● Courrier International 📅 25/03/2026 à 06:07

Téhéran autorise les navires “non-hostiles” à emprunter le détroit d’Ormuz

Géopolitique
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Des pétroliers naviguent dans le golfe, près du détroit d’Ormuz, vus depuis le nord de Ras al-Khaimah, près de la frontière avec la région d’administration de Musandam (Oman), dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, aux Émirats arabes unis, le 11 mars 2026. PHOT STRINGER/REUTERS L’Iran semble prêt à desserrer partiellement son étreinte sur le détroit d’Ormuz. Téhéran a déclaré mardi 24 mars que les “navires non hostiles” pouvaient désormais emprunter ce passage maritime stratégique, fermé depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février, à condition de respecter les règles de sûreté et de sécurité, rapporte le Financial Times. “Tout actif appartenant aux agresseurs - à savoir les États-Unis et le régime israélien - ainsi qu’aux autres participants à l’agression ne peuvent prétendre à un passage pacifique ou non hostile”, précise un communiqué transmis à l’Organisation maritime internationale (OMI). L’Iran souligne que les navires devront se coordonner avec “les autorités iraniennes compétentes”. Ce message “formalise en réalité une situation apparue ces derniers jours, où des pays ou des entreprises ont discrètement négocié un passage sécurisé pour leurs navires sur l’une des voies maritimes les plus importantes au monde”, souligne Paul Adams, le correspondant diplomatique de la BBC. Parmi les navires ayant réussi à franchir le détroit d’Ormuz depuis le début du mois figurent des bâtiments en provenance de Chine, d’Inde et du Pakistan, rappelle le journaliste. À lire aussi : En carte. Fermeture du détroit d’Ormuz : les routes maritimes africaines offrent des voies subsidiaires Une réouverture à grande échelle impossible sans accord avec les États-Unis et Israël “Il n’est toutefois pas certain que cette lettre suffise à convaincre de nombreux armateurs de reprendre leurs traversées du détroit”, ces derniers redoutant d’éventuelles attaques, souligne le New York Times. “Un retour à grande échelle ne devrait intervenir qu’en cas d’accord entre les États-Unis, Israël et l’Iran mettant fin au conflit”. Le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 ont révélé mardi que l’administration Trump avait fait passer un plan en 15 points à l’Iran, par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties. Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les négociateurs américains proposent un cessez-le-feu d’un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes. Parmi les 15 points mis en avant, Washington propose que le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des hydrocarbures mondiaux, reste ouvert pour la circulation maritime. En contrepartie, l’Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil. À lire aussi : Décryptage. Donald Trump a quatre (mauvaises) options pour mettre fin à la guerre en Iran Washington demande aussi que l’Iran n’essaie jamais de se doter de l’arme atomique, que Téhéran remette tout le combustible enrichi dont il dispose à une date fixée par les parties, ou que plusieurs installations nucléaires importantes soient démantelées. Téhéran devra aussi abandonner son soutien à ses “proxys”, et ne plus financer ou armer des groupes comme le Hezbollah ou le Hamas. Des sources diplomatiques ont affirmé au Guardian qu’une partie de ces 15 points serait basée sur un ancien plan élaboré par l’équipe de négociation de Donald Trump lors des pourparlers sur le nucléaire, il y a près d’un an. Ces propositions “recyclées” ont donc “peu de chance de convaincre Téhéran”, estime le quotidien britannique. Noémie Taylor-Rosner Moyen-Orient Guerre en Iran Réveil Iran Pétrole Donald Trump Amériques Sur le même sujet Guerre en Iran. MarineTraffic, la plateforme grecque qui montre au monde ce qui se passe à Ormuz En carte. Fermeture du détroit d’Ormuz : les routes maritimes africaines offrent des voies subsidiaires Décryptage. L’Iran estime avoir pris le dessus et fixe un prix élevé pour mettre fin à la guerre Analyse. En reportant son ultimatum, Trump “s’achète du temps” pour tenter de conclure un accord avec l’Iran Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. Je reçois mon invitation → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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