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📅 25/03/2026 à 07:01
OpenAI ferme brutalement Sora, l'usine à slop la plus chère de l'histoire de l'IA
Intelligence Artificielle
👤 Aymeric Geoffre-Rouland
OpenAI ferme brutalement Sora, l'usine à slop la plus chère de l'histoire de l'IASix mois de deepfakes pour rien Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 25/03/26 à 07h01 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 4 L'icône Sora, bientôt fantôme, aux côtés de ChatGPT sur un écran d'iPhone.© PrimakovLe 24 mars 2026, OpenAI a annoncé sur X la fermeture de Sora, son application autonome de création vidéo par intelligence artificielle. Le message, laconique, ne fournit aucune justification explicite : l'entreprise promet de communiquer prochainement un calendrier de fermeture et des modalités de sauvegarde des contenus créés par les utilisateurs. L'API développeurs sera elle aussi arrêtée, et la génération vidéo disparaîtra de ChatGPT.We’re saying goodbye to the Sora app. To everyone who created with Sora, shared it, and built community around it: thank you. What you made with Sora mattered, and we know this news is disappointing.We’ll share more soon, including timelines for the app and API and details on…— Sora (@soraofficialapp) March 24, 2026L'application avait pourtant connu un démarrage fulgurant. Un million de téléchargements en moins de cinq jours, une place au sommet de l'App Store d'Apple, et un modèle de deuxième génération (Sora 2) capable de produire des vidéos avec son natif et une physique nettement plus crédible.Mais le succès d'audience n'a jamais trouvé de traduction économique viable : selon les données rapportées par Futunn, le revenu mensuel de Sora plafonnait à 367 000 dollars, pour des coûts d'exploitation quotidiens estimés à 15 millions de dollars. En décembre 2025, les nouveaux téléchargements avaient déjà chuté de 32 % par rapport au mois précédent. Nous ne pouvons pas rater ce moment parce que nous sommes distraits par des quêtes secondaires.Derrière la fermeture, une arithmétique brutale du GPULa génération vidéo dévore des ressources de calcul incomparablement supérieures à celles du texte. Chaque requête Sora mobilisait une puissance GPU considérable, et le modèle économique choisi par OpenAI (accès inclus dans l'abonnement Pro à 200 dollars par mois, sans plafond de crédits) rendait l'équation intenable. Là où RunwayML ou Adobe Firefly vendent des crédits à l'unité, OpenAI offrait du “à volonté” sur un produit structurellement déficitaire.Or ces mêmes GPU pourraient servir à entraîner GPT-5 ou à optimiser les modèles de raisonnement o3, dans un contexte où la pression concurrentielle s'intensifie, notamment face à Anthropic, dont les modèles Claude gagnent du terrain auprès des entreprises et des développeurs.L'application Sora permettait de générer des vidéos par simple prompt texte. Son coût de fonctionnement : 15 millions de dollars par jour.© ShuttershockÀ quelques mois d'une potentielle introduction en bourse, avec une valorisation de 730 milliards de dollars à défendre, la rationalisation du portefeuille produit devient impérative. Le même jour, OpenAI a d'ailleurs enterré sa fonctionnalité e-commerce Instant Checkout, et annoncé la fusion de son navigateur,de ChatGPT et de Codex en une seule “super-application” de bureau. à lire également :4Sora 2, le gouffre financier d'OpenAI, est une usine à horreurs qu'Altman ne peut ni contrôler ni financerUn outil capable de créer des vidéos en un clic, des millions d’utilisateurs conquis, et puis, soudain, des dérives en cascade, des coûts... il y a 5 mois Disney rompt, mais ne renonce pas à l'IAL'onde de choc la plus spectaculaire reste l'effondrement du partenariat avec Disney. En décembre 2025, le géant du divertissement avait accepté de licencier ses personnages emblématiques pour Sora et prévoyait un investissement d'un milliard de dollars dans OpenAI, intégralement en warrants. L'accord n'a jamais été finalisé. Nous respectons la décision d'OpenAI de quitter le secteur de la génération vidéo et de réorienter ses priorités.Disney ne ferme pas la porte à l'IA pour autant. Bob Iger, récemment sorti de ses fonctions de CEO, avait évoqué l'ambition d'intégrer du contenu généré par IA directement dans Disney+. Le studio pourrait se tourner vers d'autres acteurs, Google et son modèle Veo 3 en tête, ou développer ses propres outils entraînés sur sa propriété intellectuelle.Seedance 2.0, le modèle vidéo de ByteDance, a surpassé Sora sur presque tous les critères, avec “l'avantage” d'un écosystème TikTok déjà en place.© Dia TVLa disparition de Sora ne signe pas la mort de la vidéo générative : ByteDance (Seedance 2.0), Google (Veo 3), Kuaishou (Kling 2.0) et Luma (Ray 2) occupent déjà le terrain. Mais elle rappelle une réalité que l'euphorie technologique avait un temps occultée : produire de la vidéo par IA à grande échelle coûte une fortune, et personne n'a encore trouvé comment la rentabiliser.Et entre deepfakes incontrôlables et vidéos jetables, Sora aura surtout prouvé une chose : produire du slop à l'échelle industrielle coûte une fortune. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? 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