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📅 25/03/2026 à 09:40
“J'affirme que nous avons atteint l'AGI” : pour l'homme qui a inventé le terme, le basculement vient d'avoir lieu
Géopolitique
👤 Aymeric Geoffre-Rouland
“J'affirme que nous avons atteint l'AGI” : pour l'homme qui a inventé le terme, le basculement vient d'avoir lieuJensen Huang n'est plus le seul à dire que nous avons atteint l'intelligence artificielle générale Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 25/03/26 à 09h40 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 4 En 1997, Mark Gubrud inventait le terme AGI pour désigner une intelligence artificielle rivale du cerveau humain. Vingt-huit ans plus tard, il estime que nous y sommes.© Droits réservésAu lendemain de la déclaration de Jensen Huang affirmant que l'humanité a atteint l'AGI, c'est une autre voix, bien moins médiatisée, qui vient appuyer cette thèse. Celle d'un physicien qui, en 1997, à l'université du Maryland, a forgé le terme même dont tout le monde débat.AGI : un terme né dans l'ombre, en 1997À l'époque, Mark Gubrud travaille sur la supraconductivité, mais ce qui l'obsède, ce sont les technologies émergentes et leur potentiel destructeur. Cette année-là, il présente un article à la Fifth Foresight Conference on Molecular Nanotechnology, à Palo Alto.Le texte s'intitule Nanotechnology and International Security. Pour distinguer l'IA étroite de l'époque, celle des systèmes experts, d'une forme d'intelligence artificielle plus vaste et plus redoutable, il forge un terme nouveau : Artificial General Intelligence, ou intelligence artificielle générale, en français.Personne ne relève. L'article circule peu, le terme tombe dans l'oubli... Ce n'est qu'au milieu des années 2000, quand Shane Legg et Ben Goertzel popularisent le concept, que Gubrud refait surface. Legg, aujourd'hui Chief AGI Scientist chez Google DeepMind, a lui-même reconnu l'antériorité : il a vérifié, trouvé l'article, et admis avoir réinventé le terme plutôt que de l'avoir créé.Quand le créateur du concept en décrète l'avènementDans un post publié sur X le 24 mars 2026, Gubrud revendique frontalement la paternité du terme, puis va plus loin : il considère que les modèles de langage actuels ont atteint le seuil de l'AGI telle qu'il l'avait définie. J'AI INVENTÉ LE TERME et j'affirme que nous avons atteint l'AGI. Les modèles actuels se situent à peu près au niveau humain élevé en maîtrise du langage et en connaissances générales, mais travaillent des milliers de fois plus vite que nous.Sa formulation de 1997 décrivait des systèmes capables de rivaliser avec le cerveau humain en complexité et en vitesse, d'acquérir et de manipuler des connaissances générales, et d'être déployés partout où une intelligence humaine serait autrement requise.L'intelligence artificielle générale suppose une machine capable de rivaliser avec l'esprit humain. Pour l'inventeur du terme, ce face-à-face a déjà commencé.© Illustration 3D. PdusitPour appuyer sa revendication, Gubrud joint à son post deux captures d'écran de son article de 1997, hébergé sur le site du Foresight Institute. On y distingue l'en-tête du papier, son affiliation au Center for Superconductivity Research de l'université du Maryland, et surtout le passage où il définit ce qu'il entend par advanced artificial general intelligence : des systèmes rivaux du cerveau humain en complexité et en vitesse, capables d'acquérir et de manipuler des connaissances générales.Well, Lars, I INVENTED THE TERM and I say we have achieved AGI. Current models perform at roughly high-human level in command of language and general knowledge, but work thousands of times faster than us. Still some major deficiencies remain but they're falling fast. pic.twitter.com/st7WqZUMO3— Mark Gubrud 🇺🇸 (@mgubrud) March 24, 2026Des pièces à conviction, en somme, destinées à couper court à tout scepticisme sur l'antériorité de la formule.Une définition pionnière, un débat contemporainL'argument a du poids, mais il appelle la nuance.La définition de Gubrud, rédigée avant le premier hiver de l'IA moderne, ne prévoyait pas les exigences que la communauté scientifique a depuis greffées au concept : raisonnement causal robuste, planification autonome sur le long terme, apprentissage en contexte véritablement ouvert. Les LLM actuels manipulent le langage avec une aisance et une vélocité spectaculaires, mais "manipuler des connaissances générales" et "raisonner avec des connaissances générales" ne recouvrent pas forcément la même réalité, selon le degré d'exigence qu'on place derrière le verbe raisonner.Gubrud le concède d'ailleurs lui-même, en filigrane : des lacunes majeures subsistent, écrit-il, même si elles se résorbent vite. La paternité du terme est incontestable. Que ce terme décrive fidèlement ce qui existe aujourd'hui reste, lui, une question ouverte. à lire également :2L’IA générale arrive : un choc “dix fois plus grand que la révolution industrielle, et dix fois plus rapide”, alerte le patron de DeepMindLe patron de Google DeepMind ne parle pas de science-fiction, mais d’un basculement historique imminent : l’intelligence artificielle gén... il y a 7 mois Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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