● Presse-Citron 📅 24/03/2026 à 20:02

Vous prenez de la vitamine C pour éviter de tomber malade ? Voici sa vraie utilité

Énergie & Environnement 👤 Camille Coirault
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© Diana Polekhina / Unsplash 0 Certaines croyances sont tellement ancrées dans nos esprits qu’il est difficile de croire qu’elles peuvent être questionnées, notamment quand elles touchent à notre santé. Dès que l’automne arrive, les pharmacies garnissent leurs rayons de compléments alimentaires, censés booster votre système immunitaire et vous protéger des agents pathogènes. Parmi ces petites pillules miracles, la vitamine C (acide ascorbique) occupe une place de choix ; des millions de personnes avalent religieusement leurs comprimés effervescents avec la conviction qu’ils passeront l’hiver sans tomber malade. Devinez quoi ? C’est l’une des idées reçues les mieux implantées qui soient, portée par plus d’un demi-siècle de marketing aussi habile que fourbe, et une confiance collective que les études les plus sérieuses n’ont jamais vraiment justifiée. En soi, la vitamine C n’est pas problématique, mais elle ne constitue en rien un moyen de prévention efficace contre les infections respiratoires. La vitamine C, à quoi ça sert vraiment ? Commençons par le commencement : la vitamine C est un nutriment essentiel au bon fonctionnement de votre organisme. Tout d’abord, elle est un antioxydant efficace c’est-à-dire qu’elle participe à la protection des cellules contre les dommages causés par les radicaux libres, des sous-produits naturels du métabolisme qui, en excès, sont impliqués dans le stress oxydatif et certains processus inflammatoires. Elle est également indispensable à la synthèse du collagène, la protéine la plus abondante du corps humain, qui structure la peau, les tendons, les cartilages, les os et les parois des vaisseaux sanguins. Sans vitamine C, cette synthèse est altérée et le collagène ne se forme pas correctement, et les tissus peuvent se fragiliser. Elle améliore aussi l’absorption du fer d’origine végétale dans l’alimentation, et participe à la bonne cicatrisation des plaies. Une véritable carence en vitamine C est extrêmement dangereuse ; le scorbut en est l’exemple historique le plus parlant, et certainement l’un des plus horribles à décrire. Maladie emblématique des grandes traversées maritimes qui ont eu lieu entre le XVe et le XVIIIe siècle, elle frappait les équipages qui n’avaient pas accès à des frutis ou légumes frais. Ils se contentaient de manger ce qu’ils avaient sous la main ou de ce qu’ils pouvaient récupérer : poissons et fruits de mer pêchés sur place, galettes de mer, viandes séchées, fèves, lentilles, pois cassés.. Au bout de quelques mois, leurs organismes ne pouvaient plus synthétiser le collagène. Leurs gencives pourrissaient, leurs dents se déchaussaient, ils souffraient d’hémorragies sévères, de violentes douleurs et écrasés par la fatigue, ils mourraient dans d’atroces souffrances. Des dizaines de milliers de marins sont décédés du scorbut en pleine mer, sans jamais comprendre que leur mal était une conséquence d’une carence nutritionnelle. Donc oui, en ce sens, la vitamine C est absolument vitale, mais notre régime alimentaire actuel est « légèrement » différent d’un explorateur de la Renaissance dont le seul fruit quotidien était une poignée de céréales. Dans la plupart des pays développés, atteindre ce niveau de carence est très rare et cela concerne essentiellement des situations de malnutrition sévère, d’alcoolisme chronique ou de pathologies psychiatriques avec désorganisation alimentaire. Notre organisme est incapable de synthétiser la vitamine C seul, il faut donc l’apporter par l’alimentation ; la bonne nouvelle, c’est que c’est extrêmement facile. Un verre de 200 ml de jus d’orange, par exemple, couvre environ 40 à 60 mg de vitamine C selon les produits, soit une bonne partie des apports journaliers recommandés (environ 95 à 110 mg selon les recommandations internationales, et jusqu’à 110 mg chez les hommes adultes selon les références européennes) pour un adulte ; idem pour un verre de jus de citron, selon les valeurs moyennes. Une portion de brocolis, quelques fraises, un poivron jaune cru, un kiwi et c’est plié. Si votre alimentation est à peu près équilibrée et que vous ne souffrez d’aucune pathologie particulière, vous n’avez généralement pas besoin de vous supplémenter en vitamine C, même si votre pharmacien vous le conseille. Et pour le rhume, alors ? C’est là que les choses commencent à devenir intéressantes pour les défenseurs absolus de la vitamine C en gélule : jamais il n’a été prouvé qu’elle avait un quelconque effet positif sur le rhume. En 2013, la Cochrane Collaboration a publié une revue systématique portant sur l’ensemble des essais cliniques randomisés disponibles sur le sujet, soit plus de 11 000 participants. Selon sa conclusion, une supplémentation régulière en vitamine C, quelle que soit la dose, ne réduit pas la fréquence des rhumes dans la population générale. Les personnes qui prennent de la vitamine C tous les jours tombent malades exactement aussi souvent que celles qui n’en prennent pas. Elle réduit légèrement leur durée, c’est vrai, mais seulement de l’ordre de quelques heures sur un rhume de sept jours. Dans certaines analyses, la réduction moyenne est d’environ 8 à 14 % de la durée, avec une forte variabilité selon les études. Si vous prenez des doses supérieures à un gramme par jour, elle peut en atténuer très modestement la sévérité. Mais si vous attendez d’avoir les premiers symptômes pour avaler votre dose, sachez que c’est trop tard : aucun effet préventif n’a été démontré. Les effets en prise curative restent globalement absents ou non significatifs dans la majorité des essais cliniques, et les résultats sont incohérents selon les études disponibles. Si vous n’êtes pas carencé, allez-y mollo sur la vitamine C et rien ne sert de vous enfiler des mégadoses dans l’espoir que cela vous tienne en forme. C’est même plutôt contre indiqué, puisque si vous dépassez régulièrement les deux grammes par jour, un seuil compliqué à atteindre avec des aliments, mais enfantin avec des compléments, vous allez le sentir passer. Diarrhées, nausées, crampes d’estomac, et, chez les hommes ou les personnes souffrant d’insuffisance rénale, un risque accru de calculs rénaux. L’hiver prochain, si votre pharmacien vous propose une boîte de comprimés à 20 euros, allez plutôt au marché d’à côté pour vous acheter quelques bons petits fruits ou légumes de saison. Entre une orange et un comprimé effervescent, votre corps ne voit pas la différence, mais votre portefeuille, oui. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. TousAntiCovid Par : Gouvernement français 4.4 / 5 k324.6 avis App Store Play Store AlimentationconseilsMédecinesantéScience [ Source ] Sur le même sujet Feux de forêts : l’Europe est mal préparée à ce qui arrive, elle doit régler 3 problèmes Une vague de froid s’abat sur la France, elle va durer plus longtemps qu’on ne le pensait Pourquoi la plupart des robots humanoïdes sont en difficulté face aux tâches simples ? Réchauffement climatique : dans ce glacier en pleine fonte, des traces de pollution du Moyen Âge refont surface Les dernières actualités Vous prenez de la vitamine C pour éviter de tomber malade ? 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