À 0,67 g en revanche, la dégradation cesse réellement : c’est le seuil à partir duquel la stimulation gravitationnelle est suffisante pour que l’organisme maintienne sa masse musculaire. Un astronaute qui débarquerait donc sur Mars avec ses 0,38 g, après des mois de transit en quasi-apesanteur n’a donc que peu de raisons d’espérer une récupération musculaire spontanée une fois sur place. Si l’on veut vraiment envoyer des astronautes sur Mars pour qu’ils arrivent en bonne santé, les futurs vaisseaux devront impérativement être équipés de systèmes de gravité artificielle… qui n’existent pas encore. Bien que certains projets aient exploré l’idée (comme NAUTILUS-X, en 2011, une grosse centrifugeuse gonflable), la complexité mécanique d’un tel dispositif rotatif reste, à ce jour, un défi insurmontable. Au moins, on sait ce qui nous manque, mais on ignore encore comment le construire : peut-être avons-nous mis la charrue avant les bœufs, encore une fois. 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins. 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