● Le Journal du Geek
📅 25/03/2026 à 17:02
Le réchauffement des océans atteint un niveau historique : un signe critique du dérèglement climatique
Géopolitique
👤 Camille Coirault
© Damon Hall / Pexels L’Organisation météorologique mondiale (OMM) vient tout juste de publier son rapport annuel State of the Global Climate, qui confirme les conclusions de cette étude menée l’année dernière par l’Université de Reading. « En 2025, le déséquilibre énergétique de la Terre observé a atteint la valeur la plus élevée depuis le début des enregistrements en 1960 », peut-on y lire à la 21ème page. Les années 2015-2025 ont été officiellement confirmées comme étant les onze plus chaudes enregistrées. « Quand l’histoire se répète onze fois, ce n’est plus une coïncidence. C’est un appel à agir », résume António Guterres, secrétaire général de l’ONU. Si nous n’allons pas passer en revue les 46 pages du rapport, nous allons nous attarder sur un indicateur particulièrement éclairant : l’état de nos océans. En 2025, ils ont atteint en 2025 leur niveau de chaleur le plus élevé en 66 ans de mesures. Dotés d’une capacité calorifique bien supérieure à celle de l’air, les océans sont, de facto, les plus grands réservoirs naturels de chaleur de notre planète : un réservoir que nous remplissons à un rythme effarant. Ainsi, les eaux surchauffées absorbent davantage de chaleur, renforçant l’inertie du système climatique et retardant une partie des effets du réchauffement. Les océans : la poubelle thermique de l’humanité Sur l’ensemble de l’énergie excédentaire piégée par les gaz à effet de serre dans notre atmosphère, 91 % finit dans les océans. Le reste se répartit entre l’atmosphère elle-même (1 %), les terres (5 %) et les glaces (3 %). Un pourcentage qui, rapporté à l’échelle absolue de ce que nos émissions génèrent, donne un chiffre difficile à appréhender : en 2025, la chaleur accumulée dans les 2 000 premiers mètres de profondeur a dépassé le record de 2024 de 23 zettajoules. Pour contextualiser, c’est l’équivalent de douze bombes atomiques de la puissance de celle larguée sur Hiroshima, détonant dans les océans chaque seconde, pendant 365 jours. L’écart entre les records de 2020 et 2021 avait déjà semblé alarmant à l’époque, à 14 zettajoules. Celui entre 2024 et 2025 est presque deux fois supérieur. Les océans ont également absorbé 29 % des émissions de CO₂ d’origine humaine au cours de la dernière décennie. Or, lorsque le dioxyde de carbone se dissout dans l’eau, il forme de l’acide carbonique, abaissant progressivement le pH des mers et acidifiant les eaux océaniques. Les organismes calcifiants comme les mollusques, ou le plancton éprouvent les plus grandes difficultés à construire et à maintenir leurs coquilles ou squelettes en bonne santé, car l’eau devient trop corrosive. Le phytoplancton, socle de toutes les chaînes alimentaires marines et responsable de la production de la moitié de l’oxygène atmosphérique, est gravement fragilisé par cette acidification. Difficile de rester optimiste quand le premier maillon de la vie s’asphyxie dans l’eau qu’il est censé purifier pour le reste de la planète. De -300 ZJ à +150 ZJ : l’évolution spectaculaire de l’énergie thermique océanique en 65 ans. © World Meteorological Organization Quand les océans se vengent Des océans plus chauds peuvent également favoriser des tempêtes plus violentes : en libérant davantage d’énergie par évaporation, les eaux surchauffées fournissent aux systèmes dépressionnaires le « carburant » nécessaire pour atteindre des intensités parfois démentielles. En 2025, l’ouragan Melissa, les cyclones tropicaux Senyar et Ditwah, ainsi que plusieurs typhons dévastateurs aux Philippines et au Viêt Nam ont tristement illustré la corrélation entre la température des eaux de surface et la violence de certains épisodes cycloniques. Les vagues de chaleur maritime, des épisodes durant lesquels la température de surface dépasse significativement les moyennes saisonnières pendant plusieurs semaines, tendent également à se multiplier, tant en fréquence qu’en intensité. Elles ravagent les récifs coralliens, déciment les populations de poissons et dévastent les communautés côtières dont la survie dépend des ressources halieutiques. Les organismes marins qui n’en sortent pas vivants se décomposent au fond de l’eau, ce qui libère également du CO₂ et du méthane excédentaires dans l’atmosphère. Les océans, qui absorbaient nos émissions, peuvent ainsi devenir, dans certains contextes, des sources émettrices de carbone ; c’est ce que l’on appelle une boucle de rétroaction : une interaction où la modification d’une variable (ici, le CO₂) entraîne une série de réactions qui augmentent encore cette variable. « Le rapport d’aujourd’hui devrait être accompagné d’un avertissement : le chaos climatique s’accélère et le délai est mortel », conclut Guterres. Difficile de trouver un mot plus juste. Même si nous arrêtions d’émettre toutes nos émissions de gaz à effet de serre dès demain (ce qui n’arrivera pas), les océans continueraient à nous restituer leur chaleur pendant des siècles. C’est le principe d’inertie thermique : les océans sont une immense masse d’eau qui met un temps considérable à emmagasiner la chaleur, mais qui, une fois chauffée, met tout autant de temps à la restituer à son environnement. Peut-être que dans dix ans, l’OMM continuera à produire des rapports du même genre, en des termes encore plus préoccupants. Avons-nous la moindre raison de penser que notre réponse sera différente de celle que nous apportons aujourd’hui ? 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins. Partagez 𝕏 2 commentaires Signaler une erreur NomPrénomNomAdresse de contact *L'erreur concerne *Une / des fautes d'orthographeUne formulation erronéeLe sens même de l'articleErreur à signaler à l'équipe du JDG *WebsiteEnvoyer Source : Science Alert changement climatiqueclimatEcologieScience FIFA : le nouveau jeu vidéo vient d'être annoncé Les dernières actualités Le réchauffement des océans atteint un niveau historique : un signe critique du dérèglement climatique FIFA : le nouveau jeu vidéo vient d’être annoncé La Switch 2 en portable : bof. La Retroid Pocket 5 à -30% : carrément. 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