● Courrier International
📅 24/03/2026 à 11:00
Le pétrole et le “choc du soufre”, Jessica Foster, la “fake girl” des armées, et les extraterrestres de Donald Trump
Géopolitique
La Lettre tech : chaque semaine, l’actualité de la Silicon Valley vue par les médias américains. S’inscrire à la newsletter LettreTech Donald Trump assure qu’il “réduit progressivement” les opérations dans le golfe Arabo-Persique, tout en considérant, allez comprendre, une rallonge de 200 milliards de dollars au Pentagone. En attendant, le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième des livraisons mondiales de pétrole, est toujours fermé, poussant le prix du baril à plus de 110 dollars. À lire The Guardian, cette fermeture perturberait plus que le marché planétaire de l’énergie. Elle pourrait bientôt paralyser les industries de défense américaines, en les privant de minéraux essentiels à leurs technologies. Une étude du Modern War Institute de l’académie militaire West Point rappelle que près d’un quart de la production mondiale de soufre, un sous-produit du raffinage du brut, passe d’ordinaire par le détroit d’Ormuz. Son blocage a déjà renchéri de 25 % le prix de ce composé de base essentiel qui sert à la production d’acide sulfurique. Ce dernier est utilisé pour l’extraction du cuivre, du cobalt et d’autres minerais indispensables à la production des moteurs d’avions, des batteries ou des semi-conducteurs par les industries d’armements. Bref, aux dires des auteurs de l’analyse, pour la plupart d’anciens militaires de carrière, “le choc du soufre” est bien là, et se traduit par un “problème pour le cuivre”, lequel pourrait affecter la préparation et la résilience des forces armées. Un exemple : il faudra trouver au moins trente tonnes de cuivre pour reconstruire les deux stations de radar américaines détruites à Bahreïn et au Qatar par l’Iran dès les premiers jours de la guerre… La bombe Jessica Elle a déjà posé devant des chasseurs F22 de l’US Air Force, en treillis dans le désert et en compagnie du président sur un tarmac de base aérienne, ses jambes fuselées émergeant d’une minijupe grise bien moins réglementaire que sa seyante veste d’uniforme bardée d’insignes et de décorations. La somptueuse Jessica Foster est aujourd’hui la “bombe” la plus appréciée de l’arsenal américain. Omniprésente sur les comptes Instagram de la mouvance Maga, cette mystérieuse gradée a été signalée récemment sur les multiples fronts des offensives trumpiennes, à bord d’un patrouilleur dans le détroit d’Ormuz, avec des copines militaires au Groenland, et même à la Maison-Blanche, flanquée de Volodymyr Zelensky ou de Vladimir Poutine. The Washington Post coupe court aux spéculations pour confirmer que la souriante guerrière est une pure illusion, créée par un modèle d’intelligence artificielle (IA) pour incarner la fantasmagorie maga. Son fan-club de mâles libidineux (près de 100 000 commentaires sur ses photos) semble accepter ou carrément ignorer sa nature de “fake”, ouvrant tout un éventail d’exploitations commerciales ou politiques. Jessica est-elle une agente du Pentagone chargée d’amadouer un électorat pro-Trump longtemps réputé hostile aux guerres lointaines ? Ou seulement un leurre pour entraîner les gogos vers des sites payants de Only Fans, connus pour leurs productions pornos ? En tout cas, ses créateurs restent dans l’ombre. Bannie maintenant de la plupart des réseaux sociaux faute d’avoir déclaré son statut de pure fabrication IA, Jessica Foster s’est retranchée sur le petit site FanVue et prétend couler des jours heureux à Fort Bragg, l’immense base militaire de Caroline du Nord. L’IA entre à l’usine Comme Donald Trump, Jeff Bezos semble croire dur comme fer à la résurrection des industries américaines. Selon The Wall Street Journal, le créateur d’Amazon avait commencé à tenter de convaincre depuis des mois des milliers d’investisseurs – la plupart en provenance des pays du Golfe – de nourrir un fonds de 100 milliards de dollars destiné à racheter des entreprises américaines, puis à les relancer en accélérant leur automation grâce à l’intelligence artificielle (IA). Bezos n’est pas le premier à proposer le recours à l’IA, bien plus prisée pour doper la productivité des services, dans les industries classiques. L’ancien patron d’Uber, Travis Kalanick, a fondé Atoms, une entreprise spécialisée dans l’automation, et Elon Musk, encore lui, ne tarit pas d’éloge pour les futurs robots humanoïdes de ses prochaines chaînes de Tesla. Mais le fondateur d’Amazon entend s’imposer dans le domaine de l’intelligence artificielle. Sa start-up Projet Prometheus produit des modèles IA capable de reproduire “le fonctionnement du monde physique”, d’opérer par exemple des simulations d’aérodynamique d’ailes d’avion ou de prévoir précisément la durée de vie de pièces mécaniques. Pour inventer ces nouveaux logiciels, il s’est entouré de sommités, comme Vik Bajaj, cofondateur du laboratoire des sciences de la vie de Google, et a débauché nombre d’employés d’OpenAI et du centre de recherche Deep Mind d’Alphabet. Trump, les ovnis et Obama En ces temps troublés, pourquoi ne pas proposer un peu de mystère et d’aventure à des électeurs las des guerres et des hausses de prix de l’essence ? USA Today nous assure que le gouvernement américain vient d’enregistrer deux noms de domaine internet officiels, alien.gov et aliens.gov, destinés sans doute à recevoir bientôt des masses d’informations ébouriffantes et jusqu’alors classées “top secret” sur les extraterrestres et les objets volants non identifiés. Trump prend très au sérieux l’intérêt de la mouvance complotiste de son électorat pour les visiteurs interstellaires. Il a ainsi peu apprécié que Barack Obama, son éternel rival abhorré, lui ravisse la vedette sur ce sujet en répondant lors d’une récente interview qu’il jugeait les extraterrestres “réels, sans jamais les avoir vus”. L’actuel président a immédiatement conspué Obama pour avoir commis “une grave erreur” en divulguant ainsi “des informations confidentielles”. Mais bientôt, sur Alien.gov, il nous dira tout. Philippe Coste Ovnis Ressources naturelles Dépenses militaires Guerre en Iran Pétrole Intelligence artificielle (IA) Amériques Sur le même sujet La Lettre tech. Zuckerberg au tribunal, la tueuse de l’IA, et Claude honni par le Pentagone La Lettre tech. L’IA part en guerre, ChatGPT bourreau des cœurs et le fabuleux destin de David Ellison La Lettre tech. Les petits soldats du Doge, les ados patrons de start-up et les Verts du mouvement Maga La Lettre tech. Comment cloner son patron, Wall Street et les fake news, Trump en guerre contre Anthropic Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. 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