● Courrier International 📅 25/03/2026 à 14:24

De Rosalía à Angèle, (La)Horde “réinvente les règles de la danse”

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Rosalía lors des Brit Awards, à Manchester, au Royaume-Uni, le 28 février 2026. À la tête du Ballet national de Marseille depuis 2019, la compagnie (La)Horde est derrière la chorégraphie du clip du dernier single d’Angèle et d’une grande partie du Lux Tour de Rosalía. À la croisée des genres, elle réinvente les codes de la danse avec, semble-t-il, une seule règle : il n’y a pas de règle, raconte la presse étrangère. PHOTO ISABEL INFANTES/REUTERS Culture. De Rosalía à Angèle, (La)Horde “réinvente les règles de la danse” 25 mars 2026 “Le corps a toutes les réponses”, disait (La)Horde à El País en 2023. Fondé en 2013 par Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel, le collectif de danse français a collaboré avec Madonna, chorégraphié le clip du dernier single d’Angèle (What You Want) et une grande partie du Lux Tour, la tournée phénomène de Rosalía. Et “en entretenant le flou entre tradition et rébellion, ils réinventent la danse contemporaine”, résume le site de la BBC. À la tête du Ballet national de Marseille depuis 2019, “ils ont travaillé avec Sam Smith (sur les clips de I’m Not Here to Make Friends et Unholy) ; avec Spike Jonze (un de leurs héros) qui a écrit Ghosts, un film qu’ils ont réalisé”, énumère encore The New York Times. Mais qui sont-ils ? “Leurs œuvressont expérimentaleset audacieuses,pleines d’énergieet d’un joyeux dynamisme.Elles veulent porteret exalter la danse,pour souffler sur ses braiseset la faire renaître.” Le quotidien américain The New York Times Les fondateurs de la compagnie de danse française (La)Horde, au centre – Marine Brutti, Jonathan Debrouwer (assis) et Arthur Harel –, en compagnie de danseurs du Ballet national de Marseille, en juillet 2023. PHOTO BENJAMIN MALAPRIS/THE NEW YORK TIMES Ils sont trois – Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel –, mais ne font qu’un. Pour (La)Horde, “la danse est non binaire”. “Il y a tant de ségrégations. La danse classique est une chose. Le contemporain en est une autre. La danse moderne en est une troisième, puis il y a les danses de rue et celles de TikTok. Et les danses urbaines. À quoi ça rime ? Nous voulons nous débarrasser de cette idée de classe”, défendent-ils dans El País. Et à vrai dire depuis sa création, en 2013, (La)Horde n’a peur de rien : ni du mélange des genres ni du mélange des corps. En 2015, Void Island met par exemple en scène des danseurs amateurs âgés. En 2022, l’exposition dansée We Should Have Never Walked on the Moon mêle comédie musicale et cinéma d’action pour interroger l’influence de la culture américaine sur les manières de se mouvoir. “Il y a tant à exploreret à exprimer par le corps.C’est un organismeet une âme qui voyagentdans le temps et l’espace,ce qui lui confèreune dimensionfoncièrement politique.” (La)Horde au quotidien espagnol El País En 2023, inspiré par des jeux vidéo comme Les Sims, Mortal Kombat ou Tomb Raider, Age of Content interroge “notre relation avec la culture numérique de masse”, décrit Le Devoir. Avec une gestuelle mécanico-robotique, aux “ondulations suggestives en corps-à-corps, à deux, à plusieurs, tous ensemble, ou en harmonie avec le sol”, décrit le quotidien canadien, la troupe livre “une réflexion poussée sur l’avenir de notre société”. L’engagement du collectif ne s’arrête pas à la danse. “Sa compagnie de 27 danseurs et danseuses a une sensibilité sociale, car nombre de ses membres font partie de minorités”, renchérit El País. “La danse est une formede communication libreet critique permettantd’interroger notre humanité,notre plaisir charnelet nos liens à la foisavec autrui et avec nos corps.” (La)Horde au quotidien espagnol El País La troupe est aussi résolument optimiste. Même si, parfois, ça peut paraître démodé. Le Ballet national de Marseille dans “TikTok Jazz” de (La) Horde, au Skirball Center de l’université de New York (NYU), à Manhattan, le 25 octobre 2023. PHOTO ANDREA MOHIN/THE NEW YORK TIMES “L’idée même d’optimisme commence à être critiquée : on s’entend dire qu’on délire, qu’on est naïf, que le monde s’embrase et qu’on ne peut rien y faire”, abonde (La)Horde dans les colonnes du New York Times. “On ne lâchera jamais [cet optimisme], martèle (La)Horde. Être punk aujourd’hui, c’est peut-être œuvrer à un futur plus radieux.” Finalement, on est bien tous le punk de quelqu’un.— Éloïse Duval À lire aussi : Polémique. “Lucide, voire pragmatique” : et si Timothée Chalamet disait vrai sur l’opéra ? À lire aussi : Vidéo. Dans l’Utah, les danses très militaires des “cheerleaders” À lire aussi : Festival. Masques, danses et chants : en Gambie, l’ésotérisme du rituel du Kankourang
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