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📅 24/03/2026 à 15:26
Les États-Unis bannissent les nouveaux routeurs fabriqués à l’étranger
Géopolitique
👤 Sébastien Gavois
Les États-Unis bannissent les nouveaux routeurs fabriqués à l’étranger Je root, tu root, il root… Illustration : Flock Sébastien Gavois Le 24 mars à 15h26 Au nom de la sécurité nationale, les États-Unis imposent désormais que les routeurs soient fabriqués sur leur sol, peu importe la nationalité du constructeur. Pour les millions de routeurs en place cela ne change rien, mais les nouveaux modèles devront se conformer au règlement ou obtenir une autorisation. Une erreur ? Cette liste noire des États-Unis remonte à début 2021, avec les équipementiers chinois Huawei et ZTE Corporation. D’autres moins connus du grand public y figurent aussi depuis cinq ans : Hytera, Hangzhou Hikvision et Dahua. Les routeurs fabriqués à l’étranger sur la liste noire des États-Unis Par la suite, d’autres ont été ajoutés, notamment Kaspersky Lab, China Mobile et Telecom. Les drones produits à l’étranger sont arrivés fin 2025, avec de premières exceptions pour des modèles de drones en ce mois de mars. Dans les entreprises concernées – SiFly Aviation, Mobilicom, ScoutDI et Verge –, aucune n’est chinoise. Aujourd’hui, c’est au tour des routeurs fabriqués à l’étranger, explique la FCC (régulateur des télécoms étasunien), « à l’exception des routeurs ayant reçu une dérogation du DoW ou du DHS », c’est-à-dire du Département de la Guerre ou de la Sécurité intérieure des États-Unis. Actuellement, les routeurs installés aux États-Unis sont (très) très majoritairement fabriqués à l’étranger, pour ne pas dire quasi-exclusivement. La FCC explique dans sa foire aux questions que la définition de la production, dans le cas présent, « inclut généralement toute étape majeure du processus par lequel l’appareil est fabriqué, y compris la fabrication, l’assemblage, la conception et le développement ». Elle ajoute que « la nationalité de l’entité ou des entités produisant les routeurs n’est pas pertinente pour savoir si ces routeurs sont considérés comme produits dans un pays étranger ». « Pratiquement tous les routeurs sont fabriqués en dehors des États-Unis, y compris ceux produits par des entreprises américaines comme TP-Link, qui fabrique ses produits au Vietnam », reconnait en effet un porte-parole de TP-Link à The Verge. C’est certainement la même chose pour Netgear, ASUS… Selon la BBC, il y aurait une exception : le récent routeur Wi-Fi Starlink qui, selon l’entreprise, serait fabriqué au Texas. Des risques sur… l’économie, les infrastructures et la sécurité nationale D’après la Maison-Blanche (National Security Strategy de 2025), « les États-Unis ne doivent jamaisdépendre d’une quelconque puissance extérieure pour les composants essentiels – matières premières, pièces détachées et produits finis – nécessaires à la défense ou à l’économie du pays. Nous devons rétablir notre accès indépendant et fiable aux biens dont nous avons besoin pour nous défendre et préserver notre mode de vie ». Cette annonce de la FCC s’inscrit dans cette ligne. Pour les États-Unis, les routeurs fabriqués en dehors du pays représenteraient « une vulnérabilité sur la chaîne d’approvisionnement qui pourrait perturber l’économie américaine, les infrastructures critiques et la défense nationale ». En guise de justification, l’exécutif américain affirme que « ces derniers temps, des cyberattaquants malveillants, soutenus ou non par des États, exploitent de plus en plus les failles de sécurité des routeurs destinés aux petites entreprises et aux particuliers, fabriqués à l’étranger ». Selon les États-Unis, il en va de la sécurité nationale. « Compte tenu du rôle crucial des routeurs pour le bon fonctionnement de l’économie et de la défense des États-Unis, ils ne peuvent plus dépendre des pays étrangers pour leur fabrication ». La rumeur d’un possible bannissement de TP-Link des États-Unis enflait depuis quelques semaines, au point que le porte-parole de l’entreprise était sorti du bois. Il affirmait que « toute mesure défavorable prise à l’encontre de TP-Link n’aurait aucun impact sur la Chine, mais nuirait à une entreprise américaine ». Android Authority rappelait que « TP-Link Systems, basée à Irvine, en Californie, est une scission de TP-Link Technologies, une entreprise chinoise, mais conserve encore une partie de ses actifs en Chine », dont elle se débarrasse au fur et à mesure. Seuls les nouveaux modèles sont concernés, pour les actuels rien ne change Une question primordiale reste en suspens : en quoi le simple fait de transférer la production des routeurs aux États-Unis les rendrait plus sûrs ? Aucune réponse n’est apportée. Les failles sont bien souvent logicielles, soit car des mises à jour n’ont pas été installées, soit car le matériel n’est plus supporté par le fabricant. Changer le pays de fabrication ne changera rien sur ce point. La FCC précise que cette mesure ne concerne pas les routeurs que les consommateurs ont déjà achetés et qu’‘ils utilisent. « Elle n’empêche pas non plus les revendeurs de continuer à les proposer, d’importer ou de commercialiser les modèles de routeurs précédemment approuvés par la FCC […] Les restrictions imposées aujourd’hui s’appliquent aux nouveaux modèles ». Des millions de modèles restent donc en place, sans aucun changement, et ils pourront continuer à recevoir des mises à jour. Tous les moyens sont bons pour produire aux États-Unis ? C’est par contre un bon moyen pour l’administration de pousser des fabricants à déplacer leur production aux États-Unis, puisque cette localisation leur permet de ne pas avoir à demander d’autorisation (dont les conditions d’obtention ne sont pas connues). Ce n’est pas la première fois que les États-Unis agissent ainsi, même avant le retour de Donald Trump au pouvoir. On peut notamment penser au Chips Act de 2022 pour rapatrier la production de puces aux États-Unis, qui a conduit Intel à proposer, avec les Core Ultra Series 3, sa première plateforme Core Ultra Series 3 « construite sur la technologie de processus Intel 18A conçue et fabriquée aux États-Unis ». Sans oublier la récente annonce d’Elon Musk avec Terafab. Hardware Terafab : Elon Musk veut créer sa propre usine de semiconducteurs au Texas Hardware Lundi 23 mars 2026 à 16h55 23/03/2026 16h55 35 Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant. Accédez en illimité aux articles d'un média expert Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous CharlesP. Premium Aujourd'hui à 15h53 Voir les réponses Message 1 Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur Et si vous voulez faire de la réciprocité, achetez du Mikrotik plutôt que du Cisco, fabriqué en Europe :) the_Grim_Reaper Premium Modifié le 24/03/2026 à 15h57 En réponse à Message 1.1 Historique Signaler Bloquer cet utilisateur Pour la partie CPU/GPU/NPU et RAM/SSD/HDD faudra par contre attendre pour la fabrication à grande échelle en Europe et pour la conception également. darkjack Premium Aujourd'hui à 15h56 En réponse à Message 1.2 Signaler Bloquer cet utilisateur +1 et les prix sont intéressants. the_Grim_Reaper Premium Aujourd'hui à 15h55 Message 2 Signaler Bloquer cet utilisateur C'était une action prévisible de leur part à court ou moyen terme.On dispose de la conception de puces sur place (Intel, AMD, nVidia, Qualcomm, ...)D'abord ont force la fabrication de puces sur placeEnsuite on force l'assemblage sur place, ce qui est en train d'arriverAprès il sera question de faire main basse sur les composants naturels et énergétique (bien que ce dernier axe soit déjà entamé au Venezuela et soit en cours au Iran). Les frictions avec la Chine vont s'intensifier de plus en plus vue la main mise de la chine sur les "terre rares" et sur les procédés de transformation associés. Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ? Non Oui Les routeurs fabriqués à l’étranger sur la liste noire des États-Unis Des risques sur… l'économie, les infrastructures et la sécurité nationale Seuls les nouveaux modèles sont concernés, pour les actuels rien ne change Tous les moyens sont bons pour produire aux États-Unis ? Commentaires 4
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